« Groenland : de la tutelle danoise aux fractures de l’indépendance »

(Corsicainfurmazione.org, Edito, Unità Naziunale, Publié le 29 janvier 2026) L’histoire contemporaine du Groenland est indissociable de la domination danoise, installée dès le XVIIIᵉ siècle sous couvert de mission et de commerce.

Ce qui fut présenté comme une « protection » s’est vite transformé en administration coloniale, marginalisant les Inuits sur leurs propres terres. Copenhague impose ses structures, sa langue, son modèle économique, reléguant les populations autochtones au rang de sujets assistés.

Après la Seconde Guerre mondiale, le Danemark modernise le Groenland à marche forcée : urbanisation, scolarisation danophone, déplacements de populations. Si ces politiques améliorent certains indicateurs sociaux, elles détruisent des équilibres culturels et renforcent la dépendance économique. Les Inuits ne sont pas consultés ; ils sont administrés.

L’autonomie de 1979, puis l’auto-gouvernement de 2009, marquent une rupture politique majeure.
Les Inuits reprennent la main sur la langue, l’éducation, certaines ressources naturelles.
Mais la souveraineté reste incomplète : défense, diplomatie et monnaie demeurent danoises.

Dans ce contexte émergent trois grandes forces indépendantistes. Inuit Ataqatigiit (IA) défend une indépendance progressive, écologique et sociale, rompant avec l’extractivisme et la tutelle néocoloniale. Siumut, plus ancien, prône l’indépendance comme horizon national, mais accepte une transition longue, fondée sur le compromis économique avec le Danemark. Naleraq, plus radical, exige une rupture rapide, s’appuyant sur les ressources minières et une affirmation identitaire forte.

L’irruption de Donald Trump en 2019, proposant de « racheter le Groenland » au Danemark, agit comme un révélateur. Inuit Ataqatigiit (IA)  rejette fermement cette logique impériale, dénonçant une nouvelle marchandisation des terres inuites. Siumut critique la méthode et le mépris des peuples autochtones, tout en soulignant la fragilité géopolitique du Groenland. Naleraq, plus ambigu, y voit la preuve que le Groenland vaut plus que ce que le Danemark lui concède.

Cette proposition américaine, qu’elle soit économique ou coercitive, rappelle une vérité brutale : sans souveraineté, un peuple peut être négocié.

La situation du Groenland fait écho à celle de la Corse face à l’État français. Langue marginalisée, économie dépendante, décisions imposées depuis le centre : les mécanismes coloniaux persistent sous des formes modernes. Comme en Corse, l’autonomie ne suffit pas quand elle ne mène pas à l’émancipation.

L’histoire du Groenland pose une question universelle : un peuple peut-il survivre sans maîtriser son destin politique ?

Tuninu

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