« Quand la Constitution bâillonne nos langues »

(Corsicainfurmazione.org, Lutte internationale, Unità Naziunale, Publié le 7 janvier 2026 à 8h30) Les 30 et 31 janvier prochains, le Pays Basque accueillera les Rencontres internationalistes à Baiona.

Ces journées s’inscrivent dans un contexte de répression linguistique et politique de plus en plus assumée par l’État français et ses institutions judiciaires.

Le 5 février 2026, quatre membres du mouvement Euskal Herrian Euskaraz seront jugés au tribunal de Baiona pour avoir peint, le 27 septembre 2025, sur le mur du bâtiment du Département : « Euskaraz bizi nahi dugu » — Nous voulons vivre en langue basque.

Un message simple, légitime, profondément démocratique. Et pourtant criminalisé.

Une langue maintenue artificiellement en situation minoritaire

Par cette action, les militant·es ont dénoncé une réalité incontestable : les financements accordés à la langue basque par les institutions françaises sont très largement insuffisants au regard des besoins réels. Cette sous-dotation n’est pas neutre. Elle prolonge une situation de minoration linguistique historiquement organisée par l’État français, et contribue à faire des locutrices et locuteurs basques des citoyens de seconde catégorie.

Dire vouloir vivre en euskara sur sa propre terre devient ainsi un acte poursuivi en justice.

Quand la justice devient un outil d’oppression linguistique

Mais la répression ne s’arrête pas là. Le 17 décembre dernier, devant le palais de justice de Baiona, 14 militantes et militants ont tenu une conférence de presse pour dénoncer une dérive grave : ces derniers mois, 17 prévenu·es se sont vu interdire de s’exprimer en langue basque au tribunal.

Ces procès concernaient des luttes pour la langue basque, contre la spéculation foncière et immobilière, ou encore pour la solidarité avec les personnes migrantes.

Au Pays Basque, les juges eux-mêmes participent ainsi à la production d’une citoyenneté à deux vitesses. Ils sont juges et parties, appliquant une lecture de la Constitution française qui nie l’égalité réelle et la dignité des personnes.

Parler sa langue, c’est être soi

Au nom de cette Constitution, il est affirmé que déclarer en basque, en breton, en catalan, en corse, en kanak ou dans toute autre langue autochtone serait interdit dans les tribunaux.

Nous affirmons au contraire que :

  • il est absolument illégitime d’interdire à quiconque de déclarer en justice dans la langue autochtone de son territoire ;
  • nous sommes les langues que nous parlons : nous interdire nos langues, c’est nous interdire d’être ce que nous sommes ;
  • cette interdiction piétine notre dignité ;
  • elle fait de nous des citoyennes et citoyens de seconde zone ;
  • elle privilégie celles et ceux qui souhaitent vivre uniquement en français dans des territoires où la langue autochtone est autre.

Il n’existe pas de justice linguistique tant que les langues autochtones minorisées par l’État français sont exclues des tribunaux. La justice suppose le respect de la dignité humaine et l’égalité de traitement de toutes et tous.

Sur le plan linguistique, la Constitution française est aujourd’hui injuste, oppressive et linguicide.

Une lutte qui dépasse le Pays Basque

C’est pourquoi nous appelons les personnes et organisations engagées pour la défense et la revitalisation des langues autochtones de l’État français à signer cette déclaration commune et à participer aux Rencontres internationalistes des 30 et 31 janvier à Baiona.

Le 30 janvier à 11h : conférence de presse des signataires pour rendre publique cette déclaration.

Le 31 janvier à 10h : conférence sur l’oppression linguistique subie dans nos territoires, suivie d’un temps d’échange pour construire des solidarités et des luttes communes.

À 12h : mobilisation de soutien devant le bâtiment du Département, puis repas militant au Biltxoko.

Nous exigeons le respect de notre droit légitime à déclarer dans nos langues autochtones devant les tribunaux.
Plus largement, nous exigeons le respect de notre droit à vivre dans nos langues sur nos territoires, exactement comme les francophones peuvent vivre en français à Paris.

Le 5 février, ce sont quatre militant·es qui seront jugé·es. Mais c’est bien toute une conception de la justice, de l’égalité et de la dignité qui est aujourd’hui sur le banc des accusés.

Tuninu

. . A l'accorta annant'à Google Infurmazione For Latest Updates Follow us on Google News Nos dernière informations sur Google Actus

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