« L’Assemblée rejette le contre-projet du RN, Alexis Corbière rejette la notion de communauté corse »

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, publié le 17 juin 2026) Lors de la première journée d’examen du projet de révision constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse, les députés ont rejeté trois amendements majeurs qui visaient à modifier profondément ou à supprimer le texte.

Deux d’entre eux proposaient son abandon pur et simple, tandis qu’un troisième, présenté par Marine Le Pen, défendait une alternative institutionnelle complète.

Le contre-projet du Rassemblement National prévoyait notamment une réorganisation territoriale autour de deux grandes assemblées insulaires inspirées des anciennes pievi, fédérées à l’échelle du nord et du sud de la Corse. Le RN affirmait ainsi proposer sa propre vision de l’autonomie tout en rejetant plusieurs éléments centraux du texte négocié entre la Corse et l’État, notamment la notion de communauté historique, culturelle et linguistique.

Face à cette proposition, le gouvernement et le rapporteur du texte ont estimé qu’elle remettait en cause l’ensemble du travail engagé depuis plusieurs années. Du côté des élus nationalistes corses, le député Paul-André Colombani a dénoncé un projet qui ne répondrait pas aux attentes exprimées en Corse.

Le député François-Xavier Ceccoli a quant à lui reconnu des convergences avec certaines propositions du RN concernant la lutte contre le centralisme régional et la création d’assemblées territoriales de proximité, tout en indiquant que le dispositif ne correspondait pas totalement à ses propres attentes.

Le rejet de ces amendements permet au texte initial de poursuivre son examen parlementaire.

Pendant ce temps là, à gauche : 

Lors des débats à l’Assemblée nationale sur le projet d’autonomie de la Corse, le député Alexis Corbière a exprimé ses réserves sur plusieurs aspects du texte. Bien qu’il ne se soit pas prononcé en faveur de sa suppression, il s’est montré opposé à la notion de « communauté historique, linguistique et culturelle » inscrite dans le projet, estimant que les habitants de la Corse constituent avant tout une population au sein de la République française.

Le député a également fait part de ses inquiétudes concernant toute évolution susceptible, selon lui, d’introduire une différenciation entre les citoyens ou une fragmentation du cadre national. Alexis Corbière estime par ailleurs que la Collectivité de Corse dispose déjà d’un niveau important de compétences et considère que le statut institutionnel actuel répond largement aux besoins de l’île.

Ses interventions l’ont placé en décalage avec la position majoritaire de son groupe parlementaire, favorable à la poursuite du processus engagé autour de l’autonomie.

Tant de bruits pour une autonomie revue à la baisse.

Jean Rossi

CORSICAINFURMAZIONE.ORG
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