(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 10 septembre 2026) Six militants kanak, dont le leader indépendantiste Christian Tein, ont saisi la Cour de justice de la République (CJR) au sujet des conditions de leur arrestation en juin 2024 en Nouvelle-Calédonie et de leur transfert en métropole.
La plainte vise Gabriel Attal, Gérald Darmanin, Éric Dupond-Moretti et Sébastien Lecornu, alors membres du gouvernement, et dénonce notamment des « actes arbitraires attentatoires à la liberté individuelle », un « abus d’autorité aggravé » ainsi qu’une association de malfaiteurs en vue de préparer ces infractions. La commission des requêtes de la CJR doit désormais décider des suites à donner à cette procédure.
Les plaignants contestent particulièrement la manière dont les dirigeants de la CCAT ont été arrêtés le 19 juin 2024, puis dont sept militants ont été transférés par avion militaire vers la métropole le 22 juin et répartis dans sept établissements pénitentiaires. Selon leurs avocats, cette opération aurait été décidée avant les décisions judiciaires concernant les intéressés et répondrait à des considérations qu’ils qualifient de « exclusivement politiques », notamment l’objectif de neutraliser les dirigeants indépendantistes kanak. Ils s’appuient notamment sur les échanges d’une cellule interministérielle de crise réunie le 16 mai 2024 à Beauvau, au cours de laquelle Gabriel Attal et Gérald Darmanin avaient évoqué les interpellations et la nécessité d’obtenir des « exemples ».
Cette démarche judiciaire intervient alors qu’un non-lieu général avait été ordonné début juin en faveur de Christian Tein et des militants kanak de la CCAT, décision contre laquelle le parquet a fait appel. À travers cette plainte, les six militants demandent que les conditions de leur arrestation et de leur transfert soient examinées par la justice et que les responsabilités gouvernementales soient établies. Pour leurs avocats, si les faits dénoncés sont établis, ils relèveraient d’une affaire d’État dont les responsables politiques concernés devraient répondre devant la justice.
Jean Rossi

