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#Corse – « SNCM, Gazoduc Cyrénée : L’économie corse face à ses défis » @F_Alfonsi

La SNCM prend des allures de Titanic, à l’image de son paquebot amiral, le Napoléon Bonaparte, échoué sur un quai marseillais. Chacun sait la catastrophe imminente, et nul ne sait comment l’empêcher.

SNCM, Gazoduc Cyrénée : L’économie corse face à ses défis

La compagnie maritime marseillaise et ses 1600 salariés, dont 600 sont domiciliés en Corse, ce qui en fait, avec EDF, la CCM ou la Poste, un des plus grands employeurs insulaires, va devoir faire face à un naufrage annoncé.

Les chiffres font frémir ; 220 millions d’euros qu’il faudra rembourser à la Collectivité Territoriale de Corse pour avoir bénéficié de subventions qui, au regard du droit européen, étaient illégales car injustifiables économiquement, plus 220 millions d’euros à rembourser à l’État qui avait procédé à une énième recapitalisation de la compagnie alors encore nationale pour ne pas la liquider et pouvoir la refiler à un actionnariat privé qui avait reniflé la bonne affaire. Le fonds d’investissement Butler en sait quelque chose qui a réalisé en quelques années, entre 2005 et 2008, la quintuple culbute (58 millions d’euros de gains pour 15 millions d’euros investis).

Le chiffre d’affaires de la SNCM est de 300 millions d’euros annuels, et il s’accompagne d’une perte de 14 millions d’euros. Autant dire qu’il est exclu qu’elle puisse trouver 440 millions d’euros seule. L’actionnaire Veolia a la possibilité juridique, à travers une clause de retrait négociée en 2005 en cas de remise en cause des subventions de la continuité territoriale, ce qui est le cas, de se retirer purement et simplement du capital et de restituer le contrôle de la société, et les centaines de millions d’euros de trou creusé, à l’État. Or l’État est un actionnaire impotent car toute injection d’argent serait considérée comme illégale, sans compter que l’argent manque cruellement dans les caisses de l’État. En fait ce serait le dépôt de bilan. On sent déjà souffler un vent de panique à bord quand le directeur local de la SNCM dénonce un « complot » contre sa compagnie incluant son allié CMN avec lequel il vient pourtant d’obtenir le marché pour dix ans du service public entre Marseille et la Corse. Le feuilleton pourrait connaître de nouveaux rebondissements, mais l’issue semble quasi-certaine… et très préoccupante. Quelles conséquences sociales et économiques ? La porte sera-t-elle ouverte à une compagnie régionale? Avec quels risques? C’est là un défi considérable pour la Corse.

Un autre grand défi est lancé avec le dossier de l’approvisionnement énergétique de l’île. L’ordre de grandeur est le même, 4 à 500 millions d’euros pour doter la Corse d’une alimentation en gaz naturel sur une grande partie du territoire,et débarrasser l’île du fioul lourd des centrales électriques qui polluent des agglomérations entières. Aménagement du territoire, économie de fonctionnement pour les coûts EDF, modernisation des infrastructures, lutte contre la pollution, réduction des rejets de CO2 dans l’atmosphère, amélioration du bilan carbone de l’île : les avantages sont certains et nombreux. Pourtant les décisions définitives tardent malgré les assurances du Ministère de l’Environnement.

Ces deux exemples montrent les failles de la gouvernance de la Corse. Nous sommes dépendants de décisions qui seront prises à Paris alors que la « souveraineté » de l’État n’est jamais en question dans ces dossiers. Mais, vu de Paris, la situation de Marseille comptera toujours davantage que celle de la Corse, et toutes les décisions prises dans le dossier SNCM depuis l’origine en portent témoignage. Au final nous serons les grands perdants : une crise sociale dans les transports maritimes aura des conséquences négatives avant tout sur l’île, pas à Marseille.

Pour Cyrénée, c’est pareil : les décisions traînent faute de prise en compte des spécificités de l’île, et l’incertitude s’installe.

Pour faire face aux grands défis économiques qui engagent son avenir, la Corse a plus que jamais besoin d’une autonomie réelle, pour pouvoir décider en fonction de ses intérêts propres, et en temps et heure !

François ALFONSI

(…)

CorsicaInfurmazione.org by @Lazezu 

Revue de Presse et suite de l’article  : 

 

Corsica Infurmazione: l’information de la Corse, des Réseaux sociaux et des Blogs politiques [Plateforme Unità Naziunale]

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