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En votant massivement pour les candidats de la majorité territoriale sous la bannière Pè a Corsica dès le premier tour des élections législatives de 2017, le peuple corse a décidé, dans le droit fil du résultat historique des territoriales de 2015, de porter au niveau le plus haut de l’État français ses revendications fondamentales.

Disposer de patriotes corses portant la voix des corses au Palais Bourbon renversera la logique qui était celle des relais en Corse de la volonté parisienne. Cela sera un pavé de plus posé sur le chemin qui nous mène inexorablement à l’émancipation individuelle et collective ainsi qu’à la reconnaissance de nos droits fondamentaux sur cette terre.Si une mobilisation de tous les instants demeure nécessaire concernant le second tour de ces élections, c’est bien évidemment les échéances à venir que représentent les prochaines territoriales qui se dérouleront fin 2017 qui permettront à la majorité territoriale d’installer durablement un réel rapport de force avec l’État français. Rapport de force qui se doit intransigeant et ferme tant ce pouvoir parisien ne cesse de nier les principales motions votées majoritairement et démocratiquement à l’assemblée de Corse.

Pour autant, après la démilitarisation de l’espace politique, la lutte de libération nationale du peuple corse ne saurait être réduite à sa seule et unique représentation institutionnelle à travers ses élus. En effet, la lutte de masse incluant associations, syndicats et partis politiques devra reprendre la place qui lui est due en complémentarité avec la majorité territoriale.

C’est à cette seule et unique condition que nous pourrons contraindre l’État français jacobin et encore trop centralisé à s’engager dans une solution politique négociée de la question nationale corse.

Aiacciu est l’exemple de ce qu’il ne faut plus faire. Territoire historiquement nationaliste.

Terre dont sont issus de nombreux patriotes. Terre qui a vu se déchirer des frères de lutte et qui encore aujourd’hui soigne ses plaies. Territoire où la dynamique nationaliste est en panne. Les résultats des législatives de 2012 et ceux de 2017 en attestent. Seulement une poignée de voix en plus lors de cette dernière élection et la seule circonscription où notre famille politique ne sera pas présente payant ses alliances manquées, la multitude de candidats « étoiles filantes », les paroles non tenues et les désunions systématiques. Payant également le fait que le mouvement national, à quelques rares exceptions, a abandonné les quartiers et les villages voisins.

Maintenant que nous savons ce qu’il ne faut plus faire, pour l’avenir de nos enfants, pour notre jeunesse dont la place n’est pas dans les prisons françaises, pour tous les sacrifices consentis depuis de longues années, pour tous les militants qui ne sont plus là aujourd’hui et ce sans exclusive, nous avons un devoir de réussite et ce au-delà des querelles de chapelles et des égos surdimensionnés.

« Di gattivu calzu ùn ne piglià magliolu. Male u babbu, peghju u figliolu »

Patriziu Murati

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