(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 30 janvier 2026) Le rapport de la CNCDH met en lumière les causes profondes de la crise du 13 mai 2024, en établissant clairement qu’il s’agit d’une crise politique nourrie par des discriminations structurelles.
Sans justifier les violences, il démontre comment l’absence de droits effectifs, le sentiment d’injustice et une réponse étatique essentiellement répressive ont rendu leur surgissement possible. Il appelle enfin à un changement de cap fondé sur le respect du droit, des engagements de l’État et de la dignité du peuple kanak.
Jean Rossi
Le communiqué avec prière d’insérer : Entre avril et mai 2025, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) a auditionné de nombreux acteurs, qu’ils soient de la société civile, de la sphère politique, économique, syndicale ou sociale.
Ce qu’il en ressort aujourd’hui, par le biais du rapport rendu public et relayé dans différents médias locaux, régionaux et nationaux, amène toute personne faisant preuve d’honnêteté intellectuelle à conclure que, si les violences ne se justifient pas, ce rapport nous dit pourquoi elles ont été possibles, pourquoi elles ont éclaté et pourquoi elles risquent de se reproduire si les causes, que nous dénonçons depuis toujours, coloniales, politiques et sociales, ne sont pas traitées en profondeur, avec tout le sérieux et la responsabilité que cela exigerait.
La CNCDH confirme ainsi que le 13 mai 2024 a constitué une crise politique et non un simple désordre à l’ordre public. Les discriminations structurelles et systémiques forment le terreau profond de la crise.
La justice est perçue comme étant à deux vitesses. Tout cela alimente un sentiment profond d’injustice et de présomption de culpabilité collective.
La réponse de l’État a été largement répressive, notamment à travers des mesures de rétorsion collective en Province Sud, perçues comme des sanctions collectives touchant prioritairement les populations kanak.
En termes de recommandations, la CNCDH formule dans ce rapport six recommandations qui n’appellent aucune ambiguïté.
- Le respect strict du droit international et de l’Accord de Nouméa.
- La consultation libre, préalable et éclairée du peuple kanak.
- La lutte effective contre les discriminations et les inégalités structurelles.
- Des enquêtes indépendantes sur les violences policières.
- Le respect de la dignité des personnes détenues.
- La fin des mesures de rétorsion collective.
Nous ne pouvons que constater l’alignement des éléments saillants retenus par ce rapport et de ses recommandations avec les alertes et les cris de défense que nous portons depuis mai 2024.
Si nous devions résumer la leçon de ce rapport, nous dirions que sans droits et sans respect des engagements de l’État, la paix durable ne saurait exister.

