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Tout va très bien, madame la marquise. Les derniers chiffres du chômage sont tombés.

En Corse, le nombre de demandeurs d’emploi est de 21.309, toute catégories confondues.Dans l’île, le nombre de chômeurs a encore augmenté en janvier 2015 (+ 0,4%), ce qui représente une hausse de 13,5% en un an. Alors que dans l’Hexagone, le chômage a connu en janvier sa première baisse depuis l’été dernier (-0.5%), et la plus forte baisse depuis décembre 2007, en Corse nous avons une hausse de 13,5% en un an. Corse du sud (+ 0, 2 %) Haute-Corse (+ 0, 4 %).

En trois mois, les offres du Pôle Emploi dans l’île connaissent une baisse des offres de moins 17%

Baccalà pà a Corsica

Cette semaine encore nous avons eu droit aux grandes messes sur les offres de formation et d’emplois en alternance ou autre.. Le Pôle Emploi, toutes les grandes entreprises de corse et les circuits de formation aussi étaient là proposant “incù a sfrombula” quelques CDI…. mais en attendant les chiffres sont là , impitoyables, montrant que tout ce cinéma à grands renforts médiatiques est un leurre et que les seuls emplois qui se multiplient sont les contrats précaires, en attendant de faire appel encore à des saisonniers (qui à la fin de saison rejoindront la Pôle Emploi ou se trouveront un stage dans les multiples et si peu efficaces circuits de formation de l’île (AFPA ou autres CCi), censés “former les jeunes corses” de plus en plus absents de ces stages plus ou moins intéressants et performants) pour la saison estivale, laquelle, on espère, en croisant les doigts, sera bonne…

Les boîtes d’Intérim se multiplient faisant appel aux salariés de l’Europe de l’Est ou autres qui se contenteront, au vu de la situation de l’emploi dans leurs pays respectifs, de salaires moindres par rapport à ceux légitimement espérés par les Corses, et certaines entreprises, sous-traitantes y compris de marchés publics, notamment dans le BTP et la construction, ne se priveront pas de faire appel aux salariés en vogue actuellement, les salariés détachés”.(toujours venus d’ailleurs). Et ce d’’autant que ceux et celles qui sont chargés de recruter des salariés dans l’île sont de moins en moins eux et elles aussi Corses, faisant partie de la colonisation de peuplement ou recrutés eux et elles aussi par des entreprises ne pratiquant guère la “corsisation des emplois à compétences et qualifications égales”.

Les arrivées, notamment de jeunes ménages non Corses, se poursuivent (INSEE) avec à la clé un travail ou une inscription au Pôle Emploi ou à un stage quelconque (afpa ou autre..) la Corse connaissant une forte progression démographique, la misère ou les difficultés en tous ordres étant plus faciles à vivre au soleil.
Les chiffres du taux d’emplois obtenus par les jeunes corses au sortir de leurs formations universitaires ou autres restent toujours aussi brouillés voire mensongers….
Et la Corse, malgré son attrait touristique n’a même pas encore de grand lycée hôtelier, alors que chaque ville, chaque lycée professionnel veut ou a sa structure de formation aux emplois de hôtellerie, secteur où, cherchez l’erreur, il y a le plus de non-corses salariés, à l’exemple des “grands cuisiniers de corse” dont certains plus tard s’installeront comme hôteliers ou restaurateurs à leur compte dans cette belle île.

poggioliUnepierreCorse (2)Voilà l’économie de l’île, une économie tributaire des fluctuations du tourisme, et de la géo-politique mondiale, avec quelques filières industrielles, agricoles, de pêche ou artisanales “tolérées” pour l’heure comme simples vitrines pour la publicité…car les seules belles photos,reportages, ouvrages photographiques uniquement centrés sur la beauté des paysages qui se multiplient pourraient laisser croire que cette île n’est pas habitée par des hommes et des femmes ayant une identité, une histoire, une culture, une langue, des valeurs…

PIERRE POGGIOLI

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