Mars 2022 – Juin 2026 : la jeunesse indépendantiste refuse l’effacement de son combat

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 24 juin 2026) Dans un long texte politique publié sur les réseaux sociaux, ses auteurs reviennent sur les événements de mars 2022, présentés comme un moment fondateur de l’histoire contemporaine de la Corse.

Ils estiment que l’assassinat d’Yvan Colonna en détention a provoqué le soulèvement d’une jeunesse déterminée à dénoncer les injustices, le mépris de l’État et la situation politique de l’île.

Selon eux, cette mobilisation populaire, marquée par les affrontements, la répression, les gardes à vue et les poursuites judiciaires, a été le véritable déclencheur du cycle de discussions politiques ouvert par Paris et qui a conduit au processus de Beauvau.

« Que reste-t-il des revendications de mars 2022 ? »

Le texte s’interroge cependant sur le résultat de ce processus, estimant que les principales revendications portées en mars 2022 – reconnaissance du peuple corse, statut de résident, coofficialité de la langue corse, libération des prisonniers politiques et arrêt des poursuites contre les militants nationalistes – ont progressivement été écartées du débat institutionnel.

Les auteurs refusent que les sacrifices consentis par la jeunesse soient, selon eux, effacés ou minimisés et appellent à ouvrir une réflexion collective sur la place de la jeunesse dans les combats politiques à venir. Ils se disent prêts à participer à une démarche réunissant les différentes organisations et mouvements de la jeunesse indépendantiste afin de construire un nouveau projet politique et d’ouvrir une nouvelle séquence de lutte.

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À nous d’écrire le deuxième chapitre…>

Mars 2022. Un moment de notre existence collective. Une fragment de notre histoire nationale dont la trace demeure indélébile. Lorsque Yvan Colonna fut assassiné au sein d’une prison française par ceux-là mêmes qui avaient la charge de garantir son intégrité physique, c’est une jeunesse entière qui s’est dressée, portée par la solidarité et le soutien du peuple corse. Cette jeunesse refusait le silence et les mensonges de l’État. Elle refusait également le mépris politique et les injustices qui frappent notre terre depuis plus d’un demi-siècle. Cette jeunesse a occupé les rues, affronté la répression, subi les gardes à vue, les poursuites judiciaires ainsi que la violence d’État. Pourtant, elle a choisi sa voie et son combat, sans jamais renier ses convictions. Ensemble, nous avons porté sur nos épaules une révolte populaire historique, inscrivant notre engagement dans la continuité du combat de la Lutte de Libération Nationale mené par les générations qui nous ont précédés. Nombreux sont celles et ceux qui ont accepté les risques, les blessures, les condamnations et, plus encore, les sacrifices, convaincus que se jouait alors bien davantage qu’une simple séquence de contestation. Les droits d’un peuple, la justice, sa dignité et sa capacité à décider de son avenir en étaient les principales causes. Sans cette mobilisation, sans cette détermination collective, sans cette capacité de résistance assumée, l’État français n’aurait jamais consenti à ouvrir ce cycle de discussions politiques qui s’est imposée dans les mois qui ont suivi. Et si il y avait le besoin de le rappeler, c’est bien sous la pression d’une jeunesse en lutte, portée par une dynamique de résistance populaire, que furent engagés les échanges entre les représentants élus de la Corse et le gouvernement français. C’est de cette séquence qu’est issu ce qu’il était convenu d’appeler le « processus de Beauvau ». Aujourd’hui, alors qu’un prétendu « projet d’autonomie » vient d’être adopté par l’Assemblée nationale, une question fondamentale demeure : Que reste-t-il des revendications portées en mars 2022 ? Que reste-t-il des aspirations exprimées ? – La reconnaissance du peuple corse ; – Le statut de résident ; – La coofficialité de la langue corse ; – La libération des prisonniers politiques et l’arrêt des poursuites visant l’ensemble des patriotes de la LLN. Force est de constater que le sacrifice de toute une génération a progressivement été relégué au second plan. Les raisons profondes qui ont poussé la jeunesse corse à se soulever ont été diluées dans les débats institutionnels. Les revendications nationales, populaires et politiques qui constituaient le cœur même de cette mobilisation ont été, peu à peu, marginalisées jusqu’à être largement absentes de l’écriture désormais proposée. Nous le disons clairement, nous refusons que l’histoire soit réécrite avec une plume qui n’a jamais été la nôtre. Nous refusons que les sacrifices consentis, les risques assumés et l’engagement de centaines de jeunes soient réduits à une simple note de bas de page dans une séquence politique dont ils furent pourtant les principaux artisans. Au-delà des sensibilités, des appartenances structurelles et des divergences d’appréciation, le temps est venu d’ouvrir une véritable réflexion collective, que nous considérons aussi nécessaire que légitime. Une réflexion exigeante sur la place que la jeunesse doit occuper dans les combats politiques des années à venir, sur ses responsabilités, mais aussi sur les perspectives qu’elle entend tracer pour son pays. Nous affirmons aujourd’hui que nous sommes disposés à participer à toute initiative de discussion réunissant l’ensemble des organisations, syndicats et mouvements de la jeunesse indépendantiste, afin d’engager un travail de clarification politique autour d’un futur projet de société. L’heure n’est ni à l’effacement, ni à la résignation. Elle est à la transmission, à la réappropriation de nos droits fondamentaux ainsi qu’à l’ouverture d’une nouvelle séquence de lutte. À nous désormais d’écrire le deuxième chapitre. EVVIVA A LOTTA DI LIBERAZIONE NAZIUNALE. Ghjuventù Libera.

 

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