Fin du communisme en #Corse? « Notre disparition n’est pas à l’ordre du jour » Michel Stefani

Michel Stefani candidat avec Marie Jeanne Fedi (PCF Front de gauche) en Haute Corse répond aux questions de Terre Corse.

PCFURSSrussieCorseCorsicaTC : Michel Stefani, vous êtes en lice pour les prochaines élections sénatoriales en Haute-Corse. Qu’est-ce qui a motivé votre candidature ?

Michel Stefani : La situation de crise dans le pays et une politique dont l’impact en Corse est vérifiable à travers une augmentation du chômage de 12 % en un an. A cela s’ajoute la pauvreté et la précarité qui côtoient une insolente richesse. Ce paradoxe tient au fait que les bas salaires et la cherté de la vie écrasent le pouvoir d’achat des ménages autres que les 1600 plus fortunés disposant d’un revenu annuel moyen de 180 000 euros.

Ne craignez-vous pas le décalage avec ces propos ?

Au contraire ! Justice sociale et justice fiscale sont indissociables. Un parlementaire s’honorerait, nous semble-t-il, d’exiger du gouvernement que la clarté soit faite sur le détournement des réfactions de TVA qui ne profitent pas aux consommateurs mais aux intermédiaires et ensuite au vol de la Taxe de transport au détriment des usagers et au bénéfice des compagnies low cost.

La gauche sera-t-elle, selon vous, en mesure de conserver ce siège malgré la récente débâcle des municipales et des européennes, en Corse comme sur le plan national ?

Ce siège nous verrons. Mais pour ce qui est du groupe des élus communistes républicains et citoyens nous le conserverons indépendamment des résultats décevants imputables pour une grande part aux renoncements de François Hollande et à sa politique de droite désespérante pour la plupart de ses électeurs de gauche.

Vos chances de l’emporter sont réduites, comment abordez-vous ce scrutin ?

Avec lucidité et détermination car ce que nous défendons c’est une politique à gauche, sur un cap nouveau et une certaine conception de l’action publique.

Pour qui appelleriez-vous à voter, si vous n’accédez pas au second tour ?

En faveur de celui qui se situera clairement à gauche et prendra des engagements en ce sens pour combattre la politique d’austérité du gouvernement et de l’Union européenne.

De nombreux observateurs parlent de « fin » du communisme en Corse. Que leur répondez-vous ?

Depuis 1920 ils ne désemparent pas. Ils doivent s’y faire l’histoire de la Corse est marquée par notre empreinte dans la Résistance et la Libération de la Corse, dans toutes les luttes sociales et démocratiques pour vivre mieux…. notre disparition comblerait ces libéraux mais elle n’est pas à l’ordre du jour.

Vous avez fait choix de Marie Jeanne Fedi comme suppléante ? Qu’apportera-t-elle à votre candidature ?

Assurément beaucoup car elle est élue à l’Assemblée de Corse, adjointe au maire de Vescovato et syndicaliste. Elle connaît le terrain, le parcourt inlassablement. Sa réflexion est précieuse au regard de nos objectifs et elle est appréciée pour son action au-delà de notre sphère d’influence.

Si vous êtes élu, quelles seront vos priorités ?

L’emploi, le pouvoir d’achat des ménages populaires, le logement social, la santé, le service public, l’éducation et l’accès à la culture avec une approche non exclusive mais sensible à l’originalité de notre identité, notamment dans la promotion de notre langue.

Concernant l’évolution institutionnelle de l’île, quelle position adopteriez-vous si le sujet venait en débat au Sénat ?

Celle qui répondra à l’exigence posée par l’urgence sociale dont je viens de rappeler les axes principaux. Nous sommes à l’origine de la délibération sur la coofficialité et nous avons voté le transfert de la fiscalité sur le patrimoine pour mettre un terme à l’exonération totale des plus riches. Sur ces deux points nous savions qu’il fallait modifier la Constitution. Nous l’assumons sans prétendre à l’imposer. Notre approche n’est donc pas celle du préalable et de la fuite en avant pour obtenir un pouvoir régional fondé sur la dérogation permanente en tout et sur tout. Enfin, nous considérons que, quelle que soit la portée de la réforme, elle devra être validée par référendum. Marylise Lebranchu a demandé au comité stratégique de transmettre ses propositions.

Un rapport a été rédigé par l’inspecteur général José Colombani. Dans quelle condition l’architecture institutionnelle de l’île changerait-elle ?

Ici on s’en tiendrait à une structure hybride appelée Collectivité de Corse placée sous la tutelle renforcée d’un président qui cumulerait les fonctions essentielles. Il nommerait les futurs présidents des institutions départementales qui continueraient sous une autre appellation. La Commission permanente de ce Barnum régional se réunirait à Corté. Son poids serait disproportionné par rapport aux organes délibérants. Par ailleurs le renforcement des intercommunalités viderait la commune, creuset de la démocratie locale, de sa substance. Voila succinctement de quoi il s’agit.

Le redécoupage territorial est bel et bien lancé. La fonction de sénateur n’est-elle pas remise en cause par cette grande réforme ?

Des méga régions, des métropoles urbaines, des intercommunalités renforcées, c’est la vision ultralibérale de l’aménagement du territoire dont l’objectif principal est la concurrence économique et sociale à l’échelle de l’Europe. Il est question de millions d’habitants de dizaines voire de centaines de milliards en PIB pour ces régions qui percevront les dotations correspondantes aux besoins de cette politique. Les principes de la solidarité nationale sont en cause pour satisfaire ainsi aux exigences dictées par les donneurs d’ordre des marchés financiers. A l’arrivée, c’est moins de dépense sociale utile pour les populations, moins de services et d’emplois publics. Avec ses 300 000 habitants et un PIB de 8 milliards d’Euros c’est un plan dévastateur pour la Corse.

Quel regard portez-vous sur l’action du Sénateur sortant ?

Elle est différente de celle que nous voulons porter avec Marie Jeanne Fedi : ancrée à gauche et dans les territoires.

Comment allez-vous faire campagne auprès des grands électeurs ?

En nous donnant la parole votre journal nous permet de nous adresser à eux hors campagne officielle. Naturellement nous nous tenons à leur disposition et nous ferons en sorte d’en rencontrer le plus possible.

Quel message leur adresserez-vous ?

Pour l’essentiel celui contenu dans les propos qui précédent.

BLOG MICHEL STEFANI

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