(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 15 mai 2026) Le FLNKS dénonce les défaillances persistantes de l’État français concernant le corps électoral spécial en Nouvelle-Calédonie, qu’il considère comme un enjeu central du processus de décolonisation prévu par l’accord de Nouméa.
Le mouvement estime qu’aucun consensus n’existe sur une modification du corps électoral provincial et avertit qu’un dégel imposé unilatéralement remettrait en cause les accords politiques conclus depuis 1988.
Le communiqué insiste également sur la nécessité d’organiser les élections provinciales avant le 28 juin 2026, avec un corps électoral juridiquement et politiquement sécurisé. Le FLNKS appelle enfin l’État à respecter ses engagements historiques et internationaux envers le peuple kanak.
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Le communiqué du FLNKS : Le FLNKS rappelle que la question du corps électoral des élections au Congrès et aux assemblées de province, prévu par l’accord de Nouméa, constitue depuis plusieurs décennies un scandale d’État révélateur des défaillances de la puissance administrante, chargée de décoloniser la Nouvelle-Calédonie.
Depuis les accords de Matignon-Oudinot puis l’accord de Nouméa, l’État n’a jamais été en mesure de résoudre les problèmes liés aux listes électorales spéciales sans générer contestations, contentieux, exclusions ou incertitudes juridiques. Cette incapacité persistante à produire un dispositif électoral incontestable résulte d’une défaillance grave de l’État dans sa mission de garant et d’acteur du processus de décolonisation.
Le FLNKS considère que cette situation est profondément anti-démocratique et indigne d’un État qui porte devant les Nations unies la responsabilité historique d’accompagner un peuple colonisé vers l’exercice plein et entier de son droit de vote. La sincérité du processus démocratique ne peut être garantie lorsque les règles du corps électoral demeurent continuellement contestées, instables ou soumises à des logiques de passage en force remettant en cause les accords politiques en vigueur.
Le FLNKS rappelle également que le droit international applicable aux territoires non autonomes impose des obligations précises à la puissance administrante. La résolution 35/118 de l’Assemblée générale des Nations unies du 11 décembre 1980 demande explicitement aux États de prévenir toute évolution démographique susceptible de rendre minoritaire le peuple autochtone dans les territoires en cours de décolonisation. Dans le cas de Kanaky, cette exigence revêt une importance particulière au regard de l’histoire coloniale du pays et de la reconnaissance du peuple kanak au cœur même de l’Accord de Nouméa. Le corps électoral spécial provincial ne constitue ni une anomalie démocratique ni une atteinte aux principes républicains. Il constitue au contraire une garantie politique et constitutionnelle nécessaire du processus de décolonisation engagé depuis plus de trente ans.
Le FLNKS rappelle par ailleurs qu’aucun consensus politique n’existe aujourd’hui sur un quelconque ajustement du corps électoral provincial. Aucune solution partagée n’a été trouvée avec l’ensemble des parties prenantes. Dans ces conditions, toute tentative d’élargissement ou de dégel imposée unilatéralement par l’État constituerait une remise en cause directe de la méthode consensuelle qui fonde les accords politiques depuis 1988.
Pour autant, le FLNKS considère que les élections provinciales doivent impérativement se tenir « en temps et en heure », au plus tard le 28 juin 2026. Le respect du calendrier électoral constitue une exigence démocratique afin d’assurer la continuité institutionnelle du pays et de préserver la légitimité des institutions calédoniennes.
Ces élections doivent se tenir avec un corps électoral juridiquement sécurisé, politiquement légitime et constitutionnellement garanti, conformément aux dispositions de l’accord de Nouméa et de la Constitution française.
Le FLNKS appelle donc l’État à faire preuve de responsabilité, à renoncer à toute logique de passage en force et à respecter strictement les engagements historiques, constitutionnels et internationaux qui encadrent le processus de décolonisation de notre pays.
Pour le FLNKS,
Son Président, Christian TEIN

