Produit CORSU E RIBELLU

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Rarement sur l’île un été aura connu dès le mois de juin un tel niveau de raréfaction des ressources en eau.

Les incendies ont déjà détruit des centaines d’hectares de maquis, si bien qu’il a fallu accélérer d’urgence le calendrier des Canadairs pour qu’ils commencent leurs vols bien plus tôt que les années précédentes. L’année 2017 pourrait être une année noire pour la Corse, comme pour tout l’espace méditerranéen.

Déjà au Portugal les incendies ont été tragiques. 62 victimes sont mortes dans leurs voitures piégées par les flammes sur les routes traversées par l’incendie le plus catastrophique d’Europe. Malgré cela l’événement que constitue cette catastrophe écologique est resté peu médiatisé.

Commencerait-on à s’habituer au pire ?


Le même sentiment d’une catastrophe écologique majeure nous étreint pour le Parc naturel d’Andalousie lui aussi devenu la proie des flammes. Les espaces boisés de la Sierra Nevada, la plus haute des chaînes montagneuses du sud de l’Europe continentale, qui abrite quantité d’espèces endémiques en raison de son caractère de montagne très élevée (près de 3 500 mètres) au cœur de l’Europe méditerranéenne, ont été directement menacés. La Corse lui ressemble, elle aussi montagne à forte altitude en zone méditerranéenne. Imaginerait-on rester indifférents si pareil désastre avait menacé le Parc Régional, à Bavedda, à Bonifatu, à Ghisoni ou dans le massif de Valdu Niellu ?

Par chance, l’enfer des incendies qui a déjà atteint la Sierra Nevada ou le centre du Portugal n’a pas encore gagné la Corse. Mais nous sommes sous la menace, et l’essentiel reste à faire pour ne pas y succomber à notre tour : reconquête des espaces agricoles, entretien et valorisation de la forêt, revitalisation de l’intérieur, tant de chemin encore à parcourir !

Chacun perçoit que le changement climatique rend chaque année la situation plus délicate, avec des hivers sans rigueur et des étés secs et de plus en plus caniculaires. Nous sommes les premiers concernés par la lutte contre le réchauffement climatique.

Mobiliser les ressources en eau, lutter contre le gaspillage, assurer la transition énergétique ne sont pas des choix politiques « optionnels », ce sont des obligations bien actuelles, bien réelles.

Si l’on échoue dans la lutte contre le réchauffement climatique, on échouera à préserver le couvert végétal dans les zones climatiques comme la nôtre, dont les équilibres sont fragilisés par la hausse des températures due à l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. La Corse, comme le Portugal et la Sierra Nevada, fait partie des territoires vulnérables. On ne doit jamais l’oublier. Les volte-face américaines de Donald Trump sont potentiellement lourdes de conséquences ici aussi.

La nomination de Nicolas Hulot est apparue comme une bonne chose à tous. Il sera certainement celui avec qui les autorités futures de la Corse auront le plus à échanger lors de la prochaine mandature de l’Assemblée de Corse.

Le mouvement nationaliste a depuis très longtemps placé la question de l’écologie au cœur de sa démarche, depuis les boues rouges, jusqu’à aujourd’hui. Cet engagement doit être revivifié et continuer à « habiter » le projet que nous portons pour la Corse.
Il faut consolider le Padduc, renforcer les politiques de revitalisation de l’intérieur, et lutter au jour le jour pour la défense de l’environnement.

Pour le peuple corse, l’avenir de notre Terre est l’enjeu majeur. Il dépendra aussi de l’avenir de la planète dans sa globalité.

François ALFONSI