Produit CORSU E RIBELLU

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(Unità Naziunale Publié le 28 septembre 2018 à 13h01) Le délire est de penser et d’agir en dehors de la réalité. Qu’est-elle la réalité d’un Peuple à sauver de sa disparition voulue par l’État républicain jacobin ? Qu’en est-il de l’espoir d’une large majorité natio aux commandes de la CdC?

Stabilité des transports et baisse de leur coût, et maîtrise avec une Compagnie Régionale à venir, des « choses » ont été faites, des projets sont budgétisés comme un plan contre la pauvreté… certes nos élus natios travaillent, ils ne se roulent pas les pouces…

Cependant on peut se demander s’ils mesurent l’étendue de leur mission de sauvetage historique de leur Peuple soumis au génocide par étouffement progressif qui va crescendo et que les moyens institutionnels légaux dont ils disposent ne sauraient empêcher, ni même freiner.

L’Assemblée Unique en gestation a été cadrée par le Président Macron dans un article spécifique pour la Corse, le 72-5 qui lui laisse un pouvoir Jupitérien de manoeuvre à travers les procédures des deux chambres (députés et sénateurs), leurs commissions, les amendements, les arbitrages au besoin, leurs calendriers, les renvois, les consultations des Conseil d’État et Constitutionnel. Le dialogue de l’Institution régit par l’art.72-5 avec le pouvoir républicain est celui d’une bâillonnée aux cris inaudibles.

Et nos élus délirent gravement quand ils mesurent mal l’obstacle du jacobinisme de la République française qui est constant. Louis XV réalise en 1769 la conquête par les armes de l’île, quelques années après la Révolution de 1789 liquide les girondins et instaure le jacobinisme au pouvoir dont Napoléon renforcera l’administration par la préfectorale.

On a pu considérer que le statut Defferre en 82 à l’arrivée de la gauche était un début d’ouverture même s’il était en deçà des promesses du candidat Mitterrand. En 84 aux élections territoriales générales (la Corse revotait) et on se rendit compte que son statut était conforme à peu de chose près à celui de toutes les régions. Donc pas de spécificité et un recul gradué: la promesse électorale, le statut Defferre, et finalement un statut de droit commun de la politique de régionalisation de l’État. Puis en 88-89 le statut Joxe où les circonstances permettent au nom de la coalition électorale Corsica Nazione d’imposer par l’art 2 la reconnaissance du Peuple Corse que le Conseil Constitutionnel, Badinter Président, abrogera. Il s’en glorifiera à la fin de sa présidence.

Enfin le «processus de Matignon» avec Jospin bousculé par l’alternance qui a ramené la droite et un Chirac, comme Giscard en son temps, qui décrète «qu’il n’y a pas de problème corse, il y a des problèmes en Corse». Des promesses électorales, la dernière pour la Charte des langues régionales à ratifier, celle du candidat Hollande qui fraîchement élu s’empresse de recourir au Conseil d’État pour s’en laver les mains. Bref des ouvertures qui ne sont que des leurres pour endormir, gagner du temps et laisser le jacobinisme détruire le Peuple Corse.

L’arrivée des natios majoritaires, l’effondrement du système des partis parisiens alternant, change la donne. Il n’est plus question de jouer la montre, de faire semblant de commencer à comprendre, Paris ne peut plus exploiter la violence clandestine comme frein, le «masque girondin» ne tient que le temps d’une cabriole. Il faut changer de diplomatie et opter pour un éclairage cru, sans ombre, sans autre interprétation. Le Président a voulu déclarer la guerre mais comme Bonaparte il a manoeuvré pour avoir l’avantage du terrain et jouer l’effet de surprise.

Il laisse un temps les natios espérer que fort de la légitimité du suffrage universel et de l’arrêt de la violence clandestine, ils sont incontournables et qu’ils vont obtenir par le dialogue quelques résultats sur la base minimum du Padduc largement voté par l’Assemblée de Corse avant même leur accès à la direction de la CdC. Il les endort par ses Ministres qui soufflent le chaud et le froid et il fait voter vite l’article 72-5, sous prétexte «d’arrimer la Corse à la République», ce qui les enferment et les met à sa merci. Il a les mains libres pour mener à bien l’Assemblée Unique, le « chiche » de Cazeneuve / Hollande. Ils ne peuvent que subir et mendier.

À la mise en scène de l’anniversaire de la mort d’Erignac, il abat son jeu « ce ne sont que des élus locaux, ils ne font pas la loi ».

Plus que jamais, les processus d’érosion du Peuple Corse et de sa Terre s’aggravent. La politique coloniale s’amplifie. Nous avons eu un siècle de loi Douanière (1818-1913), la saignée de la guerre de 1914 et l’île réservoir d’hommes s’est vidée… et on a convaincu les Corses qu’elle était irrémédiablement pauvre, ce qu’ils ont cru, habilement auto colonisés.

Ils encadrent les conquêtes coloniales de la République, l’Empire français concurrent du britannique pour se partager l’Orient, l’Afrique et des relais dans le Pacifique, l’Océan Indien, les Caraïbes et les pôles nord et sud… l’Allemagne veut sa revanche, elle perd la guerre de 39-40 qui voit de nouveaux impérialismes, la France et l’Angleterre se mettent sous le parapluie américain qui affronte l’URSS.

La décolonisation se fait et la République universelle et colonialiste doit quitter avec armes, bagages et harkis les «trois département français d’Algérie» après les accords d’Evian de 1962. Elle a un Plan d’Action Régionale pour revitaliser ses régions négligées dans sa course à l’Empire colonial (la Bretagne, l’Alsace, le Sud ouest, etc.) et pour la Corse elle détourne la Somivac pour répondre au repli précipité des Pieds Noirs : l’ordre de Paris est de leur donner 90% des lots. La fin de la colonisation est chevauchée par la nécessité de faire l’Europe.

Un Plan d’Aménagement de l’île par la Datar voulu secret mise sur un tourisme rapide et massif (150.000 à 200.000 lits à créer en dix ans) et un repeuplement de l’île vidée aussi rapide, ne serait-ce que 70.000 employés formés pour le lancer (un emploi ferme amène deux à trois personnes), aucune école hôtelière n’est envisagée sur l’île. Ce qui revient à noyer le peuplement autochtone sans convulsions.

Évidement la présentation mensongère promet la lune à tous.

La divulgation de ce plan machiavélique est abandonné quand les natios l’ont fait connaître. C’était 2 ou 3 ans avant Aleria. Cette politique génocidaire continue. La Corse n’est pas pauvre, elle est non développée et vidée (160.000 ha en 1962). Les flux migratoires croissants qu’elle ne peut pas intégrer dissolvent son fond historique (5.000 arrivants par an). La spéculation immobilière est encouragée, déjà un chiffre record de résidences secondaires, la publicité pour y attirer des investissements privés s’affiche dans les médias, des allègements de taxes mis en exergue… les Préfets ferment les yeux sur des constructions illicites, les associatifs sont seuls à faire des recours. Ce tourisme d’investissement immobilier pour des constructions à tout va est nuisible pour l’avenir du patrimoine naturel de la Corse et de ses habitants naturels. Il n’est pas fait pour eux, ils se contenteront pour la plupart de miettes, ils n’auront plus les moyens de conserver leur patrimoine familial… la sortie des Arrêtés Miot peut être calamiteuse.

Ce «Plan de déménagement des Corses» fonctionne à plein régime mais en douce. Il est paraît- il le levier économique du développement de l’île. Sauvera-t-il les 60.000 précaires résidents ?

L’assistance sociale, la dépendance aliènante, les primes à la vaches leur sont réservées. Et l’auto colonialisme avec… le tourisme non contrôlé par le Peuple l’enterre.

L’île est colonisée pour des intérêts extérieurs. Les quelques Corses qui en profitent sont dans leurs jeux et on ne peut pas leur en vouloir. Ils s’y insèrent ou végètent. Ils commercent les produits venus d’ailleurs qui bénéficient de la Continuité territoriale.

L’inverse de la loi Douanière pour le même résultat. Machiavel républicain gouverne et ses dupes disparaissent. Une encyclopédie serait nécessaire pour dénombrer les procédés malhonnêtes que la République inflige à notre Peuple et à sa Terre.

Ce Président refuse le dialogue démocratique et affirme sa volonté d’éliminer le moindre espoir d’un Peuple attaché à sa Terre. On comprend qu’il a comme tous les pouvoirs du passé un souci de sécurité vue la position stratégique de la Corse en Méditerranée. Rome contre Carthage, Gènes avec le roi de France, la Divine Porte et les Barbaresques, l’Italie de Mussolini avec Hitler contre la France. Mais le jacobinisme français est totalitaire, il refuse le droit à la différence au nom d’un égalitarisme, il se croit le champion de valeurs universelles.

Je suis long et répétitif pour souligner les errements de natios quand devant la muraille des jacobins, ils sont inconséquents au point de différer la décision de regrouper les organisations autonomistes après un vote unanime de plus de mille présents.

À la date anniversaire envisagée tout se passe comme si les élus et leurs proches voulaient ne rien changer pour conserver leurs postes d’élus et cet « équilibre » entre autonomistes est le même que semblent vouloir les indépendantistes.

Reconduire le statu quo des coalitions électorales.

Comment comprendre autrement les retards pour la fusion, les freins actifs de certains autonomistes ?

Face à l’État jacobin qui nie notre Peuple, qui veut l’effacer de l’Histoire, peut-on se disputer des mandats d’Institutions qui enlisent nos efforts? Macron est clair pour la Corse et à travers la percée électorale le message s’adresse à toutes les régions. Il faudra passer sous le joug.

Mais qu’attendent donc les natios pour s’adresser à la Corse, ce qui existe encore, pour la mobiliser en donnant l’exemple et ne pas se perdre dans la febraccia ?

L’électoralisme après les cinquante années de lutte, après les statuts foireux et une majorité absolue et face à Macron Jupiter jacobin n’est-ce pas du vrai délire?

Ci hè da pienghje.

MAX SIMEONI SUR ARRITTI