(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 4 décembre 2025 à 15h30) Le STC rappelle qu’il alerte depuis des années sur le coût excessif des carburants en Corse, aggravé par un monopole de fait depuis 2009 avec la cession des activités de Total et Esso au groupe Rubis.
Le syndicat dénonce l’impact de l’insularité, de la TGAP et de l’absence de concurrence sur les prix. Malgré des outils législatifs existants permettant une régulation, aucune volonté politique réelle n’a été exprimée. Le STC demande transparence, régulation du marché, protection du pouvoir d’achat et sécurisation de l’approvisionnement énergétique. Il propose également que l’amende infligée aux distributeurs soit redistribuée selon des critères sociaux.
Tuninu
Le communiqué du STC avec prière d’insérer :Le problème du prix des carburants est prégnant depuis des décennies. Depuis que la réglementation des prix a été supprimée, c’est-à-dire en 1985. À cette époque, la Corse avait le prix de l’essence le moins cher de France. Depuis plusieurs semaines, parce que l’Autorité de la concurrence a sanctionné les représentants des DPLC, chacun semble découvrir l’ampleur de ce problème en Corse. Responsables politiques, acteurs sociaux, institutions diverses : tous découvrent la situation et y vont de leurs propositions tendant à récupérer tout ou partie de l’amende de 187,5 millions. Depuis des années, le STC dénonce sans relâche cette situation. Il est nécessaire de rappeler quelques vérités.
En 2009, lorsque Total et Esso se sont retirés du marché corse, cédant leurs parts au groupe Rubis, le STC avait alerté, à l’époque, sur le danger que représentait cette opération. En l’absence de véritable concurrence, cette cession aboutissait de fait à la constitution d’un monopole. À cette date, l’Autorité de la concurrence avait validé cette opération sans émettre aucun avis contraire.
Le maillage territorial des stations-service en Corse (plus de 130 stations) n’est pas en cause. Il contribue à un service de proximité compte tenu des difficultés de déplacement et permet aux habitants de disposer d’une offre proche de leurs domiciles. Rappelons qu’en 2007, lors de la création du Collectif contre la vie chère, les syndicats s’inquiétaient déjà du prix excessif des carburants.
Dès cette époque, nous dénoncions les risques évidents : perte d’autonomie, dépendance totale à un seul opérateur, impossibilité d’une régulation efficace des prix et in fine fragilisation de l’ensemble des consommateurs ainsi que de l’économie insulaire. De même, le STC avait alerté en 2012 sur l’impact de la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes), qui venait alourdir mécaniquement le coût du carburant en Corse, déjà structurellement plus élevé du fait de l’insularité et des contraintes d’approvisionnement. Cette taxe de 7 % est payée dans son intégralité, la Corse ne bénéficiant pas de biocarburants. Les pouvoirs publics avaient alors indiqué l’absence d’infrastructures adaptées (pipelines, réservoirs) et qu’aucun projet n’était prévu.
En 2019, lors de l’ouverture de la Conférence sociale, le STC a de nouveau dénoncé la dérive du système d’approvisionnement et le manque de transparence sur la formation des prix. Nous avons porté des propositions concrètes, alerté sur l’urgence d’agir et demandé une réforme de fond : situation de monopole, passage obligatoire par un seul opérateur à Fos-sur-Mer, capacité de stockage insuffisante, absence de régulation des prix. Nous étions isolés et personne ne soutenait l’indispensable régulation.
Pourtant, des outils juridiques existent, comme le décret Lurel de 2012 réglementant les marges des grossistes et les prix des carburants dans les DOM, ou les articles L410-2 et L410-3 du Code du commerce permettant des mesures en cas de monopole ou de difficultés d’approvisionnement. À périmètre législatif constant, ces mesures peuvent être appliquées rapidement. Ce qui manque aujourd’hui, c’est une réelle volonté politique de remédier à cette situation discriminatoire.
Une telle régulation permettrait une amélioration immédiate du pouvoir d’achat des travailleurs et retraités modestes, contraints d’utiliser leurs véhicules personnels. Pour les travailleurs en particulier, elle s’ajouterait à la généralisation de l’ITRC (Indemnité de Trajet Région Corse), actuellement discutée entre syndicats et organisations patronales.
Alors que la question du carburant explose enfin dans le débat public, il est indispensable de rappeler que le STC revendique : la transparence totale sur la formation des prix ; la fin des situations monopolistiques ; l’adaptation du cadre réglementaire aux réalités insulaires ; la protection du pouvoir d’achat des Corses ; la sécurisation de l’approvisionnement énergétique de l’île. Si chacun propose aujourd’hui de réaffecter le montant de l’amende à la société corse, le STC revendique qu’une redistribution éventuelle se fasse selon des critères sociaux, ou via la création d’un fonds d’aide aux déplacements pour les personnes en difficulté.
U STC ùn hà mai lasciatu u campu. Oghje cum’è eri, simu quì per difende i Corsi.

