« Autonomie sans droits = dépossession organisée »

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, publié le 29 janvier 2026) La Corse traverse une crise profonde marquée par la précarité sociale, l’érosion linguistique et culturelle, et une spéculation foncière et immobilière incontrôlée qui prive les jeunes Corses d’accès à la terre et au logement.

Cette situation s’inscrit dans une mécanique globale de dépossession, aggravée par une arrivée massive et non maîtrisée de nouveaux résidents, sans outils juridiques permettant de protéger le peuple corse sur sa propre terre.

Le débat institutionnel en cours, centré sur un pseudo-statut d’autonomie, ne répond pas aux enjeux existentiels du peuple corse. En l’absence de co-officialité de la langue, de statut de résident et de reconnaissance d’une citoyenneté corse, aucune garantie sérieuse n’est apportée quant à la pérennité du peuple corse et à son droit de décider.

Face à cette urgence, il est indispensable de remettre à l’agenda politique de l’Assemblée de Corse un débat clair et assumé sur la citoyenneté corse et les droits qui y sont liés : accès à la terre, au logement et à l’emploi, protection du foncier, maîtrise démographique et constitution d’un corps électoral légitime. À deux ans de la fin de la mandature, la Collectivité ne peut se contenter de constats : elle doit agir pour enrayer la dépossession et garantir l’avenir du peuple corse sur sa terre.

Tuninu

Voici la question orale déposée par Mme Josepha GIACOMETTI-PIREDDA

OBJET : ENRAYER LA MÉCANIQUE DE DÉPOSSESSION

Monsieur le Président du Conseil exécutif,

« Parce qu’ici tout a commencé », c’est ainsi que vous avez présenté votre candidature à la mairie de Bastia. Parce qu’ici, nous sommes les garants des intérêts du peuple corse, l’urgence commande d’entrer rapidement dans un nouveau cycle.

Au cours de cette session, nous aborderons, à travers un rapport prospectif, les grands défis que notre île devra relever. Nous avons les potentialités pour réussir et il faudra collectivement nous en donner les moyens.

Pourtant, la Corse connaît aujourd’hui une situation économique et sociale critique, une précarité grandissante sur fond d’érosion linguistique et culturelle, où l’identité et les valeurs réelles se diluent au bénéfice du seul profit. À cela s’ajoutent une spéculation foncière et immobilière effrénée ainsi que plus de 5 000 nouveaux arrivants qui débarquent chaque année sans aucune maîtrise ni même moyen de contrôle. Bref, la mécanique de dépossession poursuit son œuvre.

Récemment, Corse Matin titrait : « Les jeunes Corses face au mur d’un foncier devenu inaccessible sur l’île », dévoilant une réalité que nous connaissons bien, celle d’une spéculation foncière et immobilière effrénée.

Vous le rappeliez vous-même il y a peu : le peuple corse se sent menacé dans son existence même. Pour l’heure, rien n’est de nature à le rassurer.

Il se pourrait que le débat sur le pseudo-statut d’autonomie soit inscrit à l’agenda parlementaire après les élections municipales. Quand bien même les écritures constitutionnelles seraient votées sans qu’une seule virgule n’y soit retranchée — ce qui a peu de chances d’arriver —, il ne s’agirait en aucun cas d’une autonomie permettant la mise en œuvre d’un statut de co-officialité ou d’un statut de résident.

Rien, donc, qui puisse garantir la pérennité de notre peuple sur sa terre. Et ne me rétorquez pas que les lois organiques permettront de corriger tout cela : vous savez que ce n’est pas vrai.

C’est pourquoi il faut, dès maintenant, inscrire ou réinscrire à l’agenda politique de notre Assemblée, de façon pragmatique et concrète, le débat sur la citoyenneté corse et les droits qui doivent s’y rattacher : co-officialité de la langue, accès à la terre et au logement, accès à l’emploi, droit de décider.

Alors que la révision du PADDUC est engagée, nous devons remettre le statut de résident au cœur des dispositifs de lutte contre la dépossession foncière.

Enfin, doit aussi être mise en débat la constitution d’un corps électoral légitime fondé notamment sur les CIMM et sur une durée de résidence à déterminer. Comment concevoir, lors des prochains scrutins — élections territoriales dans deux ans et/ou référendum sanctionnant une réforme institutionnelle —, d’être dépossédés de notre droit de décider ? Rappelons que les dernières élections législatives ont été marquées par des candidatures et de nombreux suffrages issus de la colonisation de peuplement.

Parallèlement, émergent dans le paysage politique des courants que nous avons toujours combattus car ils sont aux antipodes de ce que nous portons et de ce que nous sommes, même lorsqu’ils tentent de se parer d’un vernis identitaire. Ils nient par essence l’existence même du peuple corse, seule communauté de droit sur sa terre.

Ce sentiment global de dépossession, même s’il s’exprime différemment au sein de cette Assemblée, est partagé bien au-delà des bancs nationalistes. En dehors de cet hémicycle, il est ressenti par l’immense majorité des Corses.

Monsieur le Président du Conseil exécutif, vous avez souvent rappelé que le peuple corse, ce n’est pas seulement les nationalistes. C’est vrai. Mais il y a dix ans, puis lors des différents scrutins qui se sont succédé, les Corses ont voté majoritairement pour les propositions du mouvement national. J’ai la faiblesse de croire qu’ils souhaitaient alors voir aboutir ces revendications.

Alors même que cette question est au cœur de notre combat, la mandature se terminera dans deux ans et rien, pour l’heure, n’est réellement mis en œuvre pour enrayer la mécanique de dépossession.

Vous ne partagerez certainement pas totalement ce constat. Mais s’il est partagé, au moins en partie, êtes-vous prêt à inscrire ces problématiques à l’agenda de notre Collectivité, et sous quelles modalités ?

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