(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 4 avril 2026 à 17h38) L’enseignement immersif en langue corse se retrouve au cœur d’une vive polémique après les déclarations de Jean-Michel Blanquer, qui a dénoncé ce 4 avril sur le réseau X des méthodes qu’il juge « illégales » et « inconstitutionnelles ». L’ancien ministre accuse ces dispositifs de nourrir un « séparatisme », allant jusqu’à évoquer des pratiques de surveillance linguistique entre élèves, des déclarations fermement contestées localement.
Blanquer défend une ligne constante : favorable aux langues régionales, mais strictement dans un cadre bilingue incluant le français, qu’il considère comme intangible au regard de l’article 2 de la Constitution (« la langue de la République est le français »). Il s’inscrit ainsi dans la continuité de son opposition, déjà affirmée en 2021, aux modèles immersifs jugés excessifs.
Sur l’île, ces propos ont suscité une levée de boucliers. Des élus, dont Jean-Charles Orsucci, dénoncent une analyse « erronée » et rappellent que la pratique du corse relève d’un héritage culturel et non d’une remise en cause de l’unité nationale. Les réseaux éducatifs concernés assurent par ailleurs que l’enseignement immersif vise le renforcement du bilinguisme, sans exclusion du français.
Cette controverse intervient dans un contexte juridique tendu. Plusieurs décisions de justice récentes du tribunal administratif de Bastia à la cour administrative d’appel, puis au Conseil d’État en juin 2025 ont rappelé l’impossibilité de reconnaître un droit à l’usage d’une langue autre que le français dans les institutions publiques, invalidant notamment l’usage du corse dans les débats de l’Assemblée de Corse.
Jean Rossi
Nouvelle offensive contre la langue corse et l’Assemblée de Corse. Les réactions…
Revue de presse
(Alta Frequenza)
(FR3Corse)
(Corse Matin) Écoles immersives en Corse : Blanquer fustige des méthodes « inconstitutionnelles » et dénonce un « séparatisme ».
(Corse Net Infos)
(RcfM) « C’est illégal et inconstitutionnel » : l’ex ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, tacle les écoles immersives.
Les Réactions
Paul-André Colombani, Député de la Corse (PNC) · Ces propos hors-sol et caricaturaux sont indignes d’un ancien ministre de l’Éducation nationale. Prétendre que des enfants seraient chargés, dans les écoles immersives, de dénoncer leurs camarades qui parlent français relève du pur fantasme. Faut-il rappeler que c’est bien l’usage de la langue corse qui a longtemps été interdit et réprimé dans les classes d’école ? Alors que la langue corse est aujourd’hui plus que jamais menacée de disparition, ce jacobinisme excessif, qui consiste à voir un « péril séparatiste » dans le bilinguisme et l’expression de l’identité corse, est totalement obsolète. La réalité est que l’enseignement immersif offre une éducation de qualité et constitue une chance pour nos enfants. Le bilinguisme est une richesse, un atout cognitif et culturel reconnu partout. J’invite M. Blanquer à venir en Corse -ce qu’il n’a pas jugé utile de faire durant ses cinq années de ministère- constater lui-même la réalité de ces écoles immersives, lui qui a d’ailleurs signé en 2021 la circulaire fixant leur cadre réglementaire.
Pascal Zagnoli – Stintu Aiaccinu Favoris · 𝗖𝘂𝗺𝘂𝗻𝗶𝗰𝗮𝘁𝘂 – 𝗘𝗱𝘂𝗰𝗮𝘇𝗶𝗼𝗻𝗶 𝗲̀ 𝗹𝗶𝗻𝗴𝘂𝗮 𝗖𝗼𝗿𝘀𝗮 : Les déclarations de Jean-Michel Blanquer démontrent une méconnaissance flagrante des réalités éducatives et culturelles en Corse. Présenter les écoles immersives comme des lieux où le français serait « banni » relève d’une caricature indigne d’un ancien ministre de l’Éducation nationale, qui traduit davantage une posture idéologique qu’une analyse sérieuse. L’enseignement immersif n’est pas un instrument de repli identitaire, mais un modèle d’excellence, de cohésion et d’ouverture. Il contribue pleinement à la réussite des élèves et à la transmission d’un héritage linguistique qui participe du patrimoine français. Parce qu’en Corse, la langue n’est pas un obstacle : elle est un pont entre les générations, un vecteur d’appartenance et de citoyenneté. Il faut aussi rappeler une réalité politique : c’est ce même Jean-Michel Blanquer qui, lorsqu’il était ministre, avait validé et encouragé ces dispositifs immersifs. Comment comprendre aujourd’hui une telle volte-face ? Cette incohérence jette un doute sur la sincérité du discours, et sur le respect dû aux acteurs de terrain qui œuvrent au quotidien pour la réussite de nos enfants. Plutôt que d’agiter les peurs et de travestir les faits, il serait temps de reconnaître le travail remarquable des enseignants, des équipes pédagogiques et des collectivités locales qui construisent une école exigeante et profondément enracinée dans son territoire. Issa lingua hè a nostra, a difindimi è a piazzaremi a u centru di u nostru prughjettu puliticu. Pà a difesa di u stintu aiaccinu, è di l’intaressi di u nostru populu ! Più chì mai : Lingua Corsa, Lingua ufficiali !
Senatore Paulu Santu Parigi · U « giacubinisimu » : Un cancheru per a Corsica è l’altre regioni. Ùn n’hè micca à a so prima stilittata Jean Michel Blanquer in attachendu e scole immersive in Corsica. Era digià ellu, chì dopu à un votu di tutti i gruppi pulitichi à u senatu, s’hè mossu contru à a lege Molac, andendu sin’à purtà u votu davanti à u Cunsigliu Custituziunale per fà rinculà l’insignamentu immersivu. Era dinù torna ellu, à movesi contru à u CAPES di corsu, purtendu mudificazioni è rimettendu in causa un dispusitivu fruttu d’anni è anni di lutta. E scole immersive sò una scelta chjara è qualitativa per a salvezza di a nostra lingua è a nostra identità. Nè u giacubinisimu nè u centralisimu francese, chì portanu in sè, u ricusu di a diferenza, ùn amazzeranu e nostre brame è a nostra andatura. Lingua viva, Populu vivu.
Partitu Femu a Corsica · Oghje, Jean Michel Blanquer s’hè attacatu à e scole immersive in Corsica, qualifichendu le di « ferment du séparatisme ». Quellu chì s’hè mossu contru à a lege Molac nantu à e lingue reghjunale, andendu sin’à l’agguentata di u Cunsigliu Custituziunale per fà rinculà l’insignamentu immersivu. Recidiva incù un messaghju sprupusitatu è bugiosu. U sustegnu à e scole immersive hè una scelta chjara è determinata da a maghjurità territuriale, è nimu ci ferà svià. Femu a Corsica ùn pianterà mai di sustene è di travaglià à prò di l’arnesi di a tramendera di a lingua corsa, indispensebule à a so salvezza. Ch’ella sia chjara per l’ultimi partigiani d’un giacubinisimu patulogicu.
Jean-Guy Talamoni · La France est aujourd’hui un pays déclassé. Ses dirigeants, qui ne comptent plus dans les affaires internationales, sont régulièrement moqués par les actuels maîtres du monde. Son système éducatif est en perdition, comme le montrent cruellement les classements PISA. Monsieur Blanquer a apporté une contribution déterminante au désastre, ainsi que le relevait en 2022 le Sénat lui même en dressant le bilan de l’ancien ministre de l’Éducation nationale: « navigation à vue »; « générations d’élèves cobayes », etc. Et, devant une situation aussi calamiteuse, le problème aurait été identifié: ce serait… la langue corse! Comme le relevait déjà le rapport que j’avais commandé au CESEC en 2017, notre intérêt serait de tenter d’échapper au naufrage en construisant un « système éducatif DE Corse ». Dans une telle perspective, notre langue nationale constituerait évidemment un atout majeur. Le problème est qu’une large majorité de « l’élite » parisienne pense comme Monsieur Blanquer et s’opposera systématiquement à toute avancée. Aussi, en ce domaine comme en d’autres, la solution ne pourra être trouvée que par l’accession à la souveraineté pleine et entière. Aprimu l’ochji.
Core in Fronte · Core in Fronte hà vistu e dichjarazione stupite di Jean-Michel Blanquer, anzianu ministru di l’Educazione. Ste parole sò quelle di u ghjucubinisimu, assai prisente in a filusufia pulitica di i partiti francesi di Diritta è di Manca. Piglianu forza in a storia, quella di l’abbé Grégoire in u 1794 chì dicia chì « l’italien de la Corse était un idiome dégénéré ». Portanu u discorsu di u culunialisimu, di a negazione di e lingue è di populi nant’à a so terra. Jean-Michel Blanquer inventa certi fatti è si cerca un nemicu : A nostra lingua corsa. Ch’ellu ùn si scordi micca piuttostu di u so travagliu di Ministru di l’Educazione : Hè statu più chè gattivu. Core In Fronte ramenta a so rivendicazione di un sistema educativu corsu, in u quadru di un veru statutu d’autunumia. A cumpetenza educativa facia parte di e nostre pruposte in u dibattitu u 4 di lugliu di u 2023, à l’Assemblea di Corsica.

