#corse – « À Populu Fattu Bisogn´à Marchjà » #FLNC

Le 25 juin dernier, le F.L.N.C. fait trembler la Corse, mais pour la première fois de son existence, ce n’est pas dû à une nuit bleue. Après 38 années de lutte armée, l’organisation clandestine lâche sa dernière bombe, et décide une démilitarisation progressive, ”sans préalable ni équivoque”. 

flnc logoL’annonce a été rendue publique par un communiqué authentifié de 14 pages, dans lequel le F.L.N.C. livre une analyse juste et pertinente du contexte politique actuel de la Corse. À l’heure où les représentants français disent non à toutes avancées, viennent nous donner des leçons de démocratie, on est en droit de se demander s’il s’agit du moment le plus opportun pour un choix aussi radical. Mais le Front l’explique de la manière la plus simple : c’est justement parce qu’une grande partie de la classe politique insulaire soutien ces avancées qu’il estime le moment venu pour lui de cesser ses activités.

C’est parce que des thèmes qui, il y a cinq ans encore, étaient jugés tabous, sont aujourd’hui débattus et adoptés par l’Assemblée de Corse, à l’image du statut de résident ou encore de la coofficialité de notre langue. Lors de sa création cette nuit de mai 1976, le F.L.N.C. estimait déjà qu’il n’avait pas vocation à supplanter le Peuple, mais qu’il était seulement l’un des outils de son émancipation. Que lorsque le moment serait venu, ça serait au Peuple de prendre son destin en main. Pendant ces longues années, le Front a essayé de remplir au mieux sa fonction, avec son lot de victoires et de défaites, de sincérité et de dérives (inhérentes à ce type de luttes et que l’on retrouve dans tous les pays du monde), de temps forts et de temps faibles.

Ce communiqué est également l’occasion de rendre un ultime hommage à tous les militants tombés pour la cause, ainsi qu’à tous les prisonniers politiques passés ou présents. Mais il est désormais temps de se tourner vers l’avenir. Le combat continue et est loin d’être gagné. L’action populaire doit prendre le pas sur la lutte armée, et cela le F.L.N.C. l’a bien compris.

Il appelle d’ailleurs ses militants à rejoindre les rangs des mouvements publics. Il exhorte la jeunesse ”qui n’accepte pas le sort réservé à [son] pays […] à franchir le pas de l’engagement et à rejoindre l’organisation de jeunesse qui porte le discours de l’indépendance”.

Cette organisation, on l’a bien compris, c’est la Ghjuventù Indipendentista. Depuis sa recréation il y a un an et demi, elle porte en effet les espoirs d’un Peuple qui refuse de se laisser mourir. Sa tâche sera immense et son rôle primordial, car à l’heure où une radicalisation et une intensification de l’action populaire s’imposent, qui mieux que la jeunesse pourrait insuffler cette énergie et cette dynamique dont nous avons tant besoin? Pour cela, elle devra être à la hauteur de l’enjeu et de nos attentes, et devra compter sur notre soutien sans relâche.

La Corse Libre ne se construira pas sans que tout un chacun y mette du sien, et nous devrons apprendre à lutter différemment. Car si jusque là le Front était le symbole de nos luttes, l’instrument de notre combat, aujourd’hui ça n’est plus le cas. Aujourd’hui il nous faut le remplacer. Aujourd’hui, le Front, c’est vous, c’est moi. Aujourd’hui, le Front, c’est l’ensemble de notre Peuple

Antò Colombani 

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