(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 18 juillet 2026) Le tribunal administratif de Bastia a reconnu la responsabilité partielle de l’État français dans les blessures subies par une manifestante lors des mobilisations organisées en Corse après l’assassinat d’Yvan Colonna au printemps 2022.
Le 3 avril 2022, cette femme participait pacifiquement à un rassemblement de soutien à Yvan Colonna à Aiacciu lorsqu’elle a été grièvement blessée à la jambe lors des affrontements opposant certains manifestants aux forces de l’ordre. Selon son avocat, elle s’apprêtait à quitter les lieux au moment où des grenades GM2L ont été utilisées.
Dans sa décision, le tribunal estime qu’il n’est ni établi ni même allégué que la victime ait adopté un comportement violent à l’égard des forces de l’ordre. Il considère également que sa présence à proximité des violences présentait un caractère fortuit, engageant ainsi la responsabilité de l’État dans les blessures qu’elle a subies.
La juridiction administrative a toutefois retenu une part d’imprudence de la victime, estimant qu’elle avait tardé à quitter les lieux malgré les sommations adressées aux manifestants. En conséquence, l’État a été condamné à l’indemniser à hauteur des deux tiers de son préjudice, soit 30 000 euros.
L’État français a néanmoins décidé de faire appel de cette décision le 7 juillet dernier. En réponse, la victime entend demander devant la juridiction administrative compétente que la responsabilité de l’État soit pleinement reconnue et que l’intégralité de son préjudice soit indemnisée.
Parallèlement à cette procédure administrative, une procédure pénale demeure en cours. Après un premier classement sans suite du parquet d’Aiacciu, une plainte avec constitution de partie civile a été déposée. L’instruction judiciaire se poursuit actuellement.
Cette décision constitue une première reconnaissance judiciaire de la responsabilité de l’État dans les blessures causées lors des manifestations qui avaient embrasé la Corse après l’assassinat d’Yvan Colonna, dont la mort avait provoqué plusieurs semaines de mobilisation populaire à travers l’île.
Jean Rossi

