(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 18 janvier 2026) Hommage à Michel Padovani, militant corse de la « première heure » décédé, engagé de longue date dans la lutte nationale et sociale en Corse.
Interpellé en 78 et condamné en 1979 par la Cour de sûreté de l’État pour son implication au sein du FLNC, il a été incarcéré dans plusieurs établissements pénitentiaires avant de bénéficier de l’amnistie en 1981. Tout au long de cinquante années de militantisme, il est resté fidèle à ses convictions, défendant les droits du peuple corse, la justice sociale et la liberté. Militant humaniste, avec un sens critique à l’égard du mouvement national dans certaines périodes, et grand opposant à toutes les formes de fascisme.
Core in Fronte : U nostru amicu militente Michel Padovani si n’hè andatu à l’eternu.
Patriottu corsu, militente storicu, Michel era statu cundanatu, in u 1978, da a Corte di sicurezza di u Statu pè u so ingagiamentu à u FLNC. Cappiatu in u 1981, dopu à a l’amnistia, era statu in e cellule di parechje prigiò culuniale: Melun, Villeneuve sur Lot… In 50 anni di lotta, u so cumbattu pè i diritti naziunali è suciali di u popolu corsu ùn avia mai cambiatu. Era sempre à fiancu di i più chjuchi è di l’inghjuliati, essendu un cumbattente pè a ghjustizia è a libertà. Michel fù un patriottu chì purtava sempre in core stu sanu parè, di a Lotta di Liberazione Naziunale, cum’è tandu hè statu custruitu. Michel era un umanistu è un omu di valori. Hè statu curagiosu è criticu contr’a u Muvimentu Naziunale, dopu à a strage di Furiani è l’anni foschi di u 1990. Era, dinò, unu di quelli chì luttava contr’a tutti i fascisimi è e so idee, chì volenu impone si in Corsica è in u mondu. Core in Fronte face e so parte di dolu à l’inseme di a so famiglia. Ch’ellu sia in locu d’eternu riposu.
Ghjuventù Indipendentista · 35 min · Si n’hè andatu Michel Padovani, patriottu sputicu di a Lotta di Liberazione Naziunale. Incarceratu indè cellule francese in u 1978 per via di u so impegnu indè u FLNC, prima d’esse amnistiatu in u 1981, Michel Padovani hè sempre statu a fianc’à tutte e lotte di u populu corsu dapoi u principiu di u so indiamentu puliticu. Ci ramintemu di l’omu ch’ellu fù è di a so lotta eterna. Mandemu e nostre cunduglianze afflitte a tutti quelli tocchi da stu dolu. Ch’ellu riposa in santa pace.
Pierre Poggioli · Dolu hè partitu Michel Padovani, anzianu prighjuneru puliticu, sempri à fiancu du tutt’e lotte di u oopulu corsu é a difesa di i diriiti umani. Duglianze à tutt’i soi RIP.
Paul-Felix Benedetti · Michel Padovani un militenti sputicu è un patriottu di sempri. Ch’eddu sia in locu d’eternu riposu.

En quelques dates :

1978 – Un engagement politique historique
Michel Padovani est condamné en 1978/79 par la Cour de sûreté de l’État pour son engagement au sein du FLNC. Ancien prisonnier politique, il demeure depuis lors une figure reconnue du mouvement nationaliste corse, engagée dans la lutte de libération nationale et sociale du peuple corse.
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1er juin 1978 : Dans la première rafle du FLNC à Bastia, Michel Padovani, 29 ans, comptable à Bastia, est mentionné parmi les militants interpellés et déférés à la Cour de sûreté de l’État. Il venait à ce moment là d’être un jeune papa.
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7 juin 1978 : Un total de 24 personnes, dont Michel Padovani, sont envoyées devant la Cour de sûreté de l’État dans le cadre de la même répression.
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1979 — Procès des « 21 militants » : Les personnes interpellées fin 1978 sont jugées à Paris lors d’un procès qualifié d’historique.

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5 juillet 1979 : L’avocat général de la Cour de sûreté de l’État achève son réquisitoire contre les 21 membres présumés du Front de Libération Nationale de la Corse (FLNC), dans le cadre du procès qui se tient depuis le 14 juin 1979 à Paris. 15 à 20 ans de réclusion criminelle contre les principaux accusés Mathieu-Dominique Filidori, François Lorenzi et Jean-Paul Roesch. 5 à 10 ans de détention contre certains accusés dont Michel Padovani, Pierre Lorenzi, Jean-Toussaint Casamata et Jean-Toussaint Sisti.
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11 juillet 1979 : Après 5 heures 40 minutes de délibérations, la Cour de sûreté de l’État rend son arrêt dans le procès des militants nationalistes corses à Paris.
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Lors de ce procès, Jean-Paul Roesch est condamné à 13 ans de réclusion criminelle pour son appartenance au FLNC. Michel Padovani comparaissant libre (c’est-à-dire non détenu au moment du procès). Il ne s’est pas présenté à l’audience au dernier moment devant les magistrats. La Cour a décerné un mandat d’arrêt à son encontre et l’a condamné à 4 ans de détention.


- En 1980, avec Batti Darnaud et Tony Paoli il se retrouve au centre de détention d’Eysses de Villeneuve-sur-Lot. ‘Source photo Michel Padovani’

- 1981 : Avec l’amnistie de François Mitterrand, plusieurs militants sont libérés.

1999 – Une affaire classée sans suite
À la suite d’une dénonciation anonyme l’accusant d’être impliqué dans un trafic de fausse monnaie, Michel Padovani fait l’objet d’une perquisition et d’une enquête approfondie. Aucun élément probant n’est découvert. L’affaire se conclut par un non-lieu, assorti d’une indemnisation pour préjudice subi. Aucune condamnation pénale n’est prononcée.
AVRIL 2018 – Signataire du collectif PATRIOTTI
Des anciens prisonniers politiques corses dénoncent une répression persistante après leur peine, via le FIJAIT, assimilé à une liberté conditionnelle permanente et jugé rétroactif et illégitime. Ils refusent l’amalgame avec le terrorisme islamiste et contestent un fichage issu du contexte post-attentats qui restreint durablement leurs libertés. Ils dénoncent également des amendes civiles exorbitantes et perpétuelles, contraires à toute réinsertion et constituant une pression psychologique et sociale. Le collectif PATRIOTTI, réunissant une cinquantaine de membres, se crée pour défendre les libertés individuelles et collectives du peuple corse. Ses objectifs prioritaires sont le retrait du FIJAIT pour les patriotes corses et l’effacement des amendes, par des actions juridiques et politiques.

Novembre 2020 – Menaces et attaques publiques
En novembre 2020, Michel Padovani est la cible de menaces explicites proférées sur les réseaux sociaux par Filippo De Carlo, tête de liste « Bastia Forza Nova » aux municipales de Bastia.
Les propos tenus, évoquant des violences physiques, suscitent une vive réaction de plusieurs collectifs patriotes ou politiques, publiés sur le site Unità Naziunale, qui dénoncent une banalisation des menaces et apportent leur soutien public à l’ancien prisonnier politique.
2023 – Dépôt de plainte de l’association Palatinu
L’association corso-française Palatinu dépose plainte contre Michel Padovani pour diffamation. Les faits reprochés portent sur le partage, sur les réseaux sociaux, d’une vidéo parodique, largement diffusée, dont Michel Padovani n’est pas l’auteur. Plusieurs organisations patriotes estiment que cette plainte s’inscrit dans un contexte de conflit politique et idéologique, Palatinu étant accusée par ses opposants de proximités avec des milieux d’extrême droite française hostiles au mouvement national corse.
16–18 juin 2024 – Mobilisation et première audience
À l’annonce de la convocation judiciaire, de nombreux collectifs et organisations patriotes (Core in Fronte, Patriotti in Lotta, Aiutu Patriotticu, Bastia In Core) appellent à un rassemblement de soutien devant le tribunal de Bastia le 18 juin 2024. L’audience est finalement renvoyée à une date ultérieure.
3 septembre 2024 – Audience au tribunal correctionnel de Bastia
L’audience se tient le 3 septembre 2024 à 14h au tribunal correctionnel de Bastia, en présence de nombreux soutiens. Michel Padovani conteste fermement les accusations, dénonce des propos calomnieux tenus à son encontre par Palatinu, et rappelle son parcours militant ainsi que l’absence de toute condamnation pénale pour les faits invoqués.
Réquisitions du parquet – Demande de relaxe
À l’issue des débats, le procureur de la République requiert la relaxe de Michel Padovani. La défense, assurée par Maître Giuduci, est saluée par ses soutiens pour une plaidoirie jugée solide et argumentée.
8 octobre 2024 – Délibéré attendu
Le tribunal annonce que sa décision a été rendue le 8 octobre 2024. Dans l’intervalle, les organisations patriotes réaffirment leur soutien à Michel Padovani, qu’elles présentent comme un militant historique injustement poursuivi pour des raisons politiques. Le tribunal l’a relaxé des faits qui lui étaient reprochés. La décision intervenant après que le procureur avait requis sa relaxe et que la défense – assurée notamment par Maître Giuduci – avait présenté ses arguments
Une affaire à forte portée symbolique
Au-delà de l’aspect judiciaire, l’affaire Padovani cristallise un affrontement idéologique au sein de l’espace politique corse, opposant des militants historiques de la lutte nationaliste à des structures accusées de détourner cette lutte au profit de logiques communautaires ou d’alliances avec l’extrême droite française. Pour ses soutiens, le procès illustre une tentative de criminalisation de la parole militante.

