L’Edi’tò : « Assez de postures : où sont les actes ? »

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 26 mars 2026) En Corse, la question du carburant n’est pas un simple sujet économique : c’est une réalité quotidienne, incontournable. Ici, la voiture n’est pas un choix mais une nécessité. Ici, la précarité est plus forte qu’ailleurs. Et ici, aucune alternative crédible — comme le bioéthanol — ne permet aujourd’hui d’amortir le choc.

Les effets de la flambée des prix sont déjà visibles. Le pouvoir d’achat, déjà sous tension, s’effrite davantage. Des pans entiers de notre économie — agriculteurs, pêcheurs, transporteurs, artisans, services d’urgences, infirmiers  — sont directement frappés. Et derrière cette pression immédiate, une menace plus large se profile : celle d’une inflation généralisée qui touchera toute la société insulaire.

Dans ce contexte explosif, une chose s’impose : sortir des postures et regarder la réalité en face.

Certains agitent aujourd’hui l’idée d’une prétendue distorsion de concurrence liée aux pratiques de TotalEnergies. Mais les faits sont têtus. Le groupe applique en Corse un dispositif de plafonnement des prix instauré à l’échelle nationale depuis 2023. Un mécanisme qui, au départ, excluait pourtant notre territoire, puisque seuls des carburants additivés — les seuls disponibles sur l’île — y étaient distribués.

Cette injustice avait été dénoncée, et la Corse a fini par être intégrée au dispositif. À l’époque, personne ne parlait de concurrence faussée. Les recours engagés n’ont d’ailleurs pas remis en cause ce système.

Aujourd’hui, ce plafonnement — 1,99 €/L pour l’essence, 2,09 €/L pour le gazole — reste imparfait, mais il constitue un amortisseur essentiel pour des dizaines de milliers de Corses. Le supprimer reviendrait à aggraver brutalement la situation.

Le véritable débat est ailleurs.

Il porte sur notre capacité collective à protéger la population face à une crise durable. Il interroge notre volonté de soutenir un réseau de distribution fragilisé sans faire peser une charge supplémentaire sur les usagers. Car une chose est claire : ce n’est pas aux Corses de payer plus encore.

L’urgence est là. Elle appelle du sang-froid, de la responsabilité et surtout des décisions concrètes, moins de bla-bla institutionnel.

Depuis longtemps, des propositions existent. Des alertes ont été lancées. Pourtant, malgré les discours et les prises de position, ceux qui travaillent réellement sur ces sujets restent trop souvent ignorés.

Le temps du constat est terminé.
Les Corses n’attendent plus des déclarations : ils attendent des actes.

Ghjacumu Petru

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