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(Unità Naziunale – 3 octobre 2017 – 17h15) Les ravis de la crèche qui encombrent les plateaux télé et les sites d’information parisiens, dénoncent à qui mieux mieux les folles prétentions des Catalans dans le conflit qui oppose Barcelone à Madrid.

Les mêmes qui disent que les Corses ne peuvent pas être indépendants parce qu’ils sont trop pauvres, stigmatisent ces Catalans trop riches qui veulent quitter l’Espagne… Comprenne qui pourra … Franco avait lâché sur l’Espagne républicaine ses mercenaires du Rif « hispanisé », l’État madrilène envoie aujourd’hui ses reîtres à Barcelone dans l’indifférence complice d’une presse parisienne et d’une classe politique jacobine majoritairement fascinées par la « démocratie à la madrilène » comme le furent naguère leurs illustres ancêtres par le Caudillo…

Les nationalismes les plus toxiques à l’égard de la construction européenne émanent des milieux politiques qui gravitent autour des États-nations. Ils ne sont en aucun cas l’expression d’un attachement à une terre et une culture assujetties ; ce nationalisme là, le nôtre, n’est pas autre chose « que le dernier recours contre le colonialisme » comme l’a dit Fernand Braudel. Non , le nationalisme dont il est question est le fantasme mortifère que les aristocraties politiques des différents États européens nourrissent pour entretenir leurs rentes de situation. Cet OVNI idéologique constitue le principal obstacle à la construction de la paix européenne !

En l’occurrence l’État espagnol n’est qu’un leurre. Historiquement fondé sur le mariage d’Isabelle la Catholique et de Ferdinand d’Aragon , alliance de deux pays étrangers, l’embryon d’État-nation ainsi constitué est définitivement mort au 17ème siècle sans accéder jamais à la modernité. Entre-temps, l’Espagne aura conquis et massacré la moitié du monde, se ruinant ainsi elle-même avec l’or des Amériques. Mais elle se sera aussi efforcé pendant trois siècles, d’éradiquer tout ce qui faisait la force et la vitalité de la civilisation arabo-andalouse, sans doute la plus brillante de toutes, pour couler le pays dans le moule du christianisme le plus obscur, de la « pureté de sang » réclamée par l’Inquisition et , aujourd’hui encore, de l’Opus Dei.

De grands pays européens en crise de régime au Xxème siècle, ont connu leur propre fascisme : franquisme, pétainisme, hitlérisme ou mussolinisme. Ils n’ont jamais complètement disparu, comme Rajoy l’a démontré ce dimanche !

Soixante ans après la signature du traité de Rome le danger ne vient pas seulement des extrêmes, il vient surtout des partis majoritaires dont l’impuissance à régler les problèmes de tous les jours n’a d’égal que leur attachement religieux au formalisme de leur pouvoir qui ressemblent furieusement à la méthode Coué. Comme les dirigeants parisiens s’accrochent à une constitutionnalité issue d’un putsch militaire au siècle dernier, le représentant de la droite dure espagnole se réclame d’une démocratie que son histoire même rend sujette à caution…

gjacumu faggianelli

 

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