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Les données brutes des résultats de cet événement propre aux rythmes de la vie institutionnelle française donnent à constater globalement une forte abstention.

Le second point est sans appel pour l’extrême droite et les Mélanchonistes. Par rapport aux résultats obtenus par leurs leaders respectifs lors des présidentielles, les candidats de ces formations voient leurs scores amputés au trois quarts.

A contrario des constats dressés (quelque peu influencés par la macron-mania) par une partie des médias, la droite traditionnelle ne s’effondre pas. Ici divisée, là concurrencée sur le champ de ses thématiques (particulièrement en matière d’économie), elle subit certes la perte d’influence de son camp national, sans être pour autant phagocytée ou trop affaiblie par la mouvance présidentielle.

Les candidats des mouvements Femu a Corsica, Inseme per a Corsica, PNC et Corsica Libera connaissent des sorts divers et subissent de façon différenciée le phénomène abstentionniste. Afin d’estimer à sa juste mesure, les résultats de ces derniers, encore faut-il prendre en considération les législatives de 2012.

Premier cas : la 1ère circonscription de Corse du Sud.

En 2012, 26932 vois exprimées pour 47854 inscrits. En 2017 22698 voix exprimées pour 50880 inscrits. En 2012 deux candidats nationalistes qui totalisent alors 4208 voix.
En 2017 une candidature d’union elle totalise 4859 voix, soit une progression de 651 voix (13% de plus) pour un total de 3026 nouveaux inscrits. Ce qui signifie que 21% des nouveaux inscrits ont voté nationaliste. En 2012 l’abstention est à 56% et en 2017 à un peu plus de 54%. Malgré une forte abstention le candidat unitaire enregistre un progrès en voix mais ne passe pas la barre du premier tour (pour une poignée de suffrages). La stratégie d’union a fonctionné particulièrement auprès des jeunes générations, cependant la droite résiste et est en tête.

Second cas : la 2 ème circonscription de Corse du Sud. 

En 2012 , 32308 voix exprimées pour 53 677 inscrits. En 2017, 27469 voix exprimées pour 57892 inscrits. En 2012 deux candidats nationalistes totalisent 9456 voix.
En 2017 une candidature unitaire totalise 7991 voix soit une baisse de 1465 voix (moins 15%) pour un total de 4215 nouveaux inscrits. En 2012 l’abstention est de 60%. En 2017, elle chute à 51%. Difficile de dire ici que les nouveaux inscrits penchent pour partie en faveur des nationalistes. Plus sûrement la candidature du tandem macroniste Orsucci/Luccioni a capté une grande partie des voix perdues par ces derniers.

Troisième cas : la 1ère circonscription de Haute Corse.

En 2012, 32835 voix exprimées pour un total de 54669 inscrits. En 2012 deux candidats nationalistes totalisent 9204 voix.
En 2017, une candidature unitaire recueille 8290 voix, soit une baisse de 914 voix (moins 9 %)sur un total de 4107 nouveaux inscrits. En 2012 l’abstention est de 60 %, en 2017 elle est de 52% . Plus d’inscrits, une baisse de l’abstention au regard des inscrits et néanmoins presque un millier de voix en moins. Une marche en avant comme le titre Nice-Matin ?

Quatrième cas : la 2 ème circonscription de Haute Corse.

En 2012, 38923 voix exprimées sur 63918 inscrits. En 2017, 35083 voix exprimées pour 66015 inscrits, soit 2097 supplémentaires. En 2012 deux candidats nationalistes totalisent 6609 voix.

En 2017 une candidature unitaire totalise 12785 voix, soit un gain de 6176 voix ( soit 93% de plus !). En 2012 l’abstention est de 60%, en 2015 elle chute à quasiment 46%. Sans préjugé de l’enthousiasme des jeunes générations et du sympathique profil du candidat nationaliste et de son suppléant, réaliser un bond de 93% ne peut s’expliquer par ces seuls phénomènes. Plus sûrement l’effondrement du clan Giacobbi a « libéré » nombre d’électeurs.

        Entre ces deux élections le score des nationalistes augmente globalement de 4448 voix soit un gain de 13% pour un total général de 13 445 nouveaux inscrits, ce qui signifie que 33% des nouveaux inscrits, des jeunes en particulier, ont voté nationaliste.

La stratégie de ceux qui se réclament de la « Majorité Régionale » a fonctionné en agrégeant une partie des nouvelles générations. Les reculs constatés, notamment sur la première circonscription de Haute Corse et la 2ème circonscription de Corse du Sud sont compensés par l’augmentation pharaonique de la 2ème circonscription de Haute Corse, pour rappel un plus de 93% des voix.

Au second tour, le plein des voix nationalistes étant quasi atteint au premier, il leur faudra aller chercher de nouveaux soutiens. C’est du côté des « Macronistes » que se situe la plus importante et potentielle réserve. Dès lors on comprend mieux, qu’aucun des candidats nationalistes n’ait émis l’ombre d’une critique, voire ait été d’une prudente réserve au regard de ce que prépare l’actuel gouvernement en matière du code du travail, de réduction des emplois de service public, et de politique sécuritaire. Sans doute, le « donnant-donnant » des législatives (car il aura bien lieu) augure t-il des alliances en vue des prochaines territoriales.

Un peu d’autonomie pour beaucoup de dérégulation libérale. Peut être y aura t-il un peu de « libération nationale » pour la petite bourgeoisie, quand à la « libération sociale », elle restera un slogan, totalement vide de sens pour les classes populaires.

A MANCA

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