#Corse @VCarlotti « LE POSSIBLE ET LE SOUHAITABLE »

J’ai eu , je dois le reconnaître, beaucoup de chance dans la vie: je suis né dans une île magnifique, même si elle a perdu beaucoup de ses attraits depuis une trentaine d’années, j’ai vécu et travaillé sur trois continents, j’ai exercé des métiers passionnants, j’ai eu un certain nombre de responsabilités politiques qui m’ont permis de croiser des hommes et des femmes remarquables, et de participer aux premières loges aux réformes qui ont transformé durablement mon Île, et je n’ai pas à me plaindre de la vie de famille que j’ai eue.

Dans cette longue et riche vie j’ai appris deux choses. Bien sûr ce n’est pas beaucoup mais, au regard de ce que j’observe autour de moi, c’est déjà ça:

  1. On ne choisit jamais entre une bonne et une mauvaise solution, mais entre deux mauvaises solutions celle qui apparaît la moins mauvaise au moment du choix.
  2. Avant d’élaborer le projet clés en main d’un nouveau monde idéal, mieux vaut d’abord s’attacher à éviter que celui ou nous vivons qui se dérobe sous nos pieds ne finisse par sombrer..

C’est à la lumière de ces deux fruits de mon expérience que j’observe, atterré, les événements politiques qui secouent la gauche française, et singulièrement le parti socialiste.

J’ai milité 35 ans au parti socialiste, aux cotés de Michel Rocard jusqu’à ce qu’il renonce à animer la sensibilité à laquelle nous appartenions. Je m’en suis éloigné il y a 4 ans, mais je reste bien sûr attaché et, je crois, fidèle à mes engagements de jeunesse.

Les rocardiens, comme on nous appelait alors étaient minoritaires au sein du PS. Ils ont été , et c’est le moins que l’on puisse dire, maltraités et souvent méprisés par les amis de Mitterrand et de Chevènement. Pourtant, jamais ils n’ont eu envers leurs adversaires au sein du PS cette attitude haineuse, cette hargne surréaliste qui caractérise ceux qu’on appelle les frondeurs, au point qu’ils réservent à leurs co-locataires au sein du PS – pardonnez moi mais je ne me sens pas capable d’employer le mot ami, encore moins le mot camarade – les coups les plus rudes et les plus tordus, et ménageant inexplicablement la droite au moment même ou elle se prépare à revenir aux affaires.

J’ai appris de cette période de ma vie, que quand on et minoritaire dans un parti, on se bat bien sûr opiniâtrement pour faire reconnaître ses points de vue, et si on n’y parvient pas il ne reste, quant on est un homme d’honneur, que deux solutions: accepter la position majoritaire ou s’en aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte.

Qu’ils choisissent , comme je l’ai expliqué plus haut laquelle de ces solutions leur apparaît la moins mauvaise, mais qu’ils arrêtent ce cinéma grotesque dont se régalent les médias qui, comme chacun sait, ont peu d’affinités avec la gauche et travaillent à sa perte.

On peut aussi, on doit en fait , au sein d’un parti proposer et construire une vraie alternative quand on récuse la politique de la majorité. Force est de constater que je n’ai encore rien vu de tel, en tout cas rien qui soit à la hauteur d’un vrai projet politique: à moins bien sûr que l’on considère que s’opposer à toute évolution de notre société et proposer au pays d’avancer en regardant dans le rétroviseur constitue un projet politique. Les conservateurs de droite le font très bien, ils semble qu’ils aient trouvé leurs homologues à gauche.

C’est là une méthode qui non seulement ne trace aucune perspective qui soit de nature à intéresser le peuple français et l’incite à se détourner de la tentation du pire, mais elle sabote délibérément toute tentative de rénover en profondeur la pensée sociale démocrate pour l’adapter aux temps que nous vivons et préparer l’avenir de nos enfants dans un monde en train de basculer sur son axe.
Comme je l’ai dit plus haut, faute d’être capables d’élaborer la nouvelle doxa qui manque terriblement à la gauche socialiste pour affronter les temps troublés qui sont devant nous, qu’ils prennent bien garde à ce que le monde dans lequel ils vivent encore ne se dérobe sous leurs pas et sous ceux qui espèrent que la gauche française ne désertera pas son siècle.

Blog Vincent Carlotti

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