Interpellation musclée d’une jeune #corse sur Paris

Le 7 mai 1987 : Ghjuvan’Andria Mozziconacci, interpellé le vendredi 21 mars dernier à Paris, relate dans une lettre datée du 7 mai 1987, la garde à vue musclée dont il a été la cible.

Garde à vue « musclée » à Paris pour un jeune corse

(Corse – Répression) Interpellé le 21 mars 1987, Ghjuvan’Andria Mozziconacci est aujourd’hui détenu à la prison de la Santé. Avant d’être déféré devant la Section Spéciale du Parquet de Paris, ce patriote a  connu les quatre jours de garde-à-vue qui sont devenus la règle dès qu’il s’agit de patriote corses.

Son refus de répondre aux enquêteurs, et surtout de permettre l’identification de celui qui l’accompagnait, lui a valu un interrogatoire du genre « musclé ».

Il nous a envoyé le récit de cette période.

Un témoignage accusateur pour la police coloniale, mais aussi  un exemple de fermeté face à la répression.

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Voici la lettre de Ghjuvan’Andria Mozziconacci du 7 mai.

Cari frateddi,

Je porte à votre connaissance et à la connaissance de notre peuple cet humble témoignage concernant les conditions de mon interpellation, les violences et humiliations subies dans les locaux du commissariat de Boulogne Billancourt (hauts de seine).

Les méthodes policières doivent effectivement être vivement dénoncés et condamnées, lorsque les principes les plus élémentaires de la dignité humaine sont bafoués et foulés aux pieds, il est un devoir d’œuvrer afin de réhabiliter et de les faire respecter en utilisant tous les moyens dont nous disposons.

Il s’agit de dire aujourd’hui plus que jamais à ceux qui consciemment ou inconsciemment acceptent l’inacceptable et de faut cautionnent un système qui vise au non respect de la personne humaine dans ses aspirations les plus profondes et les plus légitimes, que l’indifférence est le plus bas degré de la liberté.

La répression met chacun en face de ses responsabilités (la répression et ses dessous). Quant à nous, nous poursuivons dans la sérénité notre combat pour la dignité, la justice et la liberté.

Je fus donc interpellé le vendredi 21 mars à 03h25 du matin (la personne qui se trouvait en ma compagnie réussit à tromper l’habileté de l’Urbaine) et parvint à prendre la fuite, et  s’il m’est permis de le faire, je tiens aujourd’hui à la saluer comme il se doit).

Une fois maitrisé, je fus immédiatement transporté dans les locaux du commissariat le plus proche.

Une première mise à nu « de principe » eut lieu : jusque là rien de vraiment nouveau et d’extraordinaire…

Une vingtaine de minutes plus tard, 2 inspecteurs de la P.J. avisés de la situation, firent leur apparition et sans perdre de temps se mirent à l’ouvrage.

Ces 2 messieurs me firent entrer dans un bureau en ayant pris la précaution de poster un gendarme devant la porte, sans aucun doute afin que ce dernier puisse jouir du spectacle qui allait suivre, à moins que ce ne soit afin qu’il puisse s’initier à l’art de traiter ceux qui osent toucher aux intérêts de la République une et indivisible ! Tamanta qualità !

Irrités par mon refus de dévoiler quoi que ce soit quant à nos intentions et quant à l’identité de la personne qui parvint à prendre la fuite (ce qui semblait les préoccuper terriblement, on le serait  à moins…) les coups commencèrent à pleuvoir, des coups portés essentiellement à la tète, au cou et derrière la nuque ; je fus projeté à plusieurs reprises contre le mur ce qui m’occasionna une lésion à la tempe droite.

Après s’être accordés quelques minutes de répit, ils repartirent en besogne.

Un violent coup de bottes dans les parties me fit quasiment tomber à terre, en me redressant je pris soin bien évidement de protéger de mes mains cette partie du corps, ce qui de toute évidence déplut à mes agresseurs, puisqu’ils m’obligèrent à les retirer afin de réitérer leur action.

Fin de la première partie.

Un quart d’heure plus tard, un nouveau face à face eut lieu. Je fus contraint à me dévêtir entièrement (le clou du spectacle), je fus roué de coups, dans cette situation on ne peut plus dégradante et humiliante.

En ramassant mes vêtements un coup de botte fut porté au flanc gauche en précisant bien : « c’est là que ça fait mal ». Je cite.

Fin de la seconde partie.

Dans la journée mon domicile fut perquisitionné à deux reprises, une première perquisition eut lieu dans la matinée, une seconde en début d’après midi.

Lors de la seconde perquisition un inspecteur s’adressant à ses acolytes, s’exprima en ces termes : « Cette fois-ci on va tout foutre en l’air, on va leur apprendre à vivre ». Sans commentaire…

Ensuite ce fut la mise en garde à vue dans les locaux de la brigade criminelle, la duplicité et le vice remplaçaient la violence. Ma position fut claire : à chaque question posée une seule et même réponse : « je n’ai rien à déclarer …»

Piantaraghju quì’ssa testimunianza.

Vi mandu i miò più fraterni è rivoluziunari saluti.

A prestu in Tarra Corsa.

Ghjuvan’Andria

Evviva a Lotta di Liberazione Naziunale.

A RISPOSTA 1987

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