(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 4 avril 2026 à 3h08) En Corse, la prolongation du bouclier tarifaire instauré par TotalEnergies, qui plafonne les prix à 1,99 € pour l’essence et 2,09 € pour le diesel, met les stations-service indépendantes sous forte pression. Pour rester compétitives et éviter une fuite massive de leur clientèle, plusieurs exploitants ont fait le choix de s’aligner sur ces tarifs, quitte à vendre à perte — une pratique pourtant interdite mais assumée comme une mesure de survie.
À Porticcio comme à Calvi ou Ponte-Leccia, les gérants décrivent une situation devenue intenable. La baisse des prix imposée par le groupe pétrolier a profondément modifié les comportements des automobilistes, désormais extrêmement sensibles aux écarts tarifaires. Dès que les stations indépendantes affichent des prix supérieurs, leur fréquentation chute brutalement, parfois jusqu’à ne représenter que 10 % de leur volume habituel. À l’inverse, l’alignement sur les prix de Total permet un retour immédiat des clients, sans pour autant garantir la rentabilité.
Cette stratégie a un coût direct : chaque litre vendu génère une perte. Certains exploitants évoquent des déficits de plusieurs centaines d’euros par mètre cube, mettant en péril l’équilibre économique de leurs structures. Derrière ces décisions, l’enjeu est clair : maintenir l’activité et préserver les emplois, dans des entreprises souvent de taille modeste. Malgré des investissements récents dans des services annexes, les recettes ne compensent pas les pertes liées au carburant.
Le malaise est d’autant plus profond que les professionnels dénoncent un marché désormais déséquilibré. Selon eux, le bouclier tarifaire de TotalEnergies, financé par ses marges, crée une distorsion de concurrence que les autres opérateurs ne peuvent suivre sans sacrifier leur viabilité. Certains pointent également la responsabilité d’autres groupes, accusés de maintenir leurs marges élevées malgré la crise.
Face à cette situation, plusieurs stations ont déjà réduit leur activité, voire fermé temporairement, faute de pouvoir absorber les coûts. D’autres, comme celles du réseau Vito, poursuivent cette stratégie à perte en espérant une amélioration à court terme. Mais tous s’accordent sur un point : cette solution ne peut être que transitoire.
Alors que la fin annoncée du dispositif devait initialement intervenir le 7 avril, son éventuelle prolongation fait planer une incertitude supplémentaire. Pour les indépendants, chaque jour supplémentaire sous ce régime accentue la fragilité du secteur. Beaucoup redoutent désormais une disparition progressive de ces acteurs locaux, qui laisserait place à une concentration du marché et, à terme, à un risque de monopole.
Irène Poli
(RCFM) ces stations indépendantes contraintes de vendre à perte pour survivre.
(Corse Matin) « C’est le seul moyen de garder nos clients » : en Corse, des stations essences s’alignent sur les prix de Total et vendent à perte.
(FR3corse) Hausse des prix du carburant en Corse : face à la concurrence de TotalEnergies, des stations font le choix de vendre à perte.

