(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 12 juin 2026) L’article dénonce le rapprochement de certains militants nationalistes irlandais avec l’extrême droite britannique et les mouvements unionistes radicaux du Nord de l’Irlande.
Pour étayer sa critique, il rappelle une série d’événements historiques marqués par des violences anti-catholiques et anti-nationalistes : pogroms des années 1920, expulsions massives de travailleurs catholiques, émeutes de 1935, incendie de Bombay Street en 1969, actions du gang de Glenanne et attentats de Dublin-Monaghan en 1974.
L’auteur soutient que ces organisations ont été historiquement liées au sectarisme, à la violence politique et à des campagnes de terreur contre la communauté nationaliste irlandaise. Il estime donc contradictoire que des personnes se revendiquant du patriotisme irlandais puissent aujourd’hui chercher des alliances avec ces courants. Sa conclusion insiste sur le fait que racisme et sectarisme relèvent d’une même logique d’exclusion.
Jean Rossi

Les soi-disant « patriotes » irlandais feraient bien de se souvenir avec qui ils cherchent à s’allier
Alors qu’un certain nombre de prétendus patriotes irlandais tentent ouvertement de s’associer à des groupes unionistes d’extrême droite à Belfast et dans d’autres régions des Six Comtés occupés par la Grande-Bretagne, ainsi qu’à l’extrême droite britannique, ils devraient prendre le temps de réfléchir aux liens qui unissent ces forces anti-irlandaises.
Ces liens ne sont pas apparus par hasard. Il y a un peu plus d’un siècle, au moment de la partition de l’Irlande, entre 1920 et 1922, des pogroms organisés avec le soutien de l’État furent coordonnés par des responsables unionistes d’extrême droite contre la minorité catholique des Six Comtés. Près de cinq cents personnes, en grande majorité catholiques, furent tuées et plusieurs milliers blessées. À Belfast, dans les chantiers navals et de nombreuses usines, les travailleurs catholiques furent expulsés de leur emploi et de leur domicile.
En février 1921, une bombe fut lancée par des unionistes sur un groupe d’enfants catholiques jouant dans Weaver Street, au nord de Belfast. Quatre enfants et deux femmes furent tués. Quelques semaines plus tard, un commando meurtrier de la Royal Ulster Constabulary (RUC) fit irruption au domicile d’Owen McMahon, débitant de boissons. Tous les hommes de la maison furent alignés dans le salon avant que la police n’ouvre le feu. McMahon, quatre de ses fils et un pensionnaire furent tués ; deux autres fils survécurent miraculeusement.
En juillet 1935, après plusieurs mois de tensions croissantes, des émeutes éclatèrent lors des défilés de l’Ordre d’Orange. Au cours des semaines suivantes, environ 2 000 personnes, principalement catholiques, furent chassées de leur domicile. Des catholiques furent également expulsés de leurs lieux de travail, tout comme des syndicalistes qui tentaient de les défendre ; plusieurs furent assassinés lors d’attaques sectaires.
En 1969, les pogroms qui marquèrent le début des Troubles comprirent notamment l’incendie de Bombay Street, dans le quartier de Clonard à Belfast, par des foules unionistes assistées par la RUC. Plus d’une douzaine de personnes furent tuées et des centaines de maisons détruites, provoquant l’exode de milliers de réfugiés. Ces événements transformèrent durablement la géographie sociale et politique de Belfast, avec la création de ghettos et de murs de séparation dont beaucoup subsistent encore aujourd’hui.
Au début des années 1970, ces campagnes de terreur s’étendirent à d’autres villes des Six Comtés, notamment Lurgan et Portadown dans le comté d’Armagh, où des centaines de familles catholiques furent contraintes de fuir leur foyer. Le nord de l’Armagh et l’est du Tyrone devinrent alors tristement célèbres sous le nom de « Triangle de la Mort ». Le gang de Glenanne, composé de paramilitaires unionistes mais aussi de membres de la RUC et de l’Ulster Defence Regiment de l’armée britannique, y mena une série de massacres visant hommes, femmes, enfants et personnes âgées.
Ce même groupe fut également impliqué dans les attentats de Dublin et Monaghan du 17 mai 1974, qui firent 33 morts et plus de 300 blessés. La plus jeune victime n’avait que quatre mois et demi. D’autres attentats attribués à des groupes unionistes frappèrent également Belturbet et Dundalk, causant de nouvelles victimes civiles.
Dans les années 1990, ces mêmes groupes armés apportèrent leur « soutien » à l’Ordre d’Orange lors du conflit autour de Garvaghy Road à Portadown. Ce soutien se traduisit notamment par l’assassinat de catholiques innocents, dont des membres de la famille Quinn ainsi que l’avocate Rosemary Nelson, représentante juridique de la communauté de Garvaghy Road.
Selon l’auteur, ce sont ces forces politiques auxquelles une minorité d’Irlandais chercherait aujourd’hui à s’associer. Il appelle particulièrement les jeunes à examiner le passé de ceux qui tentent de les entraîner dans une idéologie raciste, affirmant que racisme et sectarisme sont les deux faces d’une même pièce.
https://eirigi.org/latestnews/2026/6/11/self-styled-irish-patriots-would-do-well-to-remember-who-they-are-trying-to-ally-with
Belfast : Le Sinn Féin et les organisations républicaines unis contre le racisme
