« Ports bloqués en Corse : les pêcheurs imposent le rapport de force face à la vie chère » Revue de presse et communiqués de soutien.

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 7 avril 2026) Depuis ce mardi 7 avril, la quasi-totalité des ports de Corse est paralysée par une mobilisation des pêcheurs professionnels, qui ont décidé de bloquer les accès maritimes pour dénoncer la flambée du prix du carburant et l’inaction des pouvoirs publics.

Dès 6 heures du matin, des embarcations ont été positionnées en travers des entrées des ports d’Ajaccio, Bastia, Bonifacio, Porto-Vecchio, Propriano et L’Île-Rousse, empêchant toute entrée ou sortie de navires. Ferries immobilisés, cargos bloqués et passagers contraints d’attendre : l’ensemble du trafic maritime de l’île est fortement perturbé, illustrant la détermination d’une profession à se faire entendre.

À l’origine de cette mobilisation, un différentiel de prix du carburant jugé inacceptable. Les pêcheurs dénoncent un gasoil détaxé atteignant environ 1,45 euro le litre en Corse, contre 0,89 euro sur le continent, soit un écart pouvant aller jusqu’à 50 centimes. Une situation aggravée par la hausse des prix liée au contexte international, notamment les tensions au Moyen-Orient, qui renforce la pression sur une activité déjà fragile. Malgré l’annonce gouvernementale d’un remboursement de 20 centimes par litre pour le mois d’avril, les professionnels estiment que cette mesure reste largement insuffisante et ne répond pas à la réalité économique insulaire.

Au-delà de la question du carburant, les pêcheurs décrivent une profession au bord de la rupture. Dépendants quasi exclusivement de l’énergie pour exercer leur activité, ils doivent également faire face à des conditions météorologiques défavorables qui ont fortement réduit leurs sorties en mer ces derniers jours. L’accumulation des contraintes économiques et climatiques alimente une colère profonde, certains allant jusqu’à considérer que la poursuite de leur activité devient intenable.

Conscients des perturbations engendrées pour la population et l’économie de l’île, les pêcheurs assument néanmoins ce rapport de force. Ils affirment ne plus vouloir se contenter de promesses et conditionnent la levée du blocage à la signature d’un protocole d’accord concret avec les autorités. Cette mobilisation met en lumière, une fois de plus, les spécificités et les inégalités structurelles liées à l’insularité, notamment en matière de coût de la vie et d’accès aux ressources.

Ce mouvement, massif et coordonné, dépasse ainsi le cadre strict de la pêche pour poser la question plus large de l’égalité territoriale. En paralysant les ports, les pêcheurs corses cherchent à imposer un débat de fond sur la prise en compte des réalités économiques de l’île, dans un contexte où la dépendance au carburant reste un enjeu vital pour de nombreux secteurs.

« les bateaux peuvent accoster, mais ne repartiront pas »

Depuis la mi-journée, la situation reste bloquée dans la plupart des ports de Corse, malgré un léger assouplissement. Les pêcheurs ont en effet consenti à autoriser temporairement l’accostage des navires, permettant ainsi aux passagers des ferries de débarquer.

Cette ouverture reste toutefois limitée. Une fois les opérations de débarquement terminées, le blocage sera de nouveau rétabli. Les voyageurs souhaitant quitter l’île devront donc patienter, dans l’attente d’éventuelles avancées issues des discussions en cours entre les pêcheurs et les services de l’État.  Selon la préfecture, entre 2 500 et 3 000 passagers étaient immobilisés en mer au moment des faits, sans compter ceux du navire de croisière.

Jean Rossi

(Corse Matin) (RcfM) (Fr3Corse) (Alta Frequenza) (Corse Net infos) (Alta Frequenza

Le communiqué des PÊCHEURS CORSES EN COLÈRE de ce matin. 
Aujourd’hui, nous, pêcheurs corses, bloquons les ports de l’île pour tirer un signal d’alarme clair.
Nous sommes à l’agonie.
Le manque d’écoute des institutions face à nos alertes répétées nous contraint aujourd’hui à organiser ce blocage. Cette situation nous déplaît, mais elle est devenue nécessaire.
La récente augmentation du prix du gasoil a un impact direct et brutal sur nos entreprises. Nous subissons déjà, hors période de crise, un écart de prix avec le continent d’environ 0,40 € par litre. Cette situation n’est plus tenable.
À cela s’ajoute une pression réglementaire croissante de la part des instances européennes, totalement déconnectée de la réalité de notre métier.
Nous pratiquons une pêche artisanale, avec de fortes contraintes liées à notre territoire. Nous refusons d’être assimilés à la pêche industrielle.
Nous demandons aujourd’hui :
• Des mesures concrètes pour compenser le surcoût du carburant
• Une table ronde avec les dépôts pétroliers corses afin d’aligner le prix du carburant sur celui du continent
Notre métier est en danger. Derrière nous, ce sont des familles, un savoir-faire, une culture et un territoire qui risquent de disparaître.
Les pêcheurs corses et u sindicatu pa a diffesa di piscadori corsi.

COMMUNIQUÉS

Depuis ce matin, le syndicat des pêcheurs de Corse a organisé le blocus total des six ports de l’île pour protester contre la hausse tarifaire incontrôlable du prix du carburant. Même si les raisons de cette hausse sont difficilement maîtrisables par l’État, dans la mesure où elles sont dues à une guerre qui ne nous concerne pas directement, on ne peut rester sans réaction et subir cette situation plus longtemps. Les pêcheurs vivent de la mer, les agriculteurs vivent de la terre ; nos métiers se ressemblent et leurs contraintes aussi. Le syndicat Via Campagnola apporte tout son soutien au syndicat des pêcheurs et est prêt à se mobiliser à leurs côtés dès demain si, lors de l’entrevue qu’ils auront avec le Préfet, ils n’obtiennent pas les garanties nécessaires pour qu’une aide sur le prix du carburant leur soit accordée, ainsi qu’aux agriculteurs et à tous les métiers fortement dépendants du prix du carburant. Pour le bureau – Jean-Dominique Musso et Laetitia Simeoni

Core in Fronte · Core in Fronte soutient les pêcheurs corses mobilisés, depuis ce matin, dans les ports de Corse. L’Etat français n’a anticipé nullement la situation internationale et ne propose pas de réelles solutions pour la population, à la différence d’autres Etats comme l’Espagne, l’Italie ou la Grèce. Seules les multinationales pétrolières sont, aujourd’hui, les grands gagnants financiers de la guerre au Moyen Orient, en vendant, au prix fort, des stocks d’essence qui ont raffinés avant le début du conflit en Iran. La Corse est pleinement concernée. La question des carburants n’est pas que catégorielle. Elle concerne l’ensemble du peuple corse qui travaille et se déplace tous les jours. La réponse doit être politique. En Corse, en général, il n’est pas normal que le différentiel de TVA entre la Corse (13%) et la France (20%) ne se retrouve pas au prix à la pompe pour les consommateurs. La Corse doit bénéficier d’une véritable régulation des prix de l’essence, avec un blocage des prix et des marges. Le décret Lurel en vigueur en Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion et Mayotte, doit s’appliquer à la Corse.

Mossa Paisana porta u so sustegnu à u muvimentu di i piscadori corsi mubilizati oghje contr’à a crescita sprupositata di u prezzu di u carburante. Sta situazione mette in periculu una filiera sana, essenziale pà l’ecunumia è a suvranità alimentaria di a Corsica basta a dì per a cultura e u modu di pesca tradiziunale. L’agricultori cunnoscenu listesse difficultà : crescita di e cariche, ugmentazione di u prezzu di l’energia, impussibilità di travaglià in cundizione degne. Hè tuttu u mondu pruduttivu corsu chì ghè oghje minacciatu. Di pettu à st’urgenza, À Mossa Paisana chjama à mette in ballu misure cuncrete. S’ellu ùn ci hè micca un segnu forte da parte di l’autorità, u nostru sindicatu si riserva u dirittu di mubilizassi pà sustene i nostri piscadori corsi e a traversu sta mubilisazione, tutti i stratti di à sucetà corsa. À Mossa Paisana.

Les Jeunes Agriculteurs de Corse souhaitent saluer l’action de mobilisation portée par le syndicat des pêcheurs de Corse et rappeler que le monde agricole fait face aux mêmes difficultés. L’augmentation constante des coûts de l’énergie impacte directement la viabilité des exploitations et réduit considérablement les marges déjà fragiles. Sur notre territoire insulaire, ces hausses ont un effet encore plus marqué, accentuant les inégalités et mettant en péril des filières essentielles à notre économie locale. Agriculteurs et pêcheurs partagent une même réalité : celle de métiers indispensables, exposés à des contraintes fortes, et aujourd’hui confrontés à une pression économique devenue difficilement soutenable. Dans ce contexte, les Jeunes Agriculteurs de Corse appellent à une prise de conscience rapide et à la mise en place de mesures concrètes pour accompagner l’ensemble des professionnels concernés. À défaut de réponses adaptées dans les prochains jours, une mobilisation plus large des acteurs du monde agricole pourrait être envisagée.

Le Collectif comprend et partage l’inquiétude des pêcheurs corses, tant le prix du carburant dans l’île atteint et franchit les limites du supportable pour leur survie, comme pour les différentes professions particulièrement exposées, mais dorénavant pour l’ensemble des secteurs économiques de l’île et l’ensemble des ménages. Au-delà de l’envolée des cours mondiaux du pétrole, hors de contrôle à la fois en intensité et en durée, s’ajoutent en Corse des surcoûts liés à de multiples facteurs, certains objectifs comme la logistique spécifique à l’insularité, d’autres qui méritent d’être interrogés comme le fera la mission parlementaire confiée au député Paul-André Colombani, qui vient d’ailleurs d’interpeller le Gouvernement à ce propos. Une autre mission parlementaire confiée au député Michel Castellani, sera, elle, consacrée à la formation des prix de manière plus générale et elle viendra utilement documenter les surcoûts, directs, indirects et cachés qui pèsent de manière structurelle sur la Corse, son économie et ses habitants. Depuis le début de la crise nous travaillons sans relâche avec la Collectivité de Corse et son Conseil exécutif, les services de l’État et en premier lieu les autorités préfectorales, ainsi que les acteurs institutionnels à la recherche de solutions spécifiques et acceptables à proposer au Gouvernement. Face aux conséquences dramatiques du conflit en Iran et tenant compte du fragile répit occasionné par le récent cessez le feu ainsi que par la réouverture provisoire du détroit d’Ormuz, le Collectif appelle à la poursuite de ce précieux dialogue, à la levée des blocus et à la solidarité des pouvoirs publics et des socioprofessionnels, tant la tension sur les prix des carburants risque d’être longue à supporter, et difficile, voire impossible, à surmonter sans ces mesures légitimement attendues pour notre territoire. Des réponses urgentes sont attendues et le Collectif restera mobilisé et vigilant pour qu’elles soient adaptées à la gravité de la situation subie par les pêcheurs, les différents secteurs exposés ainsi que l’ensemble du tissu économique et des ménages de l’île. le Collectif Association Collégiale des Ordres et des Organisations Consulaires & Professionnelles de Corse.

Le SAMMM tient à apporter son soutien inconditionnel aux revendications portées par les marins-pêcheurs. Ces revendications sont légitimes et reflètent, une fois encore, la déconnexion de l’État, ainsi qu’un manque d’anticipation et de réactivité face à une crise majeure. Une nouvelle fois, le tissu économique local, pourtant fragile, se retrouve seul face à des aléas internationaux et contraint d’affronter cette crise sans accompagnement suffisant. Des solutions existent, et nous demandons à l’État de revenir à la table des négociations et de mettre fin à sa politique de pourrissement de la situation. Nos amis pêcheurs sont aujourd’hui les acteurs visibles de cette crise, mais ils n’en sont en aucun cas les responsables. Nous serons particulièrement attentifs à l’évolution de la situation ainsi qu’aux réponses apportées par l’État. Si celui-ci choisit l’intimidation et recourt à la menace ou à la force pour débloquer la situation, notre organisation syndicale, le SAMMM, n’hésitera pas à participer et à apporter son soutien sur le terrain.

« Vers un blocage durable de l’économie insulaire?? »

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