(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 13 décembre 2025) La prison de Pampelune, à Iruñea, est de nouveau le théâtre d’une mobilisation aussi radicale que désespérée.
Le prisonnier politique basque Patxi Ruiz a entamé, le 9 décembre, une grève de la faim illimitée pour dénoncer le manque chronique de soins médicaux au sein de l’établissement pénitentiaire. Un geste lourd de sens, qui intervient après des mois d’alertes ignorées et dans un contexte marqué par la mort d’une détenue âgée, Begoña, conséquence directe, selon lui, de cette « gestion déplorable » des services médicaux.
Une alerte répétée, une situation inchangée
Ce n’est pas la première fois que Patxi Ruiz tire la sonnette d’alarme. Dès septembre, il observait une journée de grève de la faim pour dénoncer la dégradation de ses conditions de détention et, plus largement, celles de l’ensemble des prisonnier·es. Il pointait alors l’interruption arbitraire de la distribution d’un complément nutritionnel pourtant prescrit médicalement, symbole d’un mépris institutionnalisé pour la santé des détenus.
Trois mois plus tard, rien n’a changé. Pire : la situation s’est aggravée. Dans une note adressée à la direction pénitentiaire, Patxi Ruiz explique que l’absence de soins adaptés et le manque d’attention médicale ont désormais un visage et un nom : Begoña, une femme âgée décédée derrière les murs de la prison. Une mort qui n’est pas un accident, mais l’aboutissement d’un système carcéral qui considère la santé des personnes enfermées comme une variable négligeable.
La prison comme espace de violence institutionnelle
Condamné en 2002 à trente ans de prison, Patxi Ruiz Romero est incarcéré depuis plus de deux décennies. Militant politique basque, critique de la dissolution d’ETA et aujourd’hui engagé au sein du collectif dissident Amnistia Ta Askatasuna (ATA), il incarne une figure de résistance politique que l’administration pénitentiaire n’a jamais cessé de surveiller et de sanctionner.
Mais au-delà de son parcours politique, c’est la condition commune des prisonnier·es qui est ici en jeu. Le manque de personnel médical, les retards de prise en charge, la non-application de prescriptions et l’indifférence face aux pathologies chroniques transforment la prison en un espace de violence institutionnelle permanente. La grève de la faim devient alors l’ultime moyen de se faire entendre, lorsque toutes les autres voies ont été fermées.
Un appel à la solidarité
En décidant d’une grève de la faim illimitée, Patxi Ruiz met sa santé, et potentiellement sa vie, en danger. Ce choix n’est ni spectaculaire ni symbolique : il est le résultat d’un rapport de force imposé par l’institution carcérale elle-même. Lorsque le droit fondamental à la santé est bafoué, le corps devient le dernier terrain de lutte.
Face à cette situation, le silence serait une complicité. La mobilisation autour de Patxi Ruiz doit dépasser son cas individuel pour dénoncer l’ensemble des politiques pénitentiaires qui organisent le déni de soins et l’isolement. Exiger des soins dignes en prison, c’est rappeler que la privation de liberté ne peut jamais signifier la privation de droits.
Déjà en 2020, une grève de la faim de 31 jours, dont 12 jours de grève de la soif
En mai–juin 2020, le prisonnier basque Patxi Ruiz, incarcéré à Murcia II, entame une grève de la faim de 31 jours, dont 12 jours de grève de la soif, pour dénoncer ses conditions de détention et les violations de ses droits, aggravées par le contexte du Covid-19. Son état de santé se dégrade fortement, entraînant une hospitalisation et suscitant une vive inquiétude de ses proches et d’organisations de soutien. Un large mouvement de solidarité se développe au Pays basque et ailleurs, avec des manifestations, rassemblements et grèves de la faim de soutien, en prison comme dans la rue. Les soutiens dénoncent l’exception pénitentiaire appliquée aux prisonniers politiques basques, notamment la dispersion et l’isolement. Après 31 jours, Patxi Ruiz met fin à sa grève de la faim, annonçant lui-même sa décision.
Tuninu

