FLNKS : de la mémoire des luttes à l’exigence de souveraineté – Jean-Marie Tjibaou et Yeiwene Yeiwene – Ouvéa 1989

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 4 mai 2026) À l’occasion des commémorations d’Ouvéa, le FLNKS inscrit son communiqué dans un double registre de mémoire et de combat politique. Rendant hommage aux figures historiques et aux victimes des violences passées, il rappelle la continuité d’une lutte contre la domination coloniale et réaffirme l’objectif de pleine souveraineté.

Dans un contexte de tensions et de négociations difficiles, le mouvement appelle à relancer le processus de décolonisation prévu par l’accord de Nouméa, à engager un dialogue politique sincère et à redonner la parole au peuple par des élections, afin de construire un avenir politique stabilisé et conforme aux aspirations du peuple kanak.
Jean Rossi

Le communiqué officiel du FLNKS : FRONT DE LIBERATION NATIONALE KANAK et SOCIALISTE

Bureau Politique du FLNKS

Nouméa, le 4 mai 2026

COMMUNIQUÉ DU FLNKS

En ce 4 mai 2026, nous rendons hommage à Jean-Marie Tjibaou et Yeiwene Yeiwene, leaders du FLNKS tombés il y a 37 ans à Ouvéa.

Ils portaient une vision. Celle d’un peuple debout, reconnu dans son histoire, sa culture et ses droits. Celle d’un chemin exigeant, fait à la fois de lutte, de dignité et de dialogue, pour conduire notre pays vers la pleine souveraineté. Leur disparition brutale a laissé une blessure profonde. Mais elle a aussi renforcé une exigence : celle de poursuivre le chemin qu’ils avaient tracé, sans renoncer ni à la justice, ni à la paix.

Nous n’oublions pas non plus Djubelly Wea. Son geste tragique appartient à notre histoire. L’évoquer aujourd’hui, c’est reconnaître la complexité de notre trajectoire, marquée par des tensions et des blessures profondes, y compris en nous-mêmes.

Un an plus tôt, le 5 mai 1988, 19 de nos frères de lutte tombaient dans l’assaut de la grotte de Gossanah, abattus par l’armée française. Ils étaient les nôtres. Ils étaient les visages, les voix, les espoirs d’un peuple en lutte.

Dans ce drame, 6 gendarmes et militaires français perdaient également la vie.

À toutes ces victimes, à leurs familles, à leurs clans, nous adressons aujourd’hui notre pensée fidèle et respectueuse.

Mais notre mémoire ne commence pas en 1988. Tout au long de notre histoire coloniale, le mois de mai a été marqué par la violence et les drames, endeuillant nos familles.

Il y a 158 ans, le 18 mai 1868, dix habitants de Pouébo étaient guillotinés pour avoir défendu leur terre contre la spoliation du gouverneur Guillain.

Plus récemment, les événements du 13 mai 2024 ont, à nouveau, coûté des vies et rappelé combien la paix demeure fragile.

Toutes ces morts, tous ces drames trouvent leur origine dans une même réalité : la volonté farouche de l’État français de maintenir sa domination coloniale sur la terre kanak.

Le peuple kanak n’a jamais accepté la colonisation et ne l’acceptera jamais. À chaque fois, nous avons résisté. Nous avons défendu nos terres, notre identité. À chaque fois, la répression s’est abattue avec une grande violence. Mais, génération après génération, nous n’avons jamais abandonné notre rêve, le rêve de nos pères : retrouver notre dignité et notre souveraineté sur nos terres ancestrales

Comme le rappelait Jean-Marie Tjibaou à Ouvéa, le 4 mai 1989, quelques minutes avant sa mort :

“Ce sang des morts est vivant, il nous interpelle, c’est notre sang, c’est le sang qui revendique la liberté pour notre peuple. Simplement, on est là pour être présent avec ceux qui aujourd’hui portent tous seuls dans leurs cœurs le départ, l’absence, la disparition d’un fils, d’un mari, d’un frère. Et j’insiste sur ce petit trait-là, que nous sommes ensemble dans les grands moments, mais au quotidien, la maman qui n’a plus le papa de ses enfants, c’est elle seule qui assume la lutte de notre peuple. Et je pense que si on vient maintenant, c’est pour dire, comme on l’a dit ailleurs, qu’on se doit de ne pas oublier, de reconnaître que ce sacrifice-là nous amène encore plus loin. Mais il s’inscrit, ce sacrifice dont nous célébrons l’anniversaire, il s’inscrit dans la longue file des martyrs que notre peuple a perdus ou donnés pour qu’on le regarde, pour qu’on le respecte”.

Aujourd’hui, alors que les négociations sont difficiles, nous interpellons solennellement les représentants du peuple français afin que les drames qui ont jalonné notre histoire ne se reproduisent plus. Il est temps de refermer la parenthèse coloniale.

Le 5 mai 1998, c’est aussi l’anniversaire de la signature de l’accord de Nouméa, accord historique de décolonisation, fondateur de notre destin commun.

Cet accord affirme clairement “la pleine reconnaissance de l’identité kanak, préalable à la refondation d’un contrat social entre toutes les communautés qui vivent en Nouvelle-Calédonie, et par un partage de souveraineté avec la France, sur la voie de la pleine souveraineté”. L’État français, signataire, s’y est engagé : “La France est prête à accompagner la Nouvelle-Calédonie dans cette voie”.

La voie de la pleine souveraineté dans un destin commun ne peut être celle du passage en force permanent. L’accord de Nouméa rappelle que “La décolonisation est le moyen de refonder un lien social durable entre les communautés qui vivent aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie, en permettant au peuple kanak d’établir avec la France des relations nouvelles correspondant aux réalités de notre temps”.

Ces relations nouvelles ne peuvent désormais s’exprimer que dans un statut avec la France et non plus dans la France.

Nous appelons l’ensemble des forces politiques du pays ainsi que le gouvernement français à s’engager dans un dialogue sincère pour construire ensemble un statut qui mette un terme définitif à l’engrenage de la violence et permette l’émergence d’un pays paisible, juste et prospère pour l’ensemble des citoyens calédoniens.

Dans cette perspective, il est indispensable d’organiser les élections provinciales avant le 28 juin 2026, avec le corps électoral actuel, afin de redonner la parole au peuple et de relancer les discussions institutionnelles avec une représentation politique renouvelée.

Pour le FLNKS,
Son Président, Christian TEIN

Kanaky-Nouvelle-Calédonie « souviens-toi que les 4 et 5 mai des combattants de la liberté ont donné leur vie » – #Corse

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