(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 26 avril 2026) Le communiqué des avocats d’Yvan Colonna et de son fils dénonce avec force une version officielle jugée intenable.
Derrière l’ordonnance de mise en accusation, ils pointent une accumulation de faits troublants qui ne peuvent être réduits à de simples coïncidences : effacement suspect d’éléments écrits annonciateurs, défaillances graves de surveillance, liberté de mouvement inexplicable de l’agresseur, et mensonges au plus haut niveau de l’administration pénitentiaire.
Pour eux, la thèse de l’acte isolé sert avant tout à refermer le dossier sans exposer les responsabilités structurelles et politiques. Ce qu’ils mettent en cause, c’est un système qui aurait permis, voire couvert, les conditions de cet assassinat. En creux, ils dénoncent une logique de raison d’État, où la vérité est reléguée derrière une version officielle destinée à protéger les institutions.
Ce communiqué s’inscrit ainsi dans une démarche de vérité et de justice, refusant que la mort d’Yvan Colonna soit réduite à un simple fait divers carcéral, et appelant à faire toute la lumière sur ce qui apparaît comme une faillite majeure — sinon une faute politique.
Le 2 mars 2022, Yvan Colonna est violemment agressé à la prison d’Arles par Franck Elong Abé, détenu radicalisé classé particulièrement dangereux. Frappé puis étouffé pendant plusieurs minutes, il succombe à ses blessures le 21 mars 2022 à l’hôpital de Marseille.
Après plus de deux ans d’instruction, une étape judiciaire majeure est franchie le 26 avril 2026 : deux juges ordonnent le renvoi de Franck Elong Abé devant la cour d’assises pour assassinat en lien avec une entreprise terroriste. Les magistrats retiennent une violence extrême et une intention de tuer « sans équivoque », motivée selon eux par un différend religieux.
Cependant, le cadre du procès est contesté. Le suspect ne sera pas jugé pour association de malfaiteurs, faute de preuve de liens avec des tiers. Sa défense rejette la qualification terroriste et la préméditation, tandis que les avocats de la famille d’Yvan Colonna dénoncent la thèse d’un acte isolé, malgré des déclarations évoquant un possible acte commandité.
Plusieurs dates clés alimentent les interrogations autour de l’affaire : en mai 2023, une commission d’enquête parlementaire met en évidence de « graves défaillances » et des « dysfonctionnements » au sein de l’administration pénitentiaire ; en 2023, une enquête préliminaire visant cette administration est ouverte, avant d’être classée sans suite en 2025 ; la même année, en février 2025, l’État est condamné à indemniser les ayants droit de Yvan Colonna pour « manquements fautifs ».
Ainsi, à l’approche du procès, la justice retient la responsabilité directe d’un homme, mais laisse en suspens une série de zones d’ombre sur le contexte, les éventuelles complicités et les responsabilités institutionnelles dans cet assassinat.
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Le Communiqué de presse des avocats d’Yvan Colonna et de son fils Ghjuvan Battista Colonna : Vient d’être rendue l’ordonnance de mise en accusation devant la cour d’assises du djihadiste ayant avec quiétude assassiné Yvan Colonna au sein d’une prison française. Alors que l’assassin a revendiqué avoir agi en accord avec les services français ; Alors qu’un surveillant pénitentiaire a révélé qu’ont été mystérieusement effacées les observations écrites qu’ils avait consignées avant l’assassinat, laissant prévoir celui-ci ; Alors que l’assassin à bénéficié d’une incroyable liberté d’aller et venir incompatible avec son statut carcéral, ses antécédents disciplinaire et sa dangerosité avérée ; Alors que cet assassinat a eu lieu précisément le jour où la vidéosurveillance était en maintenance, que le moniteur ne diffusait aucune image du lieu où a été commis le crime, qu’aucun surveillant ne se trouvait au demeurant devant ce moniteur ; Alors qu’il est établi que la directrice a menti devant la commission d’enquête parlementaire ; L’on est prié d’admettre que tous ces éléments relèveraient d’une abracadabrante suite de coïncidences. L’on constatera plus volontiers que l’hypothèse retenue d’un improbable acte solitaire, est singulièrement conforme à la raison d’Etat. Sylvain Cormier et Emmanuel Mercinier Pantalacci Avocats d’yvan colonna et de son fils Ghjuvan Battista Colonna.

