X

L’imprévisible – pour les adeptes de la cécité politique et de la désinformation- s’est produit : il était impensable que l’Angleterre, partie charnelle de l’Union européenne à laquelle elle a tant apporté, tant donné surtout lors des guerres de 1914-1918 et de 1939- 1945, la quitte avec fracas et ostentation, – le monde attendait le verdict et observait l’ile -. On a pu lire à loisir, dans la presse, les jours qui ont précédé le séisme, des résumés de l’histoire nationale et européenne,  toutes les hypothèses, toutes les conséquences du Brexin ou du Brexout – une sortie laborieuse de quatre ans parsemée de difficultés importantes-. 

Chacun connait les grandeurs de l’Angleterre, -ennemi farouche et victorieux de Napoléon,- son passé colonial et impérialiste ; on connait aussi les précurseurs du droit écrit et de la Révolution industrielle, le courage des résistants farouches au nazisme, à l’heure où la démission et la lâcheté abdiquaient devant la force, la fidélité à une Royauté qui semble immuable ; on a pu apprécier le souci mystique de l’unité dans la sévérité de la répression contre le nationalisme Irlandais – plus soft contre les Ecossais, les Gallois- ;  on pensait que les avantages de l’UE, la bonne santé de l’économie malgré de grandes disparités, le pragmatisme,- l’abandon du système colonial sans guerres inutiles en Inde, dès 1947 en atteste-  la peur de l’isolement auraient raison de la tentation du repliement. « Leave, not remain »

C’était mésestimer le nationalisme ombrageux, historique et enraciné de l’Angleterre, qui ne s’est jamais sentie européenne mais qui est très proche des Pays anglo-saxons et nordiques et plus particulièrement des Etats-Unis dont le forcing « pro-brexit » a été inopérant ! C’était sous-estimer l’attachement affectif et politique à la Royauté que la relation alimentaire et commerciale avec l’UE ne pouvait contrebalancer ! C’est pour cette raison que l’euroscepticisme, dû aussi à la médiocrité de l’Europe des marchands, – sans âme, sans projet, sans véritables structures d’un solide et indispensable  gouvernement fédéral-, a prospéré. Et Londres n’a jamais cessé de monnayer des avantages économiques, différentiels, parfois en contradiction avec les fondamentaux européens, uniquement par intérêt mais pas en vue d’une adhésion politique sincère à l’UE. Qui, pour Londres, doit rester un marché, sans plus !!!

edmondSimeoniCorseCorsica (1)David Cameron a été l’homme de l’échec ; prototype du conservateur britannique, nationaliste invétéré, il a pensé retourner l’opinion, après avoir obtenu, une fois encore de substantiels avantages. Et, là, son changement de cap, opportuniste, brutal, cynique, en faveur de l’Europe s’est brisé sur le sentiment national profond du peuple anglais. Il va démissionner, tant mieux et vite.

Le bilan de cette aventure reste à faire, notamment à Paris, à Londres, à Bruxelles, ailleurs ….; il faudra solder les comptes ; reconstruire une vraie Europe politique des peuples, tenir compte de la volonté démocratique de nos amis anglais, négocier avec eux et en toute hypothèse soit trouver les voies idéales d’un accord, soit, à défaut, coopérer avec eux aussi.

Le Brexit est un choc ; il pourra être soit le début d’une véritable rénovation soit une descente aux enfers. Au choix.

Ajaccio le 24/06/2016
Dr Edmond Simeoni

à suivre sur  l'application android Unità Naziunale ou bien sur ce lien mobile (Apple, tablettes...)