L’autonomie pour sortir du cycle violence-répression ?

(Corsicainfurmazione.org, Publié le 2 juin 2026) Nous arrivons au terme du débat engagé autour de l’évolution institutionnelle de la Corse, relancé à la suite des événements survenus après la mort d’Yvan Colonna.

Dans ce cadre, une organisation de défense des droits et libertés, en lien avec sa section corse, a participé aux échanges menés devant les commissions parlementaires chargées d’examiner le projet de réforme.

Elle s’est prononcée en faveur d’un statut d’autonomie accordant à l’Assemblée de Corse un véritable pouvoir législatif, estimant qu’une telle évolution permettrait aux Corses d’exercer davantage de responsabilités dans les choix qui concernent leur avenir. Ce pouvoir devrait notamment s’appliquer aux questions de développement et d’aménagement du territoire, tout en demeurant encadré par les juridictions compétentes et dans le respect des principes sociaux et environnementaux.

L’organisation souligne également la nécessité de politiques publiques visant à réduire les dépendances économiques de l’île, notamment dans les domaines énergétique et alimentaire, afin de renforcer sa capacité d’action et sa résilience.

Elle soutient par ailleurs la reconnaissance constitutionnelle du peuple corse comme composante du peuple français, ainsi que l’organisation d’une consultation populaire sur la réforme institutionnelle, considérée comme une exigence démocratique.

Selon elle, cette réforme doit permettre de sortir des logiques de confrontation, de violence et de répression qui ont marqué les relations entre la Corse et l’État, afin de favoriser un climat durable d’apaisement politique et social.

Cette position a été exprimée par la Ligue des droits de l’Homme (LDH) section Corsica.

Irène Poli

Communiqué avec prière d’insérer : « La LDH et la réforme institutionnelle de la Corse : le choix des mots pour un apaisement durable Nous parvenons au terme du débat sur la réforme institutionnelle de la Corse conséquence de la situation émeutière qui a ébranlé notre société ainsi que l’Etat à l’annonce de l’assassinat d’Yvan Colonna. La LDH nationale en lien avec la LDH Corsica se sont impliquées dans ce débat. Une délégation a été reçue par les commissions du Sénat et de l’Assemblée nationale en charge de ce dossier. Elle a soutenu le projet d’une autonomie qui implique un pouvoir législatif donné à l’Assemblée de Corse et donc plus de responsabilités des Corses dans le choix de leurs élu·e·s. Ce pouvoir législatif est nécessaire particulièrement dans les domaines du développement et de l’aménagement durables de notre île. Il doit évidemment être placé sous le contrôle du Conseil d’Etat et du Conseil Constitutionnel. Il ne peut énoncer des mesures régressives en matière sociale et environnementale. Pour être effectif, il doit se fonder sur des politiques publiques définies dans le PADDUC notamment, qui réduisent les dépendances de la Corse en matière économique, par exemple en visant une autonomie énergétique et alimentaire, en lien avec les besoins des Corses et de leurs territoires. La LDH soutient également la proposition d’une inscription dans la Constitution de la reconnaissance du peuple corse, composante du peuple français, reconnaissance adoptée par l’Assemblée nationale en 1991. Enfin, elle considère la consultation des Corses sur cette réforme comme une exigence démocratique. Pour la LDH, la réforme institutionnelle devra permettre de sortir des logiques de rapports de force et de cycles de violence et de répression. Dans ses relations avec l’Etat mais aussi pour elle-même, la société corse a besoin d’apaisement. Elle y aspire. »

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