#Corse « Etxerat dénonce le véto prononcé contre Jone Artola et la criminalisation de l’association »

ETXERAT. Le délégué du Gouvernement espagnol Carlos Urkijo avait dénoncé et déposé un recours en 2013 contre le choix de Jone Artola comme Txupinera des fêtes de Bilbao. La semaine dernière, le tribunal administratif de Bilbao a confirmé ce recours, qui mentionne le travail de Jone Artola comme porte-parole d’Etxerat. Etxerat a donné hier une conférence de presse à Bilbao pour dénoncer la criminalisation de Jone et de l’association, à laquelle ont participé des familles qui ont été porte-parole de l’association et Jone elle-même. À la question des journalistes, celle-ci a déclaré que pour certains, la condition de parent d’un prisonnier ou d’une prisonnière politique basque est « d’une autre catégorie ». Ainsi, elle a rappelé que Sonia Polo (également présente à la conférence de presse) avait reçu une balle dans l’épaule quand elle était Txupinera.

D’autre part, également en réponse aux questions, Urtzi Errazkin a qualifié les déclarations du Président de la CAV Urkullu de la semaine passée de « graves et injustifiables ». Urkullu a reconnu qu’il y a avait des aspects positifs dans la dispersion. Errazkin s’est demandé ce qu’Urkullu cherchait à justifier avec ces paroles, et rappelé les 16 victimes mortelles de cette politique. Il a déclaré que faire 800 km ou 400 km est considéré comme de la dispersion de la même façon, et que dans tous les cas les droits des familles sont violés. Errazkin a également rappelé que c’est dans ce rayon de 500 km qu’Urkullu ne considère pas comme de l’éloignement que se sont produits 13 des 16 accidents qui ont coûté la vie à des parents de prisonniers.

Voici le texte de la conférence de presse :

Dans cette conférence de presse d’Etxerat, l’association des familles de prisonniers et d’exilés politiques basques, sont présents différents membres de ces familles qui, à des époques diverses, ont été porte-parole de l’association. Nous le faisons pour protéger Jone Artola, également présente, et pour dénoncer une stratégie de criminalisation contre l’association Etxerat par le biais du véto que l’État espagnol prétend exercer contre elle en raison de sa désignation comme Txupinera des fêtes de Bilbao de 2013. Entre autres choses, c’est sa fonction de porte-parole d’Etxerat qui a été soulignée. Est-il incriminant de participer à Etxerat ? Est-ce un délit, ou une offense, de donner une voix aux témoignages de ceux qui font face jour après jour au poids et au danger de la dispersion ? Est-ce un délit de faire face aux violations systématiques des droits de centaines de citoyens ?

Ce recours criminalise les organisations associées à la solidarité envers les prisonniers politiques basques. Et dans cette décision, le travail de porte-parole d’Etxerat, association qui, nous le rappelons, travaille pour les droits humains, fait partie des éléments qui appuient ces accusations. Le Procureur et le Tribunal du Contentieux Administratif n°1 de Bilbao, sur la demande du délégué du Gouvernement espagnol Carlos Urkijo, trouvent normal et digne de mentionner le travail de Jone dans une association comme la nôtre, qui travaille pour la reconnaissance, l’assistance et le témoignage de personnes dont les droits sont niés, droits que ces mêmes institutions sont censées protéger et garantir.

Nous voulons faire comprendre à la société la gravité de ce fait. L’association Etxerat est mentionnée à la fois pour criminaliser un travail absolument légal et légitime, et entacher notre association et toutes les personnes que nous représentons. Cette stratégie contre l’entourage solidaire des prisonniers, contre Jone et Etxerat, met en évidence l’utilisation de toutes les occasions par l’État espagnol de poursuivre sa campagne médiatique de diffamation, qui définit Etxerat comme « l’association de soutien aux prisonniers de ETA », et que les médias qui se sont mis au service de ces mensonges continuent de relayer. Le travail d’Etxerat se situe exclusivement dans le domaine des droits humains, dont les violations concernent en effet les prisonniers, mais aussi les parents et amis de ces derniers, un aspect qui est toujours occulté. Ce travail est public, il est mené dans la société basque, avec ses acteurs politiques et sociaux et ses institutions. Nous ne pouvons pas admettre que la défense des droits humains de toutes les personnes puisse constituer une offense.

Par conséquent, nous croyons que ce que recherche le gouvernement espagnol est attaquer les piliers de la cohabitation et de la paix de ce pays, qu’Etxerat, comme un grand nombre d’autres associations, travaille à construire. Mais par-dessus tout, ce véto attaque les parents de prisonniers qui ont tenu ou qui tiennent le rôle de porte-parole, comme c’est le cas de Jone. Encore une conséquence de la dispersion, mesure qui affecte la dignité de centaines de personnes, en attaquant leur santé, leurs finances, leur travail, leurs relations personnelles, intimes et familiales, leur repos, leur temps libre… leur vie entière. Elle entraîne de nombreuses et importantes difficultés dans la vie de chacun de nous, et a plongé la société basque dans la douleur à 16 reprises, en tuant des personnes obligées de voyager pour voir leurs êtres chers. Victimes que la politique de dispersion qui les a affectés avant et après leur mor, et pas seulement dans leur dignité. Victimes que l’on veut enterrer dans l’oubli, victimes mortelles non-reconnues. Nous parlons ici de la dignité de centaines de victimes, celles qui forment Etxerat. Personnes qui luttent pour la reconnaissance de leurs propres droits

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