« Addictions chez les jeunes : agir maintenant pour sauver l’avenir de la Corse »

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 7 mars 2026Face à la progression inquiétante de la consommation de substances psychoactives chez les jeunes en Corse — cannabis, cocaïne, alcool, tabac ou encore protoxyde d’azote — l’heure n’est plus au constat mais à l’action.

Ce phénomène alarmant, nourri par les fragilités sociales, économiques et culturelles que traverse notre société, appelle une mobilisation collective de l’ensemble des forces vives de l’île.

Partout dans le monde, des solutions existent. L’exemple de l’Islande, inspiré des travaux du docteur Harvey Milkman, a démontré qu’une politique globale axée sur la prévention, le lien familial, les activités sportives et culturelles et l’implication des collectivités peut faire chuter drastiquement la consommation de drogues chez les adolescents.

Dans cette perspective, la Corse doit aujourd’hui se doter d’un projet ambitieux fondé sur des données concrètes et sur la mobilisation de tous : parents, école, collectivités, associations, monde sportif et culturel. L’APC propose ainsi d’engager une démarche structurée autour de trois axes :

  • la réalisation d’une grande enquête anonyme auprès des collégiens et lycéens pour comprendre précisément les mécanismes des addictions ;

  • l’élaboration d’un véritable plan de lutte contre les drogues et substances psychoactives chez les jeunes ;

  • la mise en place d’une politique volontariste facilitant l’accès des adolescents aux activités sportives et culturelles.

L’objectif est clair : offrir à notre jeunesse des repères, un cadre, des perspectives et des alternatives positives afin de tarir à la source le besoin de consommation.

Parce que l’avenir de la Corse dépend de sa jeunesse, cette lutte doit devenir une priorité collective et une véritable cause nationale. Une réunion sera prochainement organisée afin de rassembler tous ceux qui veulent agir concrètement contre ce fléau et construire ensemble des solutions durables.

Jean Rossi

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Le communiqué de l’APC : Depuis quelques années, les voyants sont au rouge en Corse, s’agissant de la consommation de substances psychoactives chez les jeunes.
Ce phénomène alarmant, renvoie aujourd’hui tous les acteurs politiques, économiques, culturels et sociaux, à la nécessité d’une réflexion et d’un travail en profondeur sur les maux rongeant la société corse.
La menace croissante des addictions aux « substances psychoactives », aux drogues (cannabis, cocaïne, alcool, tabac et plus récemment protoxyde d’azote) est donc une triste réalité longtemps éludée, dont il est aujourd’hui impossible de cacher l’ampleur, particulièrement au sein de notre jeunesse.
Ce symptôme trouve en partie son terreau dans la situation de la société corse (précarité, paupérisation, emprise mafieuse, spéculation, perte de valeurs socio-culturelles, fragilisation identitaire, délitement de la structure familiale, …). Ce sont autant de causes poussant des pans entiers de notre jeunesse à verser dans la consommation de drogues, bien que s’agissant d’un phénomène revêtant néanmoins un caractère universel.
Aux USA, dès les années 70, le Docteur Harvey Milkman, identifia une grande partie de ces causes sur la base d’un examen approfondi de ce que vivent les jeunes au quotidien afin d’agir sur le problème dans sa globalité. Son objectif n’étant pas uniquement de sensibiliser les jeunes aux dangers des substances psychoactives, car cette stratégie ne présente pas beaucoup d’effets concrets sur un adolescent ou un préadolescent, qui se soucie plus des sensations qu’il va tirer de sa consommation que des conséquences de son acte, mais de tarir le besoin de consommation.
L’identification des causes permit de définir clairement la notion de « dépendance comportementale » corrélée au fait de surveiller les jeunes, de les occuper, mission essentielle des parents, car plus les adolescents passent du temps avec leurs parents, plus ils se détournent des drogues ; sans l’amour et le soutien des parents, ils se tournent vers d’autres formes de soutien.
L’Islande fut, en 1992, le premier pays à mettre en pratique avec succès la « Méthode Milkman», opérant ainsi un revirement spectaculaire. Pour cela une grande enquête statistique fut préalablement lancée auprès des jeunes qui reçurent, durant 3 années, dans leur établissement scolaire, un questionnaire à remplir posant des questions précises ayant trait aux relations familiales, aux conditions de consommation, aux activités périscolaires, etc.
Les données recueillies mesurant plusieurs aspects de la vie des jeunes, furent analysées et présentées aux chefs d’établissements, mais également aux collectivités locales, notamment aux communes. Cette enquête fut suivie d’un Plan de lutte contre la consommation des drogues et substances psychoactives chez les jeunes s’appuyant sur l’implication des différents secteurs de la société, mais aussi, au premier chef, des enfants.
Ce Plan visait à renforcer chez les jeunes le bien-être, l’estime de soi et des relations positives avec les parents, à faire tomber le stress fondamental de jeunes livrés à eux-mêmes, leur substituant une « euphorie » venue du sentiment d’être encadrés, protégés, « affectionnés », de se sentir en sécurité à la maison, à l’école, dans la rue, dans leur club sportif ou leur activité culturelle, dissipant ainsi leur besoin de drogues excitantes ou calmantes.
Dans ce cadre, l’Islande est parvenue à réduire drastiquement la consommation de drogue, d’alcool et tabac chez les jeunes de 13 à 16 ans, et de nombreux territoires à travers le monde ont par la suite adapté cette méthode.
C’est ainsi que l’Islande est aujourd’hui en tête du classement européen des adolescents vivant le plus sainement :
– le pourcentage de jeunes de 15 et 16 ans qui ont été ivres au cours du mois précédent a chuté de 42 % en 1998 à 5 % en 2016,
– le pourcentage de ceux qui ont déjà consommé du cannabis est passé de 17 % à 7 %,
– ceux qui fument des cigarettes tous les jours sont passés de 23 % à seulement 3 %.
En 2025, et ce depuis de nombreuses années, l’Islande se trouve dans le groupe de tête des pays dont les jeunes sont les plus en bonne santé physique, mentale et psychologique.
Sur ces bases, il est aujourd’hui capital que la Corse initie un projet ambitieux et vital, adossé à un programme fondé sur des données probantes, axé sur la santé et le bien-être des jeunes.
La Corse pourrait ainsi, à l’instar de la Nouvelle-Calédonie et très récemment, de la Ville d’Aubagne, construire son « modèle de lutte contre les drogues et substances psychoactives chez les jeunes » en sortant des incantations et du fatalisme ne laissant le choix qu’entre légalisation, accompagnement ou répression.
Aussi, l’APC, en sa qualité de 1ère fédération de parents d’élèves de Corse, pourrait initier une dynamique en ce sens, en partenariat notamment avec l’Education Nationale, les Collectivités locales et le monde associatif, sportif et culturel, en vue de l’élaboration, l’adopter et la mise en œuvre d’une politique de lutte contre les drogues et substances psychoactives chez les jeunes. Ce projet comprendrait deux opérations principales et une opération complémentaire :
1°) le lancement d’une Grande Enquête Statistique (sous forme de questionnaire anonyme, dit « Modèle Islandais ») sur les addictions, à destination des collégiens et lycéens, portant précisément sur leur environnement familial, social et leurs habitudes de consommation,
2°) l’élaboration d’un Plan de Lutte contre la consommation de drogues et substances psychoactives ciblant précisément les jeunes et intégrant ces données statistiques,
3°) l’initiation d’une Action volontariste visant à favoriser et faciliter l’accès aux activités culturelles et sportives pour les adolescents, par une aide financière renforcée accordée aux parents.
Il s’agirait ainsi de concrétiser une volonté forte, celle d’éloigner les jeunes d’aujourd’hui et de demain du besoin douloureux de drogues excitantes ou calmantes et de toutes « substances psychoactives » en général, sachant qu’il s’agit là d’une action qui produira ses effets sur le moyen et le long terme.
L’urgence commande, selon nous, que l’ensemble des forces vives de l’île Corse initient au plus tôt ce Plan et en fasse une cause nationale.
Nous organiserons prochainement à une réunion pour agir concrètement sur ce problème majeur pour l’avenir de notre société.
APC

. . A l'accorta annant'à Google Infurmazione For Latest Updates Follow us on Google News Nos dernière informations sur Google Actus

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