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#Corse – Fin de partie pour Yvan Colonna

Le 10 juillet, après trois procès aux Assises, la Cour de Cassation a validé la condamnation à perpétuité du berger de Cargèse. Ses defenseurs vont saisir la Cour européenne des Droits de l’Homme.

Fin de partie pour Yvan Colonna. Le 11 juillet dernier, la Cour de Cassation a validé l’arrêt de la Cour d’Assises du 20 juin 2011, et donc confirmé sa condamnation à la réclusion à perpétuité. Conformément aux réquisitions énoncées par le parquet général le 21 juin, les juges ont rejeté les arguments présentés par ses avocats. Me Spinozi avait plaidé six motifs de cassation en contestant notamment les conditions de garde-à-vue durant lesquelles les autres membres du commando et leurs épouses avaient mis en cause Yvan Colonna. L’avocat avait également contesté la décision de la Cour d’Assises spéciale de verser aux débats une lettre de menace qu’aurait envoyée Colonna a un membre du commando. Lettre qu’il contestait avoir rédigée. Me Spinosi avait par ailleurs mis en cause la décision de la Cour d’Assises de motiver son verdict, six mois avant l’entrée en vigueur de la loi qui a précisé cette nouvelle pratique.

Ainsi, 14 ans après l’assassinat du préfet Claude Erignac, le 6 février 1998 à Ajaccio, la justice à non seulement confirmé la culpabilité d’Yvan Colonna mais aussi la peine qui lui a été attribuée. Cela n’a pas été de tout repos puisque, après le prononcé de deux condamnations à perpétuité, en première instance, puis en appel, la Cour de Cassation avait annulé le verdict de la deuxième Cour d’Assises, ce qui avait conduit à un troisième procès en 2011. Comme on le sait, la Cour de Cassation, qui ne peut se baser que sur des prétextes juridiques, juge en réalité sur le fond lorsqu’elle estime qu’un condamné à été mal jugé. Ou que l’émotion provoquée dans l’opinion publique mérite que l’on revienne sur un verdict. A l’époque, les nombreuses protestations qui avaient eu lieu en Corse, ainsi que la défiance qu’avait la plupart des magistrats à l’égard du Président Sarkozy qui avait déclaré Colonna coupable avant même qu’il ne soit condamné, avait sans doute poussé la Cour de Cassation à ordonner un nouveau procès. Là, ce n’était visiblement pas le cas puisque la Corse était resté bien silencieuse après le verdict de 2011 et que l’hypothèque Sarkozy était en passe d’être levée. Seul avantage de ce troisième procès pour Yvan Colonna, la peine incompressible de 22 ans qui lui avait été appliquée lors du deuxième procès a été levée, ce qui lui permettra peut-être de sortir plus tôt. En attendant, Yvan Colonna, condamné définitif, pourrait bénéficier de meilleures conditions de détention, peut-être en étant rapatrié à la prison de Borgo, afin d’être plus proche des siens. C’est en tout cas le souhait de ses avocats. Pour le reste, ses défenseurs ont confirmé qu’ils vont saisir la Cour européenne des Droits de l’Homme, une procédure qui pourrait prendre jusqu’à cinq ans et qui, si elle aboutit, ne changera rien à l’affaire. En effet, la France a été condamnée plusieurs fois par la Cour européenne des Droits de l’Homme, notamment dans le domaine pénitentiaire, et cela n’a rien changé…

Quant à son implication ou non dans l’assassinat, les avis restent partagés. Ou l’on croit que ce n’est pas un hasard si certains de ses co-inculpés l’ont désigné comme le tueur du groupe, ce qui fait de lui un coupable. Ou l’on énumère les nombreux points obscurs de l’affaire qui pourrait conduire à penser qu’il est innocent : ses premières protestations publiques alors que certains membres du commando l’avaient mis en cause avant qu’il ne se mette en cavale le lendemain, sa non-reconnaissance par l’ensemble des témoins des faits, sa taille qui ne correspondait pas, selon la balistique, à celle du tueur, les contradictions dans les témoignages des épouses des membres du commando qui l’avaient mis en cause, son alibi, le soir de l’attaque de la gendarmerie de Pietrosella, qui n’a pas été pris en compte, des écoutes téléphoniques innocentant Colonna qui ont disparu du dossier etc., etc. Sans parler des errances policières au début de l’enquête (piste agricole) et des pressions qu’ont faites les enquêteurs sur les témoins qui ne reconnaissaient pas Colonna et sur les membres du commando. Toutes choses qui ajoutent à une « ambiance » qui, dès le début, a présenté Colonna comme un coupable. Du « wanted assassin de Préfet » avec sa photo occupant la couverture de « France-Soir » aux propos accusateurs de Nicolas Sarkozy et ses collaborateurs. En tout cas une bien triste histoire. Que Colonna soit innocent ou non.

Gilles Millet

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