(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, publié le 16 septembre 2026) La rentrée 2026 s’ouvre en Corse sur un climat social particulièrement tendu, marqué par la multiplication des mobilisations dans plusieurs secteurs. Pêcheurs, agriculteurs, salariés des industries électriques et gazières, personnels du Crédit Agricole et exploitants de stations-service font entendre des revendications distinctes, mais convergent sur un constat de difficultés croissantes.
Prix de l’énergie et du carburant, contraintes économiques, évolutions réglementaires, avenir des activités et inquiétudes sur les conditions de travail ou les statuts alimentent une colère qui s’exprime désormais sur plusieurs fronts.
Dans la pêche, la mobilisation lancée en Méditerranée rassemble notamment les professionnels de Corse, d’Occitanie et de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le secteur dénonce l’accumulation des contraintes réglementaires et le manque de visibilité sur l’avenir des différentes pêcheries, avec une inquiétude particulière concernant la prise en compte des spécificités corses. À ces difficultés s’ajoute la nouvelle hausse du carburant, particulièrement lourde pour les entreprises de pêche. Le CRPMEM de Corse s’est associé au mouvement tout en choisissant, pour l’instant, de ne pas mener d’action susceptible de perturber l’activité sur l’île.
Dans le secteur de l’énergie, près de 400 salariés et retraités des industries électriques et gazières se sont rassemblés devant la préfecture d’Ajaccio pour contester le projet de réforme du tarif agent et défendre leur statut ainsi que leur pouvoir d’achat. Du côté du Crédit Agricole de Corse, toutes les agences étaient annoncées fermées ce 16 septembre dans le cadre d’une mobilisation syndicale contre un possible rattachement de la caisse régionale à celle de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les représentants des stations-service Vito et Rubis ont quant à eux alerté les autorités sur leurs difficultés économiques, certains exploitants estimant que leurs entreprises pourraient être contraintes de fermer si aucune mesure concrète n’intervient rapidement.
L’agriculture corse vient renforcer ce tableau d’une rentrée sociale sous tension. La Chambre d’agriculture et l’ensemble des syndicats agricoles ont choisi de faire front commun autour du plan CASI, dont l’enveloppe de 1,3 million d’euros est jugée insuffisante face à des pertes évaluées entre 8 et 21 millions d’euros. Derrière cette revendication se trouvent également les conséquences d’une sécheresse devenue structurelle et les fragilités économiques des exploitations. En quelques jours, les mobilisations et alertes se sont donc multipliées dans des secteurs essentiels de l’économie insulaire. Sans confondre leurs revendications ni leurs situations, cette succession de mouvements dessine une même rentrée marquée par la contestation, l’inquiétude et la demande de réponses concrètes.
Jean Rossi

