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[Sulidarità Internaziunale] Le Journal du Pays basque attaqué en justice… Soutenez le JPB

Entretien avec Antton ETXEBERRI / Directeur de publication du Journal du Pays Basque. Le directeur de publication du Journal du Pays Basque est convoqué cet après-midi au tribunal correctionnel de Bordeaux, à la suite d’une plainte pour diffamation déposée après la publication d’un courrier des lecteurs. Il fait le point sur le dossier.

Vous êtes convoqué aujourd’hui par la justice pour une plainte en diffamation. De quoi s’agit-il ?

En tant que directeur de publication du Journal du Pays Basque, j’ai en effet reçu le 14 août dernier la visite d’un huissier de justice, qui m’a transmis une citation à comparaître devant le tribunal correctionnel de Bordeaux ce jour, à 14 heures.

Il s’agit d’une plainte déposée par Bruno Béziat, journaliste de Bordeaux, chef de service du journal Sud Ouest. A la suite de la publication d’un article écrit par l’un de nos lecteurs dans nos pages opinions le 6 juillet dernier, M. Béziat réclame au Journal du Pays Basque, ainsi qu’à l’auteur de l’article, la somme totale de 20 000 euros.

Ce journaliste est-il entré en contact avec vous avant de porter l’affaire en justice ?

Des protocoles existent dans la presse écrite lorsqu’il y a des problèmes sur des articles ou autres. La loi permet à chacun de pouvoir utiliser un droit de réponse s’il se sent mis en cause injustement dans un article. Ce journaliste, qui connaît bien les protocoles liés au fonctionnement de la presse écrite – et pour cause – a jugé certainement plus rentable pour lui d’aller directement en justice, et ce sans même nous passer un coup de fil.

Comment interprétez-vous une telle attitude ?

Le plaignant n’est pas un simple correspondant local ou pigiste à ses heures. Voilà onze ans que le Journal du Pays Basque est né, afin d’informer de la réalité politique, sociale, économique, culturelle et sportive du Pays Basque. Arrivant dans une situation de quasi-monopole, notre média s’est dès le début trouvé confronté à des pressions, des boycotts et autres coups bas, que le Journal a su affronter, en proposant quotidiennement un travail sérieux. La plainte d’aujourd’hui arrive comme par hasard au moment où le Journal a su se faire sa place dans le panorama médiatique, et est devenu une référence concernant de nombreux sujets qui touchent le Pays Basque : politique, social, aménagement du territoire…

La diffamation vous semble-t-elle établie ?

L’article visé par le plaignant est un courrier de lecteur, qui a jugé bon de faire une critique écrite sur un article de ce journaliste, titré “Musulman en toute discrétion”. Je n’ai pas à juger le bien-fondé du contenu de cette critique, mais ce sujet éminemment d’actualité, mérite d’en débattre. Il est de mon devoir, en tant que directeur de publication, de faire vivre le débat dans les pages du Journal, tout en évitant les diffamations. J’estime que ce travail a bien été fait à propos de cette critique, et qu’en aucun cas il n’y a eu de diffamation dans cet article. La justice tranchera la question.

En ce qui me concerne, je continue à défendre la liberté que l’on octroie à tous ceux qui souhaitent s’exprimer dans nos colonnes, que ces articles soient en accord ou non avec notre ligne éditoriale. Je regrette que ce journaliste de Sud Ouest n’ait pas jugé utile de répondre aux critiques formulées.

Quelles conséquences aurait une condamnation pour le Journal ?

Tous les jours, l’équipe du Journal réalise un véritable exploit. Au moment où la presse écrite en général connaît de grosses difficultés financières, Le Journal du Pays Basque poursuit son petit chemin et reste au cœur de l’actualité du Pays Basque. La plainte déposée revêt une grande menace pour le Journal : non seulement d’un point de vue financier, mais aussi en terme de liberté d’expression et de pluralité de la presse. J’entendais samedi dernier un salarié de France 3 Euskal Herri dénoncer la volonté de certains de faire taire leur média. Je vois dans cette plainte une volonté de museler l’expression publique.

Comment comptez-vous répondre à cette menace ?

Plus que jamais, nous souhaitons lancer un appel à tous : élus, associations, annonceurs, syndicats, partis politiques, clubs sportifs, lecteurs… Face à la volonté de nous faire taire, c’est le Pays Basque dans son ensemble et dans toutes ses composantes qui doit réagir à la situation. Le Journal du Pays Basque permet à tous les acteurs de ce pays de s’exprimer, de débattre, et de faire avancer le territoire. Où en seraient certains débats au Pays Basque si le Journal n’existait pas ?

Comment peut-on concrètement soutenir Le JPB ?

La plus grande force du Journal a toujours été ses lecteurs. Aujourd’hui, et plus que jamais, un appel est lancé à tous ceux qui ne souhaitent pas voir le Journal disparaître, à tous ceux qui ont besoin du Journal dans leurs projets, leurs luttes ou leurs activités… La meilleure réponse qui doit être faite à cette menace est la participation et le soutien au Journal, en écrivant des opinions et tribunes libres, des messages de soutien, mais aussi par le biais d’abonnements, de dons, d’achats d’espaces publicitaires…

Etes-vous plutôt optimiste ou pessimiste concernant l’issue de cette histoire ?

Le Pays Basque a besoin d’un outil tel que le Journal, j’en suis persuadé. Nous avons la volonté d’aller de l’avant, et nous savons pouvoir compter sur les forces vives de ce territoire pour nous y aider. Je reste convaincu que nous sortirons gagnants de cette épreuve, avec la participation de chacun.

http://www.lejpb.com/paperezkoa/20121004/365399/fr/Le-Pays-Basque-besoin-d%E2%80%99un-outil-tel-que-le-Journal-du-Pays-Basque

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