(Corsicainfurmazione.org,Unità Naziunale, publié le 20 mai 2026) Lors d’une conférence de presse organisée à Aiacciu, Core in Fronte est revenu sur les résultats des élections municipales de mars 2026 ainsi que sur le processus d’autonomie actuellement débattu pour la Corse.
Le mouvement estime que le scrutin municipal a confirmé la progression du courant nationaliste et renforcé sa propre place dans le paysage politique corse. Core In Fronte met notamment en avant plusieurs victoires ou résultats importants obtenus dans différentes communes, ainsi que la stratégie de convergence patriotique menée à Bastia et Ajaccio.
Sur le plan politique, le mouvement affirme que la question corse doit rester un enjeu « nationalitaire » et non uniquement administratif ou gestionnaire. Il critique ce qu’il considère comme une banalisation des revendications nationales et insiste sur la nécessité, pour les nationalistes au pouvoir, de porter un véritable projet de transformation politique et institutionnelle.
Concernant le processus d’autonomie, Core In Fronte rappelle son soutien conditionné à la délibération adoptée par l’Assemblée de Corse le 5 juillet 2023, après la mobilisation née de la mort d’Yvan Colonna. Le mouvement considère que l’autonomie doit s’accompagner d’un véritable pouvoir législatif et ne pas se limiter à une décentralisation renforcée.
Le parti indépendantiste affirme également que cette autonomie pourrait constituer, à terme, une étape vers un processus d’autodétermination. Il évoque plusieurs exemples européens de régions ou territoires autonomes et estime que la Corse doit pouvoir disposer des moyens institutionnels lui permettant de gérer ses propres compétences. Core In Fronte appelle à intégrer la question des prisonniers et anciens prisonniers politiques dans toute évolution politique future et affirme vouloir poursuivre son action à la fois sur le terrain institutionnel et dans les mobilisations de terrain, notamment autour des questions économiques et sociales touchant la Corse.
J.R Balzano

Le texte de la conférence de presse: Les élections municipales, de mars 2026, ont livré des résultats globalement positifs pour le mouvement patriotique.
Elles ont, par ailleurs, consacré Core In Fronte comme l’un des grands gagnants du scrutin.
Notre mouvement est incontournable, sur la scène politique corse, et est au cœur du dispositif d’ensemble du mouvement national.
Par la constance de notre action, par la ténacité de notre engagement, par la pertinence de notre discours et par la permanence stratégique de notre revendication de A SCELTA PATRIOTTICA, nous avons su créer, dans de nombreuses communes de Corse, les conditions de victoires éclatantes ou de scores historiques.
Plusieurs membres de notre exécutif sont aujourd’hui maires de communes importantes, comme Jean Baptiste Arena à Patrimoniu, Jean Noël Profizi à Serra di Fium’Orbu ou Paul Félix Benedetti à Sartè.
À Bastia, au regard du résultat, notre choix de privilégier une convergence patriotique a permis la victoire de la liste Bastia Inseme.
Une autre stratégie aurait acté le retour aux affaires des partis pro français, alliés aux partisans d’un libéralisme débridé.
À Aiacciu, la stratégie de regroupement global a été une victoire. Si celle-ci n’est pas électorale, elle est politique et morale avec un score historique de plus de 40% des suffrages face à un système archaïque.
Elle a aussi démontré que l’idée nationale corse fait naturellement barrage au populisme opportuniste du RN, qui a été balayé.
Le discours jacobin et anti corse de ce parti français, et de ses avatars locaux, ne peut constituer un avenir pour la Corse.
Pour Core In Fronte, la lutte du peuple corse n’est pas civilisationnelle. Elle est profondément nationalitaire. Elle vise à l’émancipation nationale des Corses et à faire Nation.
Notre nationalisme est politique, au sens premier du terme : Il s’inscrit dans le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sur leur terre.
Il est celui, contrairement au pseudo patriotisme véhiculé par certains harkis, qui permettra de redonner aux Corses les moyens de leur avenir politique, culturel, humain et linguistique.
Ces choix, synonymes de victoires et d’espoirs, validés démocratiquement, ont aussi montré les limites de ceux qui, trop rapidement, s’en sont détournés voire les ont condamnés, faisant parfois le jeu du système en place.
Il ne peut y avoir de manœuvres ou de tentatives d’une 3ème voie, mêlant libéralisme débridé, affairisme, relais étatiques et volonté assumée de faire échec au mouvement patriotique.
Nous regrettons que certains cadres du mouvement national aient fait le choix de privilégier l’archaïsme pro français, en se positionnant ouvertement contre des listes nationalistes dans un objectif d’anticipation des prochaines élections territoriales.
C’est uniquement par la stratégie de A SCELTA PATRIOTTICA que le mouvement national a pu résister à ces combinaisons, choix sans lequel les tenants du «néo féodalisme », héritiers de l’ancien clan et leurs nouveaux alliés, auraient pu entraîner la Corse dans l’abîme.
Les résultats de cette élection ne doivent pas être regardés uniquement comme un constat municipal. Il faut les considérer dans un repositionnement global qui a permis
de rappeler que l’idée nationale corse est synonyme de progrès et d’espoir pour la Corse.
Cette situation a aussi permis de remettre, rapidement, au centre du jeu le calendrier sur l’autonomie.
Dans les prochains mois, l’avenir institutionnel de la Corse sera débattu.
À ce titre, nous rappelons d’ores et déjà que notre soutien à ce processus, s’il est plein et entier, a été conditionné par la délibération du 5 juillet 2023, faisant suite au soulèvement populaire consécutif à l’assassinat d’Yvan Colonna.
Cette délibération, adoptée à une très large majorité par les représentants démocratiquement élus de la Collectivité de Corse, est le socle minimum d’accord sous lequel notre mouvement indépendantiste ne peut descendre et nous resterons donc très vigilants.
En politique, les mots ont un sens.
L’autonomie c’est le pouvoir législatif.
Il ne s’agit pas de lâcher un mot pour calmer une situation, comme l’avait fait, d’ailleurs, l’actuel 1er ministre Lecornu, en novembre 2021 en Martinique lors des révoltes.
Une véritable autonomie ne saurait se confondre avec une simple décentralisation plus poussée.
La Corse n’a pas vocation à être un laboratoire d’une France qui voudrait se réformer dans son organisation, à l’image du débat actuel sur le statut de l’Alsace qui est celui de la Corse, et de la Collectivité unique, depuis 2018.
La question corse est éminemment politique.
La légitimité de nos revendications se trouve dans l’histoire, celle du 8 mai 1769.
Aujourd’hui, en Europe, près de 350 millions de personnes vivent dans des régions et îles à statuts spéciaux ou autonomes.
La Corse ne peut rester sur le bord du chemin de la souveraineté.
Toutes les grandes îles de Méditerranée, autour de la Corse, sont autonomes à l’image de la Sardaigne à 12 km de nos côtes.
En tant que mouvement indépendantiste, nous avons le droit de dire que l’autonomie de la Corse, manifestée par la dévolution du pouvoir législatif, est pour nous une étape institutionnelle.
Elle ne saurait être un horizon indépassable.
Elle doit permettre la démonstration que notre pays a les capacités de s’administrer librement, avant un référendum d’autodétermination à 10, 15 ou 20 ans si le peuple corse le souhaite.
La revendication d’indépendance n’est pas une chimère ou quelque chose réservée à des peuples qui sont loin de leur puissance coloniale.
Cette idée est moderne et vivante, y compris en Europe occidentale. Elle a été portée haut par le mouvement catalan en 2017. Elle est d’actualité, avec les résultats électoraux récents, aux Pays de Galles, en Écosse et en Irlande du Nord. Elle est concrète avec Malte, petite île de Méditerranée et moins grande que le Cap Corse.
Il est temps que la France reconnaisse enfin ses errements historiques et rétablisse dans ses droits fondamentaux et légitimes le peuple corse sur sa terre.
Nous rappelons enfin, que toute solution politique ne peut se faire sans intégrer le sort de ceux qui ont payé le prix de leur engagement : Les prisonniers politiques et anciens prisonniers politiques.
Dans ces conditions, le processus devra s’accompagner du retrait global des fichiers FIJAIT et FINIADA, annoncé, en 2025, par le ministre DARMANIN, par l’annulation des amendes et par la fin de la répression politique contre les patriotes corses.
Dans les semaines et les mois à venir, Core in Fronte poursuivra son engagement au service des Corses, sur les terrains de la lutte de masse et de la lutte institutionnelle, comme il l’a toujours fait.
Nous continuerons, à l’Assemblée de Corse, à faire nos propositions pour les Corses.
Nous l’avons déjà dit : Les nationalistes au pouvoir ne sont pas là pour gérer le système, ils sont là pour le transformer.
Il faut donner aux Corses un espoir et leur apporter des réponses concrètes sur leur quotidien : Vie chère, prix des carburants, lutte contre la spéculation, fin des monopoles, agriculture de production, politique des déchets…
Il faut sortir de la gestion routinière des affaires corses et marquer une rupture avec l’échec des politiques publiques des diverses majorités nationalistes depuis 2015.
Notre vision de l’avenir de la Corse et notre démarche indépendantiste seront tout naturellement portés par notre parti politique lors des prochains scrutins à venir, notamment celui des Territoriales.

