(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié en novembre 1983) Dans les colonnes de U Ribellu, publication clandestine liée au FLNC au début des années 1980, le mouvement nationaliste corse développe une lecture politique articulée autour de la lutte de libération nationale, du rejet du clanisme et de la dénonciation de la domination française sur la Corse.
Le texte « Capparticulu » réaffirme la continuité du combat engagé par les militants du FLNC depuis les procès de la Cour de sûreté de l’État à la fin des années 1970. Les auteurs y présentent la lutte nationaliste comme l’expression directe du « peuple corse en lutte », tout en mettant en garde contre toute récupération corporatiste ou politicienne du combat indépendantiste.
Dans un second texte intitulé « Clanisme, Socialisme, Nationalisme », U Ribellu développe une critique frontale du système claniste corse, présenté comme un relais historique du pouvoir français dans l’île. Le journal considère que les alternances politiques à Paris, y compris l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, n’ont pas remis en cause les structures de domination coloniale ni reconnu le « fait national corse ». Le mouvement national y défend l’idée que seule la souveraineté politique permettrait l’unité nationale et la reconstruction d’institutions corses indépendantes.
Ces écrits témoignent de la ligne idéologique portée à l’époque par le FLNC : articulation entre nationalisme, critique sociale et dénonciation des structures politiques traditionnelles accusées de maintenir la Corse dans une situation de dépendance.
AnTo FpcL
Ribellu
a voce di u fronte
NUVEMBRE 1983
CAPPARTICULU
In u 1979 dananzi à a Corti di sicurità di u statu Francesu, in una dichjarazione storica i nostri militante dichjarianu à alta voci, è à risicu d’annate di prigione :
[ NO ALTRI, MILITANTE DI U F.L.N.C., SEMU U POPULU CORSU IN LOTTA. SEMU QUI? IN ISSA DI TRIBUNALE FRANCEU PER GHJURA CHE A LOTTA DI LIBERAZIONE NAZIUNALE DEVE CUNTINUÀ E CUNTINUARÀ QUALE VOGLIA SIA U PREZU A PAGA ]
Issa diterminazione qui serà sempre à nostra, fintante ché u nostru populu un avarà ritrovu in istu paese i so dritti storichi.
Veni a di ch’ellu ci tocca à noi, ché issa Lotta di Liberazione Naziunale, chi hé quella di u intaresu cummunu, di u intaresu cullettivu di u nostru populu, ùn sie diviata ricuparata da qualche intaressi particulare di persone o di curpurazione.
A noi di vardà chè nessuna parsona, nessuna classa suciale, nessuna classa pulitica ùn prufiti di a nostra lotta, di i nostri sacrifizii per fà i so intaressi propii.
U nostru populu hà sempre à mente u ghjocu di certi sindicati d’agricultori o di trasportori di issi pochi anni fà, chi una volta i so intaressi soddisfati so spariti di ista Lotta di Liberazione Naziunale, o forza ùn ci sò si po di mai stati.
Oghje ci hé à custatà chè a Lotta di Libérazione Naziunale hà à vardassi più di mai di si rischi qui, chi tombanu a credibilità di a nostra lotta.
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RIBELLU – NUVEMBRE 1983
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Clanisme, Socialisme, Nationalisme
De tout temps notre peuple a été attiré voire confronté au concept d’unification nationale.
Dès les 13 et 14ème siècle, par Giudice Della Cinarca ou Sambuccucciu d’Alandu, l’expression du sentiment national Corse tentait de s’imposer à notre peuple ; Sampieru au 16 ème siècle devait en marquer le réveil et Pasquale Paoli au 18ème devait parvenir à lui donner un ciment au travers d’un Etat national Corse indépendant.
Seule l’invasion colonialiste Française devait interrompre cette expérience.
Mais il faut retenir de cette époque le lien entre la réunification nationale et l’Etat Corse indépendant.
Seule l’accession de la nation Corse à la souveraineté politique devait lui permettre cette union nationale. Paoli fondait le pouvoir politique Corse sur la notion juridique du droit des Etats nationaux de règle en ce 18ème siècle.
Qu’en était-il avant et qu’en fut-il après?
A toutes les autres périodes de notre histoire on devait retrouver la même situation :
Un Etat colonisateur dominant qui régentait la Corse au travers d’un filtre naturel local, tantôt féodal, tantôt bourgeois aujourd’hui claniste.
En fait il y eut toujours en Corse, une strate de notre société pour servir de faire valoir, de courroie de transmission entre le peuple Corse et les Etats dominants.
Cette classe ni sociale, ni politique, issue d’aucune particularité culturelle mais du simple refus de soumission de notre peuple devait évoluer pour devenir sous la colonisation Française le clanisme actuel.
Le clan n’est pas né d’un quelconque particularisme historique Corse mais d’une déviation, d’une mutation de notre prétendu individualisme.
Le clan vit de la distorsion à son profit des lois républicaines Françaises grace auxquelles il assure le clientélisme qui lui confère ce semblant de pouvoir de fait cette illusion de pouvoir politique.
Le clan s’est adapté à tous les régimes, à tous les pouvoirs, à toutes les idéologies sa faculté d’adaptation est immense car il n’a pas d’idéologie précise.
Sa raison d’être < SON IDEOLOGIE > est d’assurer sa pérennité et son moyen d’action est la vampirisation lente de notre peuple par la destruction progressive de toutes ses structures naturelles.
Avec l’arrivée des socialistes au pouvoir en France, certains ont pu croire que l’heure était venue de mettre à bas cette maffia institutionnalisée que sont les clans.
Il est vrai que l’idéologie socialiste et les promesses ou les propos de ses défenseurs Français pouvaient laisser espérer cette éventualité.
De fait le mouvement national avait doublement raison en prévoyant l’échec socialiste en Corse et de ses institutions et en lui accordant le crédit nécessaire à une possible réussite ; car une possibilité existait, celle de la prise en compte, en préalable à toute chose, du fait national Corse et la reconnaissance de la domination coloniale Française durant deux siècles.
Cette attitude demandait aux socialistes Français autant de courage que de lucidité mais ils ont manqué des deux, préférant asseoir une prétendue décentralisation régionale sur le pouvoir des caciques clanistes locaux.
Les socialistes Français semblaient ignorer que si le clan est maître dans l’art de détourner les lois, il est incapable d’exercer un pouvoir législatif car il ne peut à la fois par sa politique d’assistanat, abuser le peuple et le contraindre en légiférant.
Le pouvoir socialiste ne pouvait fonder aucune légitimité sur une assemblée régionale vouée à l’échec, aujourd’hui décridibilisée, sans pouvoir, et dont on ne prend même plus en compte les appréciations de son Président.
Le pouvoir, ne voulant pas aborder le problème politique Corse tente de détourner l’attention du peuple Corse en tentant de marginaliser le mouvement national par une prétendue gangsterisation ou encore en cherchant à militariser la situation n’hésitant pas à faire abattre un militant nationaliste, à inculper sous les chefs d’inculpation les plus divers, à dissoudre une organisation
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