(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 24 mars 2026) Le Sindicatu di i Travagliadori Corsi (STC) alerte sur une nouvelle flambée des prix des carburants en Corse, désormais au-delà des 2 € le litre dans de nombreuses stations.
Dans un communiqué publié le 23 mars, le syndicat dénonce une situation « structurelle », aggravée par le contexte international, mais surtout par des dysfonctionnements persistants : dépendance énergétique, manque de concurrence et fiscalité inadaptée à l’insularité.
Pointant l’inaction de l’État français, contrairement à d’autres pays européens ayant déjà pris des mesures de régulation, le STC réclame en urgence une baisse de la fiscalité, un encadrement des prix et une transparence accrue. Faute de réponses rapides, le syndicat prévient qu’il pourrait engager des actions pour défendre le pouvoir d’achat des Corses.
Jean ROSSI
Le communiqué du STC avec prière d’insérer : Dans son communiqué du 4 décembre 2025, le STC rappelait que la question du prix des carburants en Corse n’est ni nouvelle, ni conjoncturelle, mais bien structurelle, issue de choix politiques et économiques anciens.
Aujourd’hui, la situation s’aggrave brutalement.
Le contexte international, marqué notamment par les tensions et la guerre en Iran, provoque une nouvelle flambée des prix du pétrole. En quelques jours, le baril a augmenté de plus de 13 %, entraînant une hausse immédiate à la pompe. En France, les conséquences sont déjà visibles.
En Corse, la situation est encore plus alarmante : le prix du carburant a désormais dépassé les 2 € le litre dans de nombreuses stations, confirmant une fois de plus que notre île subit de plein fouet chaque hausse, souvent de manière amplifiée.
Pour les ménages les plus dépendants de leur véhicule, cela représente jusqu’à 1 800 € de budget annuel consacré au carburant.
Comme toujours, les premières victimes sont les travailleurs, les retraités et l’ensemble des Corses, contraints d’utiliser leur véhicule au quotidien dans une île où les alternatives restent limitées.
Mais cette hausse, si elle est en partie liée au contexte géopolitique, vient surtout révéler et amplifier les failles déjà dénoncées par le STC :
• dépendance énergétique,
• absence de concurrence réelle,
• opacité dans la formation des prix,
• fiscalité inadaptée à la réalité insulaire.
Alors que la situation explose, d’autres pays européens ont fait des choix clairs. En Europe, plusieurs États interviennent directement : certains ont accordé jusqu’à 20 centimes de remise par litre, d’autres ont baissé les taxes ou plafonné les prix, ou encore limité les marges des distributeurs.
En Italie, un mécanisme d’« accises mobiles » est envisagé pour réduire automatiquement les taxes lorsque les prix augmentent.
Pendant ce temps, en France, aucune baisse de fiscalité n’est actée à ce jour. Le choix est fait de ne pas toucher aux taxes, malgré une situation qui pèse lourdement sur le pouvoir d’achat. Cette situation est inacceptable.
Car la réalité est double : les Corses subissent déjà des surcoûts liés à l’insularité, et ils supportent en plus une fiscalité nationale qui reste élevée, malgré quelques spécificités locales.
À cela s’ajoute une organisation du marché qui limite toute concurrence réelle et empêche toute régulation efficace.
Le STC le réaffirme avec force : il est urgent d’agir.
Comme nous le rappelions déjà en décembre 2025, les outils existent :
• encadrement des prix dans les situations de concurrence limitée,
• adaptation réglementaire,
• transparence totale sur la formation des prix,
• mesures fiscales spécifiques à la Corse.
Aujourd’hui plus que jamais, ces revendications doivent être mises en œuvre.
Le STC exige :
• une baisse immédiate de la fiscalité sur les carburants en Corse,
• la mise en place d’un mécanisme de régulation des prix,
• une véritable protection du pouvoir d’achat,
• et la fin d’un système qui pénalise structurellement notre peuple.
Face à l’inaction et aux choix politiques actuels, nous rappelons que d’autres solutions existent et sont déjà appliquées ailleurs en Europe. Il ne s’agit pas d’une fatalité, il s’agit d’un choix.
À défaut de réponses rapides et concrètes, le STC n’hésitera pas à initier toutes les actions nécessaires pour défendre les intérêts des travailleurs et du peuple corse.
U STC ùn hà mai lasciatu u campu. Oghje cum’è eri, simu quì per difende i Corsi.
« Monopole pétrolier : le STC exige des mesures immédiates »

