(Corscicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 9 mai 2026)À travers ce droit de réponse, l’intersyndicale STC–CGT–FO de l’ADMR Corse-du-Sud démonte point par point la communication de la direction et décrit une structure plongée dans une crise sociale profonde.
Les syndicats dénoncent des mois de pressions, de management autoritaire, de sous-effectifs chroniques, de souffrance au travail et de mépris envers les alertes des salariés.
Derrière les discours officiels, les équipes évoquent une désorganisation généralisée, des paies débloquées grâce à des grévistes eux-mêmes, des personnels épuisés et des représentants du personnel entravés dans leurs missions.
L’intersyndicale refuse également toute tentative d’opposer salariés administratifs et personnels de terrain, rappelant que tous subissent les conséquences directes d’une gouvernance jugée déconnectée et incapable de répondre à la gravité de la situation. Face à l’absence d’écoute, à la dégradation du climat social et à la perte totale de confiance envers la direction actuelle, les syndicats annoncent désormais une montée en puissance du mouvement avec un appel à la grève illimitée de l’ensemble des services. Pour les salariés mobilisés, il ne s’agit plus d’un simple conflit interne, mais d’un combat pour la dignité au travail, la défense du service rendu aux bénéficiaires et la reconstruction complète d’un fonctionnement humain, stable et transparent.
Jean rossi
Le communiqué avec prière d’insérer, Intersyndicale STC, CGT, F.O :
COMMUNIQUÉ INTERSYNDICAL – DROIT DE RÉPONSE
Face au communiqué diffusé par la gouvernance de l’ADMR de Corse-du-Sud, l’intersyndicale souhaite rétablir plusieurs vérités et dénoncer les tentatives de minimisation du malaise social profond que vivent aujourd’hui les salariés.
Le malaise social n’est ni une rumeur ni une exagération : il est vécu chaque jour par les salariés, qu’ils soient administratifs ou personnels de terrain.
1. Concernant le versement des salaires
Oui, les salaires doivent être assurés. Cela relève d’une obligation normale de l’employeur.
Or, contrairement à ce qui est affirmé, les services RH et administratifs fonctionnent depuis des mois dans un contexte de sous-effectif important. Ces dernières semaines, seules quelques personnes assuraient une charge de travail largement supérieure aux capacités normales du service.
De nombreux salariés ont effectué un nombre considérable d’heures supplémentaires, souvent non rémunérées, afin de limiter les retards et les difficultés pour les structures et les salariés du réseau.
Malgré cela, trois associations n’ont pas été payées en temps et en heure ce mois-ci, alors même que les équipes étaient présentes pour assurer le travail à tous les niveaux.
Il est également important de préciser que, pour parvenir à résoudre cette situation et débloquer certaines paies, l’aide de deux salariés grévistes a finalement été nécessaire.
Ces dysfonctionnements démontrent les limites d’une organisation fragilisée, des défaillances techniques non maîtrisées et un manque d’anticipation de la gouvernance actuelle.
Dans ce contexte, il paraît difficile d’affirmer qu’un fonctionnement “habituel” pourra être maintenu alors qu’il ne resterait aujourd’hui qu’une poignée de personnels non grévistes pour assurer la gestion du réseau et des paies à venir.
2. Concernant le mouvement de grève
La gouvernance tente de réduire ce mouvement à quelques revendications administratives isolées. La réalité est toute autre.
Si de nombreux salariés administratifs poursuivent aujourd’hui la grève, c’est parce qu’ils dénoncent depuis des mois des méthodes de management fondées sur les pressions, le chantage, la manipulation et des traitements inégalitaires accordant des privilèges à seulement certains salariés.
Ces méthodes ne sont pas dignes d’un management respectueux ni d’une gouvernance saine.
Par ailleurs, opposer régulièrement les salariés “administratifs” et les salariés “de terrain” est regrettable et ne fait qu’alimenter des divisions inutiles entre des professionnels qui travaillent tous pour le même réseau et les mêmes bénéficiaires.
3. Concernant les personnels de terrain
Les salariés de terrain subissent eux aussi les conséquences directes de la désorganisation administrative : plannings instables, remplacements impossibles, surcharge de travail, manque de moyens et pressions constantes.
Si beaucoup d’entre eux sont restés silencieux jusqu’à présent, cela ne doit en aucun cas être interprété comme un soutien à la gouvernance actuelle. Leur retenue relevait avant tout d’un profond sens du devoir envers les bénéficiaires et de leur volonté de préserver la continuité des accompagnements.
Aujourd’hui, il devient de plus en plus difficile pour ces professionnels de continuer à compenser seuls les dysfonctionnements structurels du réseau.
La gouvernance ne peut pas instrumentaliser le professionnalisme et le dévouement des équipes de terrain pour masquer la gravité de la crise sociale actuelle.
Face à l’absence d’écoute réelle, au mépris ressenti par les salariés et à la persistance des tensions internes, nous lançons désormais un appel à une grève illimitée de l’ensemble des services.
4. Concernant les chiffres avancés
La communication autour du nombre de grévistes “recensés” interroge également.
Le choix des termes employés laisse une large marge d’interprétation et donne le sentiment d’une présentation partielle de la réalité du mouvement social actuellement en cours.
Les chiffres avancés ne reflètent pas la souffrance réelle vécue au sein des équipes ni l’ampleur du malaise social exprimé depuis plusieurs mois par de nombreux salariés.
5. Concernant les instances représentatives du personnel
Les instances représentatives du personnel et le CSE ont été entravés à plusieurs reprises dans leur fonctionnement, aggravant encore davantage la perte de confiance des salariés envers la gouvernance actuelle.
Le dialogue social ne peut exister sereinement lorsque les représentants du personnel ne disposent pas pleinement des moyens nécessaires pour exercer leurs missions.
6. Concernant les arrêts de travail et le climat social
Personne ne conteste le contexte émotionnel extrêmement lourd lié au drame du 27 avril 2026.
Cependant, réduire les difficultés actuelles à ce seul événement ne correspond pas à ce que de nombreux salariés dénoncent depuis des mois : surcharge de travail, tensions internes, dégradation du climat social, absence de réponses adaptées face aux alertes répétées des équipes et souffrance grandissante au travail.
Les arrêts maladie constatés aujourd’hui sont également le révélateur de risques psychosociaux signalés depuis de nombreux mois par les salariés et leurs représentants.
Le climat actuel n’est donc pas le résultat de simples “rumeurs” ou de “désinformation”, mais bien la conséquence directe d’un profond malaise social et d’une perte de confiance envers la gouvernance actuelle.
7. Concernant la médiation
La médiation officielle sollicitée auprès des services de l’État et de la Préfecture démontre à elle seule la gravité de la crise traversée actuellement par la structure.
Une telle démarche n’aurait jamais été nécessaire si les alertes des salariés avaient été entendues plus tôt et si un véritable dialogue social avait été maintenu.
8. Concernant la régionalisation avec la Haute-Corse
Les salariés tiennent également à exprimer clairement leur opposition à tout projet de régionalisation ou de fusion avec la Haute-Corse (2B).
Dans le contexte actuel de crise sociale et organisationnelle, une telle orientation serait vécue comme un éloignement supplémentaire des réalités du terrain, des salariés et des besoins spécifiques des structures de Corse-du-Sud.
Les équipes demandent au contraire une gouvernance de proximité, capable d’écouter les salariés, de comprendre les problématiques locales et de rétablir un fonctionnement stable et humain du réseau.
Conclusion
L’intersyndicale reste mobilisée pour défendre l’ensemble des salariés, leurs conditions de travail, leur dignité et la qualité du service rendu aux usagers.
Une gouvernance stable, transparente et respectueuse est aujourd’hui indispensable pour garantir un fonctionnement normal du réseau, restaurer la confiance des équipes et assurer un service de qualité auprès des bénéficiaires.
L’intersyndicale

