ARRITTI – 19 août 1973 : « Je suis nationaliste corse »

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 19 aout 1973) Publié le 19 août 1973, ARRITTI, ghjurnale di l’A.R.C., consacre un numéro spécial à une affirmation politique sans détour : « Je suis nationaliste corse ». À travers ce texte majeur, le journal donne voix à une conscience collective en lutte pour la dignité, la reconnaissance et la survie du peuple corse.

Ce 19 août 1973, Max Simeoni signe un éditorial dans ARRITTI : «Je suis un nationaliste corse… j’ai le sentiment d’appartenir à un peuple qui a un territoire, une histoire, une langue… comme tout ce qui vit, il a droit au respect et à la vie… L’État-Nation français doit donc réparer Ponte Novu, reconnaître le Peuple Corse et lui donner les garanties pour son avenir… »

Dans le contexte des années 1970, marqué par la dépossession, le mépris institutionnel et la négation de l’existence du peuple corse, Arritti s’impose comme un organe de combat, de réflexion et d’espoir. L’article affirme que le nationalisme corse n’est ni une haine ni une menace, mais un droit à l’existence, à l’histoire, à la langue et à l’avenir.

Placée sous la figure tutélaire de Pasquale Paoli, Babbu di a Patria, cette publication rappelle que la Corse n’est pas un folklore mais un peuple vivant, porteur d’une mémoire, d’une continuité et d’une responsabilité historique. Elle appelle à l’autonomie comme outil politique de survie, sans renoncer à la vigilance ni à la détermination.

Ce numéro d’Arritti demeure un texte de référence, un jalon essentiel du combat national corse, où la parole écrite devient acte de résistance et promesse de transmission.

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– Max Simeoni : J’ai signé cet article. J’avais mis ce titre un peu accrocheur pour l’époque pour parler de la notion du peuple corse. Les jeunes s’étaient un peu radicalisés, pas encore au niveau de la clandestinité, mais des idées et parlaient d’autonomie. Nous la voulions aussi, mais nous allions plus doucement, nous étions dans une approche pédagogique alors qu’eux étaient dans la prise en compte de l’injustice. Pour asseoir l’idée du peuple corse, j’ai dit « Je suis un nationaliste corse » et j’ai expliqué pourquoi je l’étais. (Corse Net Infos)

Source photo sur ce lien

L’article du journal ARRITTI :

ARRITTI

GHJURNALE DI L’A.R.C.

11, Boulevard Paoli – BASTIA
Directeur : Jules SIMEONI
C.C.P. ARRITTI Ajaccio 19.58

DUMENICA 19 AOSTU 1973
Numaru 7.322
PREZZU : 1 F


JE SUIS NATIONALISTE CORSE

Je suis nationaliste corse.
J’ai le sentiment d’appartenir à un peuple qui a une histoire, une langue.
Je suis en alerte mobilisé parce que mon peuple est en danger.
Il est menacé de disparition à cause de la domination qui le gruge et sans gloire à son phrase de cherche à recruter pour sa défense ceux qui portent en eux, consciemment ou non, les mêmes profondes aspirations.

Mon peuple est un petit peuple qui ne menace personne.
Il ne peut que se défendre. De nature hospitalière, il est prêt à recevoir toute aide d’où qu’elle vienne pourvu qu’elle soit amicale et désintéressée. Il a toujours su faire face, lorsque les dangers se sont manifestés, au cours des âges, d’une façon claire. Il a plié quand il ne pouvait faire autrement mais il a ressurgi plein de rage dès que l’occasion le permettait, au cours des siècles. Sa fragilité est bien la mienne et il en va des épisodes comme autant de souvenirs personnels.

Aujourd’hui le destin a placé mon peuple dans une situation critique. Point d’ennemis casqués, bardés de fer, pleins de morgue. Des mesures milles, des conseils, des administrations, des plans, des technocrates, toute une armée de faux-amis prudents et cauteleux qui lui demandent d’accepter la morphine, de se laisser faire.

Tout se passe comme si la force brutale et cynique qui avait sûrement assuré la disparition aurait échoué dans les siècles de tentatives sans nombre au cours des millénaires et que, se persuadant du mal qui se serait à sa perte, tentait la dernière phase par une approche sournoise.

Ultime et terrible épisode mais qui fera la preuve, s’il en échappe, que le peuple corse est digne d’être immortel.

Comme un être vivant, il a des qualités, des défauts, des erreurs, des contradictions.
Mais comme tout ce qui vit il a droit au respect et à la vie.
Chacun de nous, qui sommes ses descendants naturels ou spirituels se doit d’assumer tout entier. Tel qu’il est, il est à prendre ou à laisser. L’héritage est indivisible. Il n’y a pas être morcelé même si certaines choses déplaisent à nos goûts personnels. Mais, hérétiques légitimes fiers que nous sommes, nous avons le droit de rêver pour lui un avenir. Chacun d’entre nous est le peuple corse d’aujourd’hui et si cela commence par un héritage, nous contribuons à faire et nous faisons souvent sans le savoir, l’histoire du peuple corse de demain. Nous sommes un maillon. Notre principale raison d’être est que la chaîne continue. C’est une mission.

Ce petit peuple corse a droit à la vie, ne peut compter que sur ses propres enfants éparpillés qui doivent se regrouper et se recourer [sic] dès que la grande quête a commencé. Ce petit peuple doit demander au peuple français de disculper le sanglant malentendu de Ponte Novu, dont il a été la victime agressée. Le peuple français lui réparera ainsi que ce qui est cause dans ce différend ce n’est pas le peuple français en tant que tel mais ses institutions qui l’ignorent délibérément et ne peuvent le considérer que sous l’aspect injurieux du folklore.

Mais la résurgence et la même cause que celui vers lequel on dirige toujours les synallisis [sic] de la place des peuples colonisés dégradée et mortelle à terme. Ce terme s’approche rapidement.

L’ETAT FRANÇAIS doit réparer Ponte Novu, reconnaître le peuple corse et lui donner des garanties pour son avenir.

L’A.R.C. vient de choisir l’Autonomie interne avec d’autres mouvements. Cette formule apparaît comme le moins mauvais pour poser le problème dans le cadre français. L’autonomie ne résoudra pas tous les problèmes. Pour les peuples rien n’est résolu définitivement. L’histoire d’un peuple ne peut s’arrêter et ce n’est pas par la mort. L’autonomie doit permettre d’inverser le sens de la direction fatale et de reprendre celle de la vie du peuple corse.

Ce peuple se réveille et commence à se dresser. Il est de plus en plus sensible et attentif à la bonne parole : celle qui lui insuffle la foi et l’espérance. L’Etat français sera-t-il assez lucide pour faire l’effort nécessaire ou d’hésitations en erreurs et en calculs de mauvaise foi sera-t-il tenté par les solutions de force ?

Les choses sont telles que cette épreuve de force ne pourra jamais être camouflée. Si elle s’engage un jour, elle apparaîtra en pleine lumière malgré les alibis fabriqués. Les tumps de Choiseul sont révolus.

L’A.R.C. est prête à toutes les ouvertures mais aussi à toutes les fermetures et à tous les combats même les plus sauvages, consciente qu’elle est que l’enjeu est la dignité, l’honneur et la survie du peuple corse.

« Pourquoi est-on nationaliste #corse ? » par Max Simeoni sur @Arritti

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