« En 2010, une élection territoriale marquée par l’union à gauche et l’émergence nationaliste »

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 15 mars 2010) Publié le 15 mars 2010 dans le contexte du premier tour des élections territoriales en Corse, cet article analyse l’équilibre politique de l’époque et les perspectives du second tour.

Le journal souligne que la clé du scrutin se situe à gauche, où plusieurs listes concurrentes — autour de Paul Giacobbi, Dominique Bucchini, Émile Zuccarelli et Simon Renucci — doivent envisager une fusion pour espérer conquérir la majorité territoriale. L’enjeu est clair : seule une union de ces forces pourrait mettre fin à près de trois décennies de domination de la droite territoriale, alors conduite par Camille de Rocca Serra.

Dans ce contexte, les tractations entre formations de gauche apparaissent inévitables mais complexes, en raison de divergences programmatiques et de rivalités politiques. Les négociations doivent permettre de dégager un programme commun et une liste unifiée pour le second tour.

Parallèlement, l’article met en lumière la présence croissante du courant nationaliste, représenté par deux listes distinctes : Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni. Leur résultat confirme l’installation durable de cette sensibilité dans le paysage politique corse, même si aucune fusion entre leurs formations n’est envisagée à ce stade.

Enfin, l’analyse souligne le rôle déterminant de l’abstention, particulièrement élevée lors de ce premier tour. La capacité des différents camps à mobiliser ces électeurs pourrait peser fortement sur l’issue finale du scrutin.

À la veille du second tour, le paysage politique corse apparaît donc fragmenté mais en recomposition, avec une gauche appelée à s’unir pour l’emporter, une droite fragilisée et un mouvement nationaliste en progression.

AnTo FpcL

L’article : A gauche, l’union fait la Corse…

Le rassemblement ou le suicide politique. C’est la seule alternative. L’alternance, la bannière désormais étoilée de Paul Giacobbi. C’est ce qui a réussi la plus belle percée de la gauche désunie et c’est donc à lui qu’incombe la responsabilité de rassembler.
C’est bien simple, si l’union se fait avec le Front de gauche de Dominique Bucchini, avec Émile Zuccarelli et Simon Renucci (les maires des deux grandes villes de Corse réunis moins bien que le seul député PRG de la Haute-Corse), l’opposition va s’emparer du pouvoir territorial et mettre un terme à vingt-huit ans de règne libéral. Il y a fort à parier que durant toute la nuit qui vient de s’écouler, Paul Giacobbi a reçu tout ce petit monde autour de son bureau de l’Hôtel du département…

Union des concessions
On le sait aujourd’hui. Malgré les engagements rendus publics par Simon Renucci, les quatre têtes de liste de la gauche ne se sont pas concertées avant l’ouverture du scrutin. Tout se décidera donc demain, car les négociations seront sans doute longues et tendues. Notamment avec Dominique Bucchini qui va défendre bec et ongles le programme du Front de gauche.
Il est moins question de répartition de postes au sein de la future majorité que de concocter en quelques heures un « programme commun » pour reprendre une formule éprouvée dans tous les sens à terme. Sur certains projets sociaux et sur la question cruciale des transports, des divergences existent. Il s’agira au mieux de les aplanir, au pire de les mettre sous le coude. Et on peut parier que Dominique Bucchini qui a pu, à un moment, caresser l’espoir de conduire l’union de la gauche (un rêve pour lui, un séisme pour tous les autres !) sera particulièrement exigeant. Il s’agira en même temps d’éliminer pas moins de 153 candidats pour ne constituer qu’une seule liste. Mais ça, on pourra le faire sans tension démesurée, au prorata des résultats de chacun. Enfin, il faudra mettre sous l’éteignoir les vieux ressentiments mais là encore, la lecture des scores incite quelques partenaires à la modestie pour ne pas dire au profil bas.

L’union de la gauche se réalisera. Sinon, une épée de Damoclès se dresserait au-dessus de la tête de Paul Giacobbi : sans le Front de gauche, il y a un sérieux risque de perdre la prime de 9 sièges…

Convaincre la foule des abstentionnistes
Certes, la majorité sortante de Camille de Rocca Serra n’est pas très vaillante au terme de cette première manche. La droite territoriale est à l’étage. Si elle ne peut pas tabler sur une division de la gauche, son sort semble scellé. De toutes les autres listes proches de sa sensibilité, elle peut espérer étoffer son audience de 8 % au grand maximum (Jean Tomasi, Antoine Cardi et Jean-François Costa).
Il lui faudra surtout puiser dans le gros réservoir des abstentionnistes : ils sont plus de 50 000 électeurs à avoir boudé le chemin des urnes, soit un potentiel proche de 40 % de l’électorat. Dans le trou noir de son résultat, c’est la seule véritable lueur d’espoir susceptible d’éclairer un tout petit peu son avenir. Les renforts de Jean-Louis Borloo et, sans doute, du Premier ministre François Fillon ne seront pas de trop pour empêcher les troupes sortantes de patauger dans la boue de la résignation. On pourrait presque oser la comparaison entre la droite corse et le Sporting-club de Bastia. Il faudrait des circonstances extraordinaires pour assurer le maintien…

Deux nationalistes en lice
Si Corsica Libera n’avait pas réussi à franchir la barre fatidique des 7 %, il y aurait eu peut-être un débat au sein de la liste Femu a Corsica pour savoir si une fusion entre les deux grandes familles nationalistes était encore possible.
En définitive, tout le monde est soulagé. Fort de son résultat, Jean-Guy Talamoni va défendre et son courant et son projet. Tandis que Gilles Simeoni s’attellera à faire fructifier son influence grandissante au sein de l’électorat insulaire. Ce qui semble acquis, c’est qu’entre les deux tours, il n’y aura pas de tentatives de rapprochement ni avec Corsica Libera ni avec la gauche, qui a ses propres chats à fouetter, dont le fief sartenais…
En définitive, demain à 18 heures, sur la scène du théâtre municipal de Bastia, à l’invitation de Corse-Matin et de Frequenza Mora, on devrait avoir quatre têtes de liste : Camille de Rocca Serra, Paul Giacobbi, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni.
Quant à l’issue du deuxième tour, il apparaît en théorie plié. Mais en Corse, quand on attend le prévisible, on est parfois surpris par l’inattendu…

JEAN-MARC RAFFAELLI

. . A l'accorta annant'à Google Infurmazione For Latest Updates Follow us on Google News Nos dernière informations sur Google Actus

Produit CORSU E RIBELLU

bandeauribelluteeshirt (1)

Produits à partir de 13e

error: