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(Unità Naziunale – Publié le 27 mai 2018 à 14h53) »Tant que le pouvoir restera hors de la portée du peuple, la démocratie ne restera qu’une rêvasserie. » – Mofaddel Abderrahim

Revenons sur l’interview – donnée à Corse Matin le 9 janvier 2018 – du maire de Portivechju. Penchons – nous un instant sur ses grandes tirades et autres petites phrases sybillines. Analysons l’essentiel de ses propos d’alors : l’ouverture. Et analysons que, au delà de cet aspect communicatif, un constat municipal s’impose à nos yeux remettant en cause cette dithyrambique proclamation …

Pour Georges Mela, expliquant les récentes victoires électorales par les nationalistes,  » un effet dégagisme a soufflé sur la Corse « . Invraisemblable

explication qui laisse supposer la reconnaissance d’un système archaïque désormais dépassé, rejeté par l’ensemble des couches sociales de l’île, et pour lequel il demeure quand même ici sur la commune l’un des représentants… Toutefois ce  » dégagisme  » a semble t-il – toujours selon notre premier magistrat – atteint ses limites devant la  » dernière citadelle  » et qui peut se justifier selon lui par la proximité  » d’un homme avec sa population « . Sauf que les derniers résultats électoraux – municipaux, législatifs, territoriaux – mettent en relief la réalité accrue d’un fort mécontentement qui est loin d’être relatif. Au demeurant, et sans excès d’analyse aucune, les oppositions porto – vecchiaises – particulièrement celles patriotiques – sont en potentialité majoritaire…

Car la gestion de la ville, son évolution, son expansion ont malheureusement accentué une politique où la dépossession foncière et la spéculation immobilière ont trouvé bonne place. Une politique qui a avant tout consacré un tout – tourisme déprédateur au détriment d’un développement économique, social et culturel endogène. Une politique ou les habitants naturels de la commune perdent peu à peu fonction de leur citoyenneté au détriment d’une financiarisation avillissante des comportements.

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En 2016, la population – selon les chiffres transmis par la municipalité – est de 12 644 habitants. Ce chiffre qui situe la commune porto – vecchiaise en troisième ville de Corse en nombre d’habitants s’accompagne d’un tout autre constat : Portivechju est en moyenne la plus pauvre des trois agglomérations insulaires, selon l’Insee. Une pauvreté qui ne saurait se circonscrire au seul quartier de U Pifanu, mais bien étendue en ville et ses hameaux environnants …

L’attrait de la « cité balnéaire » confine au mirage tout comme son développement économique actuel qui engendre de facto bien des disparités – sociales et culturelles – dans la région. Pour reprendre les termes de l’éditorialiste Jean Poletti ( Paroles de Corse – janvier 2018 ), que je superpose à Portivechju, j’affirme que la ville est proche du « décrochage économique « , avec  » chômage endémique, une jeunesse déboussolée, des retraités devenus nouveaux pauvres. Bref une communauté orpheline de repaires et de lisibilité. »

Notre position patriotique est claire et connue depuis des années. Nous prônons une alternative afin d’inverser cette tendance délétère. Aussi l’ouverture telle que dessinée par Georges Mela – le temps d’une interview – ne saurait constituer un attrait de premier choix politique. Le maire ne remet pas à priori ce système suranné qu’il continue de représenter. Et la commission extra – municipale qui a été récemment mise en place, une de nos revendications, ne peut certainement pas nous détourner de notre choix stratégique.
Mr Georges Mela s’est récemment découvert  » autonomiste « , mais son incapacité à trouver place sur l’une des deux listes de la droite – française et régionaliste – en Corse lors des dernières territoriales démontre combien sa marge politique est plus qu’étroite …

Au même titre que nous privilégions  » a scelta patriottica « , nous analysons toute la pertinence d’ouvrir sur l’opposition porto vecchiaise dés lors qu’elle situe l’intérêt public, la justice sociale, le développement économique endogène et diversifié, le partage équitable des richesses, l’écologie, la langue et la culture et enfin la communauté porto – vecchiaise au centre des priorités pour une offre politique d’alternative.

C’est un nouveau chantier qui s’offre à Portivechju. Un nouveau pari sur l’avenir. Dans cette projection, les mots ont un lourd sens et l’ouverture ne peut être une illusion d’une conjoncture pour de basses combinaisons électoralistes. L’ouverture c’est ce qui engage aujourd’hui toutes les forces patriotiques et de progrès dans une cohésion politique de changement. C’est ce dont Portivechju a besoin, tout comme l’ensemble de l’électorat en Corse l’a déjà démontré.

Celles et ceux qui aujourd’hui combattent ce système caporaliste de sujétion et de dépossession sont les artisans de la démocratie.

C’est pour cette voie que U Riacquistu di Portivechju accentuera son travail.

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