(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 8 décembre) Les RDV et affiches sur le groupe Terra, Populu, Nazione (<– Lien ici)
Le 30 janvier 1735, la consulta d’Orezza réunit les principaux chefs de la Nation corse — Hyacinthe Paoli, Louis Giafferi et André Ceccaldi — et adopte un texte affirmant la rupture définitive avec Gênes. L’île se déclare indépendante, adopte un hymne national et se place symboliquement sous la protection de la Vierge Marie. Une fête nationale, la Festa di a Nazione, est instituée : elle sera célébrée le 8 décembre, jour de l’Immaculée Conception.
Cette date, comme dans d’autres pays, n’est pas directement liée à l’événement politique fondateur. À l’image du 14 juillet français, souvent associé – à tort – à la prise de la Bastille, la fête corse s’appuie sur un lien indirect. Lors de la Consulta d’Orezza, il est décidé que la Corse sera consacrée à l’Immaculée Conception, dont la fête tombe le 8 décembre. C’est cette référence religieuse, bien antérieure à la reconnaissance officielle du dogme en 1854, qui sera retenue comme jour de célébration nationale. Au fil du temps, certains ont simplifié ou mal interprété les documents d’époque, suggérant que la Consulta aurait eu lieu le 8 décembre, ce qui est historiquement inexact.
Deux versions du texte de la Consulta ont été retrouvées : un document long mentionne explicitement la protection mariale, tandis qu’un second, rédigé par Sébastien Costa, plus bref et plus laïcisé, ne l’évoque pas. Ces divergences ont alimenté débats et interprétations entre historiens sur la version « authentique ».
Aujourd’hui, la Festa di a Nazione prend aussi une dimension culturelle marquée. Si l’Université a fait de ce jour un véritable jour férié, l’Éducation nationale a choisi une approche pédagogique : chaque année, écoles et établissements organisent discussions, chants, ateliers ou visites pour transmettre la langue et la culture corses. Cette mobilisation, unique dans son genre, montre combien cette fête s’est transformée et s’est enracinée dans la vie culturelle contemporaine de l’île.
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Source Article unità naziunale 2003 : Le 30 janvier 1735 lors de la Cunsulta d’Orezza, les Corses créèrent une constitution démocratique. Lieu de vie exemplaire, au combien novateur pour l’époque, dans un monde encore soumis à la volonté des monarques, cette constitution éclairera ce petit peuple devenu capable de choisir son avenir et d ‘organiser son présent.

Le 8 décembre sera déclaré « Fête de la Nation », en hommage à celle qui assurera la protection de cette espace libéré : la Vierge Marie. La fête de l’immaculée conception coïncide ainsi avec la fête de la Nation pour signifier entre autre, que nul n’a le droit de s’approprier la mémoire commune et les gestes patriotiques qui ont institué le respect et la liberté. Gardiennes du passé, la figure de Marie et le visage de la Nation se sont mariés dans notre hymne national, le « Dio vi salvi regina », pour offrir un espoir à ceux dont l’avenir est menacé.
Honorer la culture à laquelle nous appartenons, cela signifie pour nous, s’inspirer de ce que notre passé a produit de meilleur, pour ouvrir un avenir à une communauté qui ne cesse de douter. En témoignant de ces corses qui firent passer l’exigence de liberté et de solidarité avant leur confort et leur sécurité, nous entendons rappeler les valeurs séculaires que notre peuple n’ose plus affirmer !
Célébrer l’Ottu di Dicembre, c’est affirmer l’existence de la Nation Corse ; d’où le refus de L’Etat Français d’accéder a notre demande plus que logique et légitime qui n’est autre que la reconnaissance de ce jour en tant que tel.
Pour en comprendre l’origine, il faut remonter en 1729. La Corse est alors sous domination génoise, mais la révolte s’amorce dans la région du Boziu. Les combats font rage pour chasser l’occupant et la rébellion s’étend rapidement à toute la Corse. En décembre 1730, la rebellion s’organise et lors de la consulte de Saint-Pancrate, la Corse élit ses généraux : Luiggi Giafferi, Andrea Ceccaldi et l’abbé Raffaelli. Hyacinthe Paoli, le père de Pascal les rejoint début 1730.Mais Gênes n’en reste pas là et fait appel à ses alliés que sont la France et l’Autriche pour reconquérir la Corse. Ses tentatives militaires prendront fin le 30 janvier 1735, avec l’adoption d’un règlement établissant la séparation définitive de la Corse d’avec Gênes.Ce document jette les bases de la future constitution corse. L’île est proclamée indépendante. Dans son premier article, la Consulte énonce ainsi:
Au nom de la Très Sainte Trinité, le Père, le Fils et le Sainte-Esprit, de l’immaculée Conception de la Vierge Marie, sous la protection de la Sainte Mère Avocate, nous élisons, pour la protection de notre patrie et de tout le royaume l’Immaculée conception de la Vierge Marie, et de plus nous décidons que tous les armes et les drapeaux dans notre dit royaume, soient empreints de l’image de l’Immaculée Conception, que la veille et le jour de sa fête soient célébrés dans tout le royaume avec la plus parfaite dévotion et les démonstrations les plus grandes, les salves de mousquetaires et canons, qui seront ordonnées par le Conseil suprême du royaume.
FESTA DI A NAZIONE 2014
DEDICATA A NATALE LUCIANI

2003 : Manifestation et hommage à Natale Luciani
« Festa Di A Nazione in Aiacciu l’ottu di Dicembre »
© Unità Naziunale



