(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 28 mars 2026) Après plusieurs jours de tensions, la situation liée à l’approvisionnement en carburants en Corse connaît un début d’apaisement. Le blocage des dépôts pétroliers d’Ajaccio et de Lucciana, mis en place par un collectif de distributeurs indépendants, a été levé vendredi soir. Cette décision ouvre la voie à une reprise du dialogue avec les pouvoirs publics et les acteurs du secteur.
À l’origine de la mobilisation, les gérants de stations-service indépendantes dénoncent une concurrence jugée déloyale avec les grands groupes pétroliers, notamment TotalEnergies, qui applique des prix plafonnés au niveau national. Selon eux, cet écart peut atteindre jusqu’à 30 centimes par litre, fragilisant l’équilibre économique de leurs entreprises et menaçant près de 350 emplois sur l’île.
Les conséquences du blocage ont été rapides et significatives. Jusqu’à 55 % des stations-service corses se sont retrouvées en difficulté ou en situation de pénurie, faisant peser un risque sur l’ensemble de l’activité économique locale. Les autorités ont alors appelé à la responsabilité des usagers afin d’éviter toute surconsommation et aggravation de la situation.
Face à l’urgence, l’État, sous l’autorité du préfet de Corse Éric Jalon, a annoncé une série de mesures destinées à soutenir les secteurs les plus exposés. Parmi elles figurent des aides de 20 centimes par litre pour les transporteurs routiers et les professionnels de la mer, ainsi qu’un allègement fiscal pour les agriculteurs. Des dispositifs de soutien à la trésorerie, comme le report de cotisations sociales et l’accès facilité au crédit, ont également été mis en avant.
C’est dans ce contexte que le collectif, par la voix de son porte-parole Frédéric Sauli, a annoncé la levée du blocage. Présentée comme un geste d’apaisement, cette décision vise à ne pas pénaliser davantage la population tout en permettant l’ouverture de négociations. Elle s’accompagne toutefois de réserves, les professionnels attendant des réponses concrètes à leurs revendications.
La reprise de l’approvisionnement des stations-service est attendue dès le début de la semaine, laissant espérer un retour progressif à la normale. Une table ronde doit être organisée dans les prochains jours afin de réunir l’ensemble des acteurs de la filière et d’engager des discussions de fond.
Si la crise semble temporairement désamorcée, elle met en lumière des déséquilibres structurels du marché des carburants en Corse. Les prochains échanges seront déterminants pour éviter une reprise du conflit et garantir un accès équitable et durable à l’énergie sur l’île.
Jean Rossi

