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« Trois libérations, des décennies volées : la répression d’état mise à nu »

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 23 avril 2026Après vingt-six années derrière les barreaux, José María Novoa Arroniz sort enfin de l’étau pénitentiaire. Une “liberté conditionnelle” arrachée tardivement, au terme d’un parcours carcéral qui illustre, une fois de plus, l’acharnement de l’État espagnol contre les prisonniers politiques basques.

Originaire de Zigoitia et résident à Gasteiz, Novoa aura traversé des décennies de dispersion et d’isolement, ballotté entre les prisons de Murcie et de León avant d’être transféré au Pays basque seulement en 2021. Vingt-six ans de vie confisquée, de liens familiaux brisés, de droits fondamentaux piétinés au nom d’une logique punitive qui dépasse largement le cadre judiciaire.

Malgré le fait qu’il ait purgé les trois quarts de sa peine dès 2022, l’appareil judiciaire espagnol a continué de freiner sa sortie. L’octroi du troisième grade, pourtant conforme au droit, a été contesté par le parquet, entraînant une réincarcération. Une manœuvre révélatrice d’un système où la vengeance politique l’emporte sur toute logique de justice. Ce n’est qu’un an plus tard que ce statut lui a été rétabli, avant un passage sous bracelet électronique en novembre 2024, ultime étape d’un contrôle permanent.

Sa libération conditionnelle aujourd’hui ne saurait masquer l’essentiel : José María Novoa n’aurait jamais dû passer plus d’un quart de siècle en prison. Son cas incarne la réalité d’un conflit politique que Madrid s’acharne à traiter par la répression plutôt que par des solutions politiques.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. De plus de 750 prisonniers politiques basques en 2009, ils sont encore près d’une centaine aujourd’hui. Une baisse qui ne doit rien à une quelconque clémence de l’État, mais tout à la lutte des familles, des collectifs comme Etxerat et aux évolutions du mouvement basque lui-même, notamment le choix stratégique du collectif EPPK d’emprunter la voie légale pour vider les prisons.

Avec la sortie de Novoa, ils sont encore 97 à rester enfermés. 97 vies suspendues. 97 raisons de continuer le combat.

Car au-delà d’un homme, c’est toute une politique carcérale d’exception qui est en cause. Et tant qu’elle perdurera, chaque libération restera une victoire arrachée et non un geste de justice.

La libération d’Aitzol Gogorza intervient après vingt-six années d’enfermement, réparties entre la France et l’Espagne, dans un parcours marqué par une logique de double peine assumée. Arrêté en 1999 sur le territoire français puis extradé en 2011, il aura vu ses années déjà purgées ignorées par les autorités espagnoles, prolongeant artificiellement sa détention. Derrière cette mécanique judiciaire, une réalité brutale : celle d’un homme gravement atteint sur le plan psychique, hospitalisé à de nombreuses reprises, poussé à bout jusqu’à des tentatives de suicide.

Malgré cet état de santé critique, il aura fallu attendre 2019 pour qu’une mesure de détention à domicile soit enfin accordée — après des années de refus répétés de libération anticipée. Une décision tardive, arrachée sous la pression des faits, qui ne fait que souligner l’inhumanité d’un traitement pénitentiaire où la logique d’exception l’emporte sur toute considération médicale ou humanitaire.

Dans un autre registre, mais selon une mécanique similaire, Andoni Goikoetxea vient lui aussi de retrouver la liberté après avoir purgé l’intégralité de sa peine. Arrêté en 2013 en France, libéré en 2017 après y avoir exécuté sa condamnation, il est de nouveau interpellé en 2019 par la Guardia Civil pour purger une peine supplémentaire de sept ans en Espagne. Une continuité répressive qui illustre une fois encore la coordination des appareils judiciaires pour prolonger l’incarcération au-delà des peines déjà effectuées.

Ces trois trajectoires mettent en lumière une même réalité : celle d’un système pénal d’exception, où l’addition des condamnations, le refus de reconnaissance des peines purgées et l’acharnement administratif prolongent indéfiniment la privation de liberté. Derrière chaque libération, ce sont des décennies de vie confisquée qui ressurgissent — et une question politique qui demeure entière.

Scrianzatu

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