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@EdmondSimeoni «La victoire électorale du nationalisme #corse est la juste victoire d’une lutte vieille de plusieurs siècles»

Le 13 décembre dernier, les forces nationalistes remportaient haut la main les élections territoriales en Corse, grâce à une stratégie d’union similaire à celle adoptée chez nous par Eusko Alkartasuna et EH Bildu. Depuis le Pays Basque, nous suivons le processus corse avec grand intérêt et beaucoup d’espoir quant aux conséquences que celui-ci pourrait avoir pour l’ensemble de l’Etat français.

Dans un entretien accordé à notre revue, le Docteur Edmond Simeoni -fondateur du nationalisme corse moderne et père de l’actuel Président du Conseil Exécutif de Corse- revient sur cette victoire éclatante qui a porté les nationalistes à la tête de l’exécutif insulaire.

Celui qui a consacré sa vie à la cause corse rappelle la genèse de la prise de conscience identitaire dans les années 60, dans un contexte d’abandon total de l’île par la grande puissance française, la naissance du FLNC en 1976 après les tragiques évènements d’Aleria qui constituèrent le point de départ de la révolte corse contemporaine, puis la politique répressive qui s’ensuivit ainsi que les pratiques barbouzes de la police parallèle de l’Etat dans l’île. Une situation explosive apaisée partiellement par l’adoption d’un statut particulier sous la présidence de François Mitterrand et par l’élection de 7 députés autonomistes dans la toute nouvelle Assemblée de Corse en 1982. Mais depuis, aucune volonté réelle d’aborder la « question corse » dans sa vraie dimension politique de la part des gouvernements successifs, donc aucune avancée significative…

Dans ce contexte, le désir des différents acteurs du mouvement national de surmonter leurs divergences (action démocratique VS action clandestine/lutte pour l’autonomie VS lutte pour l’indépendance) et le dépôt des armes par le FLNC en 2015, ont rendu possible l’union des forces nationalistes qui s’est imposée comme une urgence et s’est avérée être un élément clé de la victoire électorale de décembre 2015.

Ceci étant, le nouvel exécutif hérite d’une situation pour le moins difficile, avec de graves problèmes à résoudre tels que la question du traitement des déchets ou celle des transports maritimes et devra de plus construire une véritable démocratie pour en finir avec le système claniste et clientéliste en vigueur sur l’île depuis des décennies. Mais Edmond Simeoni insiste : la Corse dispose d’atouts essentiels puisque l’île bénéficie de 10 milliards d’euros d’épargne, possède d’énormes richesses naturelles et pourra compter sur l’importante ressource humaine que constituent sa jeunesse et la force de la diaspora insulaire. La priorité est bien entendu le développement économique de l’île : il est impératif de prendre les bonnes décisions pour repenser le tourisme, moderniser l’agriculture et l’orienter vers la production biologique, développer les nouvelles technologies, l’informatique, la robotique, les énergies renouvelable, etc. L’éducation, la culture, le développement durable et l’environnement sont également des dossiers prioritaires. De plus, l’objectif du nouvel exécutif est d’ouvrir la Corse vers l’extérieur, par le biais de collaborations culturelles et économiques. Son souhait est d’exporter la Corse vers la Méditerranée et vers le reste de l’Europe.

Cependant, les dirigeants nationalistes sont préoccupés par l’attitude de l’Etat français qui, pour le moment, tourne le dos aux principales délibérations approuvées démocratiquement par l’Assemblée de Corse (statut de résident, co-officialité de la langue, réforme de la Constitution française, reconnaissance du peuple corse, autonomie politique et financière). Les élus nationalistes continueront à tendre la main pour permettre le dialogue et trouver une solution conforme aux intérêts des 2 parties, conscients du fait que la lutte du peuple corse pour la défense de sa terre et de son identité est légitime, qu’elle suit le cours de l’histoire et est en conformité avec les droits des peuples à disposer d’eux-mêmes. Sur ce long chemin de la liberté perdue lors de la bataille de Ponte Novu en 1769, le Docteur Simeoni ne pense pas que le peuple français soit hostile au peuple corse : « Nous entretenons avec lui une relation profonde, faite de liens tissés tout au long de notre histoire commune et qui unissent nos sociétés respectives », précise-t-il.

EdmondSimeoniAleria75-2014 (4)Quant aux échanges avec les autres Nations d’Europe sans Etat, ils s’inscrivent dans une démarche d’internationalisation de la lutte et de recherche de solidarités initiée à la fin des années 70. Le leader nationaliste évoque à cette époque un voyage « merveilleux, instructif, accueillant » au Pays Basque au cours duquel, accompagné de 2 autres militants autonomistes, il rencontra des artisans, des représentants du secteur de la pêche, de très nombreux militants de la gauche abertzale et fut reçu officiellement et de façon très fraternelle par le Président Garaikoetxea. Ce fut-là le début d’un soutien constant du peuple corse pour la lutte du peuple basque et son droit à l’autodétermination. Et Edmond Simeoni de conclure : « Nous sommes des peuples frères dans la résistance, dans l’exigence de liberté. Nous vaincrons, comme les Catalans, les Ecossais, les Irlandais et tous les autres, encore soumis mais unis par le même espoir. 

Blog Edmond Simeoni

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