(CorsicaInfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 14 février 2026) Le président du FLNKS, Christian Tein, affirme que la mort de Frédéric Grochain, décédé en détention après sa déportation en France, engage directement la responsabilité politique et institutionnelle de l’État français.
Il dénonce un système judiciaire et carcéral colonial visant la jeunesse et les militants kanak, et appelle à la vérité, à la justice, au rapatriement des détenus déportés et à la poursuite du combat pour l’autodétermination et la souveraineté de Kanaky.
AnTo FpcL
« Décès en détention d’un prisonnier kanak transféré en France »
Le communiqué :
FRONT DE LIBÉRATION NATIONALE
KANAK ET SOCIALISTE
LE 13 février 2026
Décès de Frédéric Grochain – La responsabilité de l’État colonial est engagée
Le Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste (FLNKS) a appris avec une profonde tristesse le décès de Frédéric Grochain, jeune Kanak de 31 ans, survenu le 6 février 2026 au centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand, en France, où il avait été déporté par décision de l’État français.
Le FLNKS adresse ses condoléances les plus respectueuses et solidaires à la famille de Frédéric, à son clan, à sa tribu, à ses proches, ainsi qu’à l’ensemble du peuple kanak. La mort de ce jeune homme, loin de sa terre et de ses repères, constitue une blessure collective pour notre nation.
Frédéric Grochain est une victime directe du système judiciaire et carcéral colonial, qui s’est durci de manière inédite depuis les événements de 2024. Sous couvert de maintien de l’ordre et de justice, l’État français a engagé une politique de répression massive visant spécifiquement la jeunesse kanak, les militants politiques et les populations autochtones, recourant à des mesures d’exception, à l’éloignement carcéral et à la déportation.
La déportation de Frédéric Grochain vers la France hexagonale, sans considération humaine, culturelle ou familiale, s’inscrit dans une logique coloniale assumée de neutralisation politique. L’enfermement prolongé, l’isolement, l’éloignement forcé et les défaillances dans la prise en charge sanitaire constituent des violences institutionnelles dont l’État français porte l’entière responsabilité.
Des analyses complémentaires sont encore en cours pour identifier les causes du décès néanmoins l’administration pénitentiaire et les autorités judiciaires ne sauraient être exonérées de leurs obligations. L’État est comptable de la vie et de l’intégrité physique des personnes qu’il détient, a fortiori lorsqu’il s’agit de détenus déplacés sans leur consentement, à des milliers de kilomètres de leur pays.
Le FLNKS exige :
• que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes ayant entraînées le décès de Frédéric Grochain ;
• que les responsabilités administratives, pénales et politiques soient clairement établies ;
• que la famille soit pleinement associée à toutes les procédures en cours ;
• et que des garanties immédiates soient apportées quant à la sécurité, la santé et la dignité de tous les détenus déportés et encore incarcérés hors de Kanaky.
Le FLNKS exige le rapatriement immédiat en Kanaky de l’ensemble des détenus déportés en France, aux frais de l’État, ainsi que la cessation de pratiques jugées contraires aux droits humains fondamentaux et aux engagements internationaux souscrits par la France.
La disparition de Frédéric Grochain rappelle tragiquement que le système colonial, y compris dans sa déclinaison judiciaire et pénitentiaire dans notre pays, demeure un instrument de domination. Aucune paix durable ne pourra être envisagée tant que l’injustice, la répression et la négation des droits du peuple kanak continueront d’exister.
Le FLNKS s’incline avec respect devant la mémoire de Frédéric Grochain et affirme que son décès renforce notre détermination à poursuivre le combat politique, institutionnel et international pour la reconnaissance pleine et entière du droit du peuple kanak à l’autodétermination et à la pleine souveraineté de Kanaky.
Le Président du FLNKS
Christian TEIN

