(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 19 octobre 2025) Se tenait ce matin une conférence de presse sur la thématique de la répression contre un militant de Core In Fronte, Olivier Sauli, sous le coup d’un FINIADA.
Conflit autour des engagements de l’État français envers les anciens prisonniers politiques corses
Avant de commencer la conférence de presse, un hommage a été rendu à Stefanu Leca.
Lors de la visite du ministre français de la Justice Gérald Darmanin en Corse en février 2025, plusieurs engagements avaient été pris concernant les anciens prisonniers politiques, notamment la levée de certaines poursuites administratives et judiciaires, parmi lesquelles l’inscription au FIJAIT (fichier des auteurs d’infractions terroristes) et au FINIADA (fichier interdisant la détention d’armes).
Le mouvement Patriotti in Lotta dénonce aujourd’hui la non-application de ces engagements. Il cite notamment le cas d’Olivier Sauli, ancien prisonnier politique, toujours soumis à une interdiction de détention d’armes, mesure contestée depuis plusieurs années sans réponse favorable des autorités. Une levée temporaire du FINIADA, annoncée en septembre par la gendarmerie de Porto-Vecchio, a finalement été annulée, renvoyant la décision à la préfecture.
Pour le collectif, ces revirements traduisent une absence de volonté politique réelle de la part de l’État et constituent une entrave à la réinsertion des anciens prisonniers politiques. Patriotti in Lotta demande une rencontre urgente avec le préfet de Corse et appelle l’exécutif de l’Assemblée de Corse à intervenir pour que les engagements français soient respectés.
Le mouvement réaffirme enfin son soutien à l’ensemble des victimes de la « répression politique » et dénonce le classement sans suite de l’enquête sur l’assassinat d’Yvan Colonna.
J.R Balzano
Voici le texte de la conférence de presse, crédit photos Julie.

POUR UNE RÉELLE LISIBILITÉ DES INTENTIONS GOUVERNEMENTALES
Lors de la venue de M. Darmanin, ministre français de la justice à la Collectivité de Corse en février 2025, la situation exposée des anciens prisonniers politiques et les engagements officiels et publics pris à leur égard devaient signifier la cessation d’un certain nombre de poursuites.
Parmi ces poursuites figuraient l’inscription au fichier des auteurs d’infractions terroristes (Fijait), au fichier national des personnes interdites d’acquisition et de détention d’armes (Finiada), et la politique de paiement des amendes financières.
Les engagements alors pris avaient aussi pour vocation d’accompagner les discussions politiques en cours, elles demeurent d’actualité, sur le projet d’autonomie pour la Corse. Ils témoignent de l’incontournable dimension politique des procédures policières, judiciaires et pénales liées au contexte historique et revendicatif corse.
En septembre 2018, alors sous l’égide de « Patriotti », les situations d’Alain Ruggeri et Olivier Sauli avaient été mises en relief. Tous deux avaient alors subi arrestation, exil, incarcération et condamnation. Remis en liberté depuis, ils étaient l’objet d’un nouvel harcèlement sous la forme « d’interdiction d’acquisition et de détention d’armes des catégories B et C et d’armes de catégorie D soumises à déclaration ».
Cette interdiction, outre sa nature administrative, a surtout pour objet de les proscrire de toute possession et utilisation de fusils et de carabine de chasse. En Corse, la chasse est une réalité historique, culturelle, sociale, transmise de génération en génération par coutume familiale, avec ses exigences comportementales, respectueuses de notre environnement. La prohiber participe d’une « décorsisation » de fait.
Olivier Sauli, par le biais de son avocat, a naturellement contesté cette mesure. Malgré des appels réitérés, des courriers adressés dans ce sens auprès de la Préfecture française en Corse (le dernier remontant à juin 2024), les autorités concernées ont pendant des années affiché un silence méprisant de refus.
Dans le cadre des discussions en cours, cette disposition réglementaire française n’a plus lieu d’être. Elle doit être impérativement levée.
Le mois dernier, la Gendarmerie Nationale française sise à Portivechju a informé Olivier Sauli de la levée du « Finiada ». Cette annonce, enfin, aurait dû clôturer ces années de combat judiciaire et d’attente et mettre un terme à cette injustice. Que nenni ! Quelques jours après, cette même Gendarmerie reviendra vers M. Sauli pour infirmer ses premières notifications, et préciser « au nom du code de sécurité intérieure » son refus de donner un avis favorable à cet effacement, renvoyant la décision à la Préfecture …
La démonstration est encore faite que décidément ces atermoiements contredisent les engagements officiels pris, et embrouillent la continuité des discussions politiques en cours. Ils témoignent également des limites abusives quant à la réinsertion sociale dés lors qu’il s’agit d’anciens prisonniers politiques… Dans ce système autoritaire, un violeur sinon un pédophile bénéficie d’une plus grande mansuétude et largesse en matière de resocialisation…
Est-il besoin de rappeler le parcours exclusivement politique de Monsieur Sauli, qui ne souffre d’aucune ambiguïté, et de la tentative d’assassinat dont il a été l’objet en novembre 2014, tentative qui elle aussi en matière d’enquête judiciaire pâtit d’une absence totale d’avancée significative ?
U troppu stroppia.
Patriotti in Lotta dénonce ces procédés, outre le fait qu’ils participent d’une écrasante procédure systémique de coercition, mettent de nouveau à mal les engagements officiels français pris.
Patriotti in Lotta demande à rencontrer instamment le Préfet de Corse afin que ces mêmes engagements soient respectés.
Patriotti in Lotta s’adresse également à l’exécutif de l’Assemblée de Corse pour qu’il se saisisse avec vigueur de cette nouvelle discordance.
Il n’est pas question de laisser ouvrir cette boîte de Pandore sous le sceau de cette prétendue sécurité intérieure !
Notre responsabilité politique nous amène à préciser que la meilleure et la plus belle de nos armes est cette conscience politique. Elle détermine chacune de nos pensées et de nos actes selon cet historique dessein national qui nous appartient, et que nous rappelons à l’État français.
Nous renouvelons tout notre soutien à toutes les victimes de la répression politique française.
Nous dénonçons enfin le classement sans suite par le Parquet français de Tarascon de l’enquête préliminaire concernant les conditions de l’ignoble assassinat du patriote Yvan Colonna. Si la raison d’État s’impose avec force, elle ne saurait duper l’intelligence de notre Peuple et son obstination à arracher la vérité.
Simu sempri chivi. A lotta cuntinueghja.
PATRIOTTI IN LOTTA


